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Tests Covid pour l’école : l’épuisement et l’exaspération des parents

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Mathilde de Robien - publié le 10/01/22 - mis à jour le 11/01/22

Le nouveau protocole de l’Éducation nationale exigeant trois tests en cinq jours au premier cas positif dans une classe relève du parcours du combattant. Après seulement une semaine de mise en œuvre, des parents témoignent de leur exaspération, et s’interrogent sur le sens de ces tests à répétition.

Un protocole kafkaïen qui rend les parents complètement chèvres. Depuis le 3 janvier, le nouveau protocole sanitaire, censé améliorer le précédent qui imposait un isolement de 17 jours même en cas de test négatif, contraint les parents à réaliser trois tests en cinq jours si leur enfant est déclaré cas contact. Une situation très fréquente dans la mesure où un enfant est déclaré cas contact lorsqu’un élève de sa classe est positif au Covid-19. À partir de ce moment-là, l’école exige un test antigénique ou PCR (J0) pour revenir à l’école, puis un autotest à J+2, et un autre autotest à J+4. Si aucun test n’est réalisé, ou si l’enfant est testé positif, il doit rester sept jours en isolement.

Un protocole qui va être allégé, comme l’a annoncé Jean Castex au Journal Télévisé de 20h de France 2, ce lundi soir, en raison de l’engorgement des laboratoires et des pharmacies. Trois autotests réalisés à deux jours d’intervalle suffiront désormais.

Un léger assouplissement avait déjà été apporté le 7 janvier : il n’était plus nécessaire de recommencer ce parcours de trois tests si un nouveau cas positif était détecté dans la classe dans un délai inférieur à sept jours. Maigre consolation. Car pour les parents, qui plus est avec plusieurs enfants scolarisés, ce dispositif exigeant se révèle être la croix et la bannière… pour un intérêt qui interroge.

Apolline, 3 ans, est en petite section à Lyon. Dimanche à 16 heures, sa mère reçoit un mail de l’école indiquant qu’un cas positif a été déclaré dans la classe de sa fille et que cette dernière doit donc, selon le protocole en vigueur, présenter un résultat de test PCR ou antigénique négatif pour être accueillie à l’école lundi matin. Le parcours du combattant commence. Les créneaux sont pleins, les files d’attente aux pharmacies interminables… Finalement, Sophie, sa mère, déniche un rendez-vous à 20 heures dans un centre de dépistage à l’autre bout de Lyon. Mais à trois ans, le test nasopharyngé n’est pas une mince affaire. « L’infirmière a mis une vingtaine de minutes à lui faire le test, Apolline pleurait, se débattait, rentrait son nez dans sous son écharpe pour échapper à l’écouvillon. L’horreur. »

Caroline, parisienne et maman de trois enfants en bas âge, s’est levée aux aurores, ce lundi matin, pour obtenir le précieux sésame. « J’ai l’impression de passer mon temps à la pharmacie, ou à chercher des créneaux pour finalement faire deux heures de queue dans le froid avec un ou deux enfants sous le coude, c’est épuisant, physiquement et nerveusement. Mais nous n’avons pas le choix si on veut qu’ils aillent à l’école ».

Des contraintes qui entraînent parfois des décisions radicales. Claire, en congé maternité suite à la naissance de son quatrième enfant, a décidé de garder ses trois aînés, scolarisés en primaire, à la maison. « Le protocole est beaucoup trop contraignant, je préfère encore les garder à la maison et faire l’école à distance. Concrètement, je ne peux pas attendre une à deux heures en pharmacie pour chaque cas contact. Et le test nasopharyngé est hyper-anxiogène pour les enfants ». Bon à savoir : certains laboratoires font des tests salivaires, moins invasifs, mais l’attente est longue et des délais de deux à trois jours sont à prévoir, ce qui implique de garder l’enfant à la maison le temps d’obtenir un rendez-vous.

Sens ou non-sens ?

La mère d’Apolline s’interroge sur l’utilité d’un tel dispositif : « Quand on voit le traumatisme psychologique sur un enfant de trois ans, on se demande vraiment si la balance bénéfices-risques est en faveur du test. D’autant plus que les chiffres actuels ne montrent pas de risque conséquent sur les enfants en bas âge sans facteur de risque ».

Anne-Virginie, infirmière et mère de cinq enfants en banlieue parisienne, subit elle aussi les tests à répétition et les classes fermées pour cause de Covid mais elle invite à prendre du recul. « Je me répète que si c’est autant la galère, c’est pour protéger tous ceux pour qui le Covid est un danger vital, que ce soit les anti-vax, les personnes âgées, les personnes porteuses de maladies graves… Et que de faire tester nos enfants, c’est un petit souci comparé à tant d’autres… », confie-t-elle.

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