Chaque semaine, la philosophe Jeanne Larghero éclaire les petites et grandes questions de l’existence à la lumière de l’éthique chrétienne. La déclaration du président Macron assurant vouloir "emmerder" les non-vaccinés lui inspire une réflexion sur les devoirs de l’homme politique : le souci de l’autre qui est le propre de l’expérience parentale est le modèle de ce que doit être la responsabilité politique.
"Bienveillance", on n’a plus que ce mot à la bouche. Éducation bienveillante, management par la bienveillance, politique du care... Alors, évidemment, quand un président de la République, lors d’un entretien au Parisien, parle des Français non vaccinés en lâchant : "J'ai très envie de les emmerder", cela détonne. Laissons de côté la cible visée et les débats sur le vaccin, car après tout, la formule pourrait marcher avec une kyrielle de concitoyens : les exilés fiscaux, les gilets jaunes, ceux qui roulent au diesel, ou mettent encore leur déclaration d’impôt sous enveloppe. Pas besoin d’être hors-la-loi pour s’attirer les "emmerdes", il suffit juste de ne pas être d’accord. Cette liberté de ne pas être d’accord constitue cependant, rappelons-le, le fondement de la démocratie.












