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Pourquoi le féminisme est-il né en terre chrétienne ?

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Benoist de Sinety - publié le 23/01/22

Critiqué pour soutenir le rôle du christianisme dans la défense des femmes, le démographe Emmanuel Todd se heurte au mépris des néo-féministes pour l’histoire. C’est pourtant grâce à l’alliance fondatrice de la culture française avec la sagesse éternelle, rappelle le père Benoist de Sinety citant Jean Paul II, que sont nées les idées de liberté, d’égalité et de fraternité.

Notre époque est décidément devenue folle. Dernière victime annoncée : Emmanuel Todd. Autrefois prophète annonçant l’écroulement de l’Empire soviétique ou, plus récemment, la crise des subprimes, encensé par ceux-là mêmes qui aujourd’hui le vouent aux gémonies. La raison ? son dernier essai Où en sont-elles ? (Seuil) dans lequel il tente une histoire des femmes.

Des sites comme celui de l’Obs sortent l’artillerie lourde : « Généralisation sans nuances, prisme ultra-réducteur, absence de lien démontré de cause à effet, attaques gratuites, etc. L’ensemble, évidemment, parsemé de diverses observations pertinentes, conduit à des thèses, qui, bien qu’il s’en défende, rejoignent peu ou prou celles d’un Éric Zemmour » écrit la journaliste. Le point Godwin est donc une nouvelle fois atteint, il n’y a alors plus à discuter… 

Que dit l’auteur ? Sans avoir encore eu le loisir de parcourir ses pages, les différents entretiens qu’il a accordés laissent apparaître ceci, comme une vérité qui offusque : non, le sort des femmes n’a pas été le même dans toutes les cultures, dans toutes les traditions. Todd relève même que dans les sociétés agricoles anciennes, les inégalités étaient moins prononcées avec les hommes que dans les sociétés plus nomades. Il évoque, par exemple, le fait que le christianisme, en faisant du mariage un acte religieux, public, y a introduit le principe de liberté du consentement pour les deux époux. Il insiste sur la distinction nécessaire à opérer : non, toutes les sociétés n’ont pas connu une sorte d’âge des ténèbres pour les femmes. Brisant ainsi ce mythe récemment apparu et entretenu comme une évidence par certains, qui consiste à penser que celles-ci vivaient autrefois en Europe comme elles vivent aujourd’hui à Kaboul et que c’est le militantisme féministe qui a modifié la donne dans nos contrées. Mais la réalité n’est pas aussi simpliste que cela. Certes, le féminisme a fait bouger les lignes et nous oblige tous à une exigence d’égalité dans les droits et les devoirs. Mais ce militantisme ne vient pas du néant. Il est précisément né en terre chrétienne. Et cela ne doit rien au hasard.

Il a même dû se confronter à des résistances au sujet desquelles la légende dorée qui tend à se mettre en place, aimerait beaucoup faire l’impasse : rappelons-nous que tout au long du XXe siècle, jusqu’à la Libération, les tentatives pour donner le droit de vote aux femmes ont été rejetées par les parlementaires qu’on appellerait maintenant « progressistes », qui pensaient que les Françaises seraient trop facilement influencées par le clergé ! 

L’alliance avec la sagesse éternelle

Le 1er juin 1980, lors de son homélie au Bourget, le pape Jean-Paul II prononça ces mots : « Que n’ont pas fait les fils et les filles de votre nation pour la connaissance de l’homme, pour exprimer l’homme par la formulation de ses droits inaliénables ! On sait la place que l’idée de liberté, d’égalité et de fraternité tient dans votre culture, dans votre histoire. Au fond, ce sont-là des idées chrétiennes. Je le dis tout en ayant bien conscience que ceux qui ont formulé ainsi, les premiers, cet idéal, ne se référaient pas à l’alliance de l’homme avec la sagesse éternelle. Mais ils voulaient agir pour l’homme. Pour nous, l’alliance intérieure avec la sagesse se trouve à la base de toute culture et du véritable progrès de l’homme. »

Dans une société devenue à ce point capricieuse et adolescente, face à un avenir que l’on ne prétend même plus contrôler, que reste-t-il pour espérer ?

Dans une émission de radio, « C’est arrivé cette semaine » sur Europe 1, Emmanuel Todd revenait sur la place du christianisme dans ce progrès en avouant qu’il l’avait jusque-là ignorée. Il scelle ainsi la manière dont ce livre sera reçu : avec mépris et dédain. Comme si tout lien avec l’Évangile devait être source de suspicion et de rejet. Comme si, pour avoir raison aujourd’hui, il fallait émettre envers le passé un doute systématique voire un mépris permanent…  Dans une société devenue à ce point capricieuse et adolescente, face à un avenir que l’on ne prétend même plus contrôler, que reste-t-il pour espérer ? Comment bâtir le présent à chaque instant si les fondations sont négligées ? Il ne s’agit pas d’idéaliser et encore moins d’idolâtrer mais peut être simplement de respecter et de reconnaître que ce qui fut permet ce qui est, et promet ce qui sera.

La source de la culture

Poursuivant son homélie, le pape polonais disait : « Le développement contemporain et le progrès auxquels nous participons sont-ils le fruit de l’alliance avec la sagesse ? Ne sont-ils pas seulement une science toujours plus exacte des objets et des choses, sur laquelle se construit le progrès vertigineux de la technique ? L’homme, artisan de ce progrès, ne devient-il pas toujours plus l’objet de ce processus ? Et voilà que s’effondre toujours plus en lui et autour de lui cette alliance avec la sagesse, l’éternelle alliance avec la sagesse qui est elle-même la source de la culture, c’est-à-dire de la vraie croissance de l’homme. »

Sans renoncer à poursuivre le Bien, la vraie sagesse nous invite à regarder sereinement le chemin de notre histoire pour y discerner ce qui doit y être entretenu de ce qui doit en être extirpé. Et le chrétien sait combien la lumière de l’Esprit, parfois fulgurante et souvent dérangeante, est la condition pour que cela soit fécond.

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