Philosophe et mère de famille, Jeanne Larghero éclaire chaque vendredi les petites et grandes questions de l’existence à la lumière de l’éthique chrétienne. Après avoir distingué l’emprise de l’amitié chez nos adolescents, elle donne quelques conseils pour aider les parents à guider leurs enfants dans la construction d’une amitié véritable.
Il n’est pas rare qu’une amitié entre jeunes prenne la coloration de l’emprise. Comment leur faire prendre conscience de l’ascendant qu’exerce sur eux l’un ou l’autre qu’ils considéraient comme un ami ? Comment les aider à défaire les liens qui emprisonnent ? Par définition, une amitié authentique est une relation qui permet de grandir.
Ainsi, les liens d’affection mutuelle disposent le cœur à la bienveillance et au pardon : on excuse plus facilement quelqu’un qu’on aime. Ils donnent envie de rendre service. Ils poussent à se parler à cœur ouvert plutôt qu’à se disputer en se faisant des procès d’intention. Ils ouvrent à la générosité, ils apprennent la joie de la gratuité, celle des cadeaux, des services, ou du temps donné. L’affection mutuelle éduque à la patience : l’ami qui se fait un peu attendre est excusé. Elle éduque aussi au respect de l’autre : on évite de faire attendre son ami, car il compte pour nous. L’affection mutuelle ouvre à la délicatesse des sentiments : on ne se vante pas de ses réussites devant un ami qui est à la peine, et on se réjouit tout naturellement de ses joies. L’amitié est à la source des premiers engagements, c’est une école de la fidélité. Toutes ces qualités sont celles que chante saint Paul dans l’hymne à la charité, l’antidote absolu aux amitiés qui n’en sont pas (1 Co 13, 1-13).





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