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L’adoption, la « folie d’amour » de Jean et Lucette Alingrin

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Parole et Silence I Comme un oiseau dans ta main

Jean et Lucette Alingrin

Mathilde de Robien - publié le 18/01/22

Alors que la proposition de loi pour réformer l’adoption, examinée en seconde lecture ce mardi 18 janvier à l’Assemblée nationale, prévoit de supprimer les Organismes Autorisés pour l’Adoption (OAA), l'œuvre de Jean et Lucette Alingrin, fondateurs de l’association Emmanuel France, témoigne d’une intense fécondité.

C’est à Montjoie, au cœur de la forêt de Baugé-en-Anjou, dans le Maine-et-Loire, que des milliers d’enfants abandonnés ces 50 dernières années ont été accueillis, soignés et choyés, avant de trouver une famille d’adoption. Des rencontres rendues possibles grâce à l’amour débordant et l’énergie folle de Jean et Lucette Alingrin, aujourd’hui âgés de 93 et 92 ans, mariés depuis 70 ans et fondateurs de l’association Emmanuel France. Depuis 1975, ils ont permis à 2.000 enfants, dont 800 porteurs de trisomie 21, de trouver une famille adoptive. « Une folie d’amour » qui est aussi « folie de Dieu » pour ces catholiques fervents, et dont ils témoignent dans leur livre Comme un oiseau dans ta main (Parole et Silence, 2017).

Une vocation extraordinaire, portée par deux organismes en France (Emmanuel France et la Famille adoptive française), mise en péril aujourd’hui par la proposition de loi visant à réformer l’adoption, votée à l’Assemblée nationale ce 18 janvier. Parmi les mesures qui inquiètent les associations, la suppression de l’activité des OAA pour les adoptions en France, au profit de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). « La disparition de l’activité des OAA est la mesure qui nous inquiète le plus », confiait récemment Aude Mirkovic, porte-parole de l’association Juristes pour l’enfance, à Aleteia. « Elle révèle la volonté de l’Etat de faire la mainmise sur l’accueil des enfants en attente d’adoption alors que l’Etat n’a aucune raison de vouloir l’exclusivité de ce service. Il est bon au contraire de laisser l’initiative privée et la solidarité s’exercer dans la société civile, d’autant plus que le milieu associatif fournit un travail exemplaire dans ce domaine ». En effet, 100% des enfants confiés à des OAA trouvent une famille, y compris les enfants handicapés.

Au tout début de l’histoire de Jean et Lucette, il y a une blessure. Celle de ne pas pouvoir avoir d’autres enfants que Marie, leur fille aînée. En effet, la stérilité secondaire de Lucette fait s’envoler leur rêve de famille nombreuse. Et pourtant… ils seront les heureux parents de 18 enfants ! Le couple se tourne vers l’adoption, et accueille dans les années 1960 deux petits garçons. Quatre ans plus tard, un médecin sollicite Jean et Lucette pour trouver une famille à cinq petits Libanais, tous porteurs de handicap. Ils n’hésitent pas longtemps, et recueillent chez eux une fillette atteinte de poliomyélite, et trouvent quatre autres foyers pour ses compagnons.

« Offrir une famille à un enfant et non l’inverse »

C’est le début d’une œuvre à laquelle ils se consacreront inlassablement, par amour pour ces « enfants en désamour » aiment-ils à dire. Une œuvre qui se déploie avec la création en 1975 de l’association Emmanuel dont la vocation est « d’offrir une famille à un enfant et non l’inverse ». Une œuvre d’adoption amenée à disparaître avec la loi sur la réforme de l’adoption, l’Etat désirant reprendre le monopole de l’adoption en France à travers l’Aide Sociale à l’Enfance. Cependant, un amendement permet à l’association de Jean et Lucette de continuer sa mission de soutien. Si l’association, appelée Emmanuel SOS adoption, ne peut plus accueillir d’enfants abandonnés, elle peut poursuivre la recherche et la préparation des familles adoptives, en faveur des Pupilles que l’Etat peine à faire adopter en raison de leur handicap.

« Cette famille tant rêvée, nous l’avons construite autrement. »

Au fil des années, leur propre famille s’agrandit. A Montjoie, le couple construit des petits chalets pour accueillir des familles adoptantes. « Nous ne leur cachons rien de nos bonheurs et nos douleurs », confie Lucette à nos confrères d’Ouest France. « Élever un enfant handicapé, c’est dur mais merveilleux, doux et amer à la fois. » Ils reçoivent également des appels de parents désemparés après la naissance d’un enfant « différent ». Jean et Lucette ne jugent jamais. Ils savent le désarroi et la peine qui habitent ces familles. « Et puis un jour, nous recevons à nouveau un coup de fil ou une photo de l’enfant, souriant. C’est toujours un grand bonheur », admet Jean.

Aujourd’hui encore, Jean et Lucette reçoivent une cinquantaine de dossiers par an, en retiennent 35 et 15 aboutissent. Leur moteur ? Une foi inébranlable, et l’amour. « Cette famille tant rêvée, nous l’avons construite autrement », confie Jean. « L’adoption, c’est renaître dans l’amour. »

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