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L’adoption, la “folie d’amour” de Jean et Lucette Alingrin

Alors que la proposition de loi pour réformer l’adoption, examinée en seconde lecture ce mardi 18 janvier à l’Assemblée nationale, prévoit de supprimer les Organismes Autorisés pour l’Adoption (OAA), l'œuvre de Jean et Lucette Alingrin, fondateurs de l’association Emmanuel France, témoigne d’une intense fécondité.

4 min de lecture

Source: Parole et Silence I Comme un oiseau dans ta main

Jean et Lucette Alingrin

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C’est à Montjoie, au cœur de la forêt de Baugé-en-Anjou, dans le Maine-et-Loire, que des milliers d’enfants abandonnés ces 50 dernières années ont été accueillis, soignés et choyés, avant de trouver une famille d’adoption. Des rencontres rendues possibles grâce à l’amour débordant et l’énergie folle de Jean et Lucette Alingrin, aujourd’hui âgés de 93 et 92 ans, mariés depuis 70 ans et fondateurs de l’association Emmanuel France. Depuis 1975, ils ont permis à 2.000 enfants, dont 800 porteurs de trisomie 21, de trouver une famille adoptive. "Une folie d'amour" qui est aussi "folie de Dieu" pour ces catholiques fervents, et dont ils témoignent dans leur livre Comme un oiseau dans ta main (Parole et Silence, 2017).

Une vocation extraordinaire, portée par deux organismes en France (Emmanuel France et la Famille adoptive française), mise en péril aujourd'hui par la proposition de loi visant à réformer l'adoption, votée à l'Assemblée nationale ce 18 janvier. Parmi les mesures qui inquiètent les associations, la suppression de l’activité des OAA pour les adoptions en France, au profit de l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE). "La disparition de l’activité des OAA est la mesure qui nous inquiète le plus", confiait récemment Aude Mirkovic, porte-parole de l’association Juristes pour l’enfance, à Aleteia. "Elle révèle la volonté de l’Etat de faire la mainmise sur l’accueil des enfants en attente d’adoption alors que l’Etat n’a aucune raison de vouloir l’exclusivité de ce service. Il est bon au contraire de laisser l’initiative privée et la solidarité s’exercer dans la société civile, d’autant plus que le milieu associatif fournit un travail exemplaire dans ce domaine". En effet, 100% des enfants confiés à des OAA trouvent une famille, y compris les enfants handicapés.