Aleteia logoAleteia logoAleteia
Lundi 08 août |
Saint Dominique de Guzman
Aleteia logo
Belles Histoires
separateurCreated with Sketch.

L’extraordinaire conversion d’Edgardo, condamné à mort aux États-Unis

Article réservé aux membres Aleteia Premium
MAN, INMATE, PRISON

Meg Wallace Photography | Shutterstock

Aliénor Strentz - publié le 20/12/21 - mis à jour le 01/08/22

Il y a cinq ans, Aliénor Strentz découvre la Communauté de Sant’Egidio. Attirée par l’une de leurs missions, correspondre avec un condamné à mort, elle obtient le contact d’un prisonnier et reçoit un prénom, un nom et une adresse en Californie. Sa correspondance révèle une conversion extraordinaire alors même qu’Edgardo se trouve dans le couloir de la mort.

En s’engageant dans cette correspondance, il était légitime d’imaginer, de l’autre côté de l’Atlantique, une personne désespérée, athée et en perte de repères. Il n’en était rien. Le premier courrier d’Edgardo, composé de trois pages tapées à la machine à écrire dans un anglais parfait, était rempli d’espérance chrétienne et même d’humour.

Ses premiers mots donnent le ton de sa correspondance : « Salut Aliénor, comment vas-tu ? Sais-tu que le jour où tu m’as écrit pour la première fois est le jour de mon anniversaire ? Si si, c’est vrai ! ». Puis il raconte brièvement son histoire : depuis sa traversée pédestre du Guatemala aux États-Unis à l’âge de 16 ans, jusqu’à sa descente aux enfers suite à un vol à main armée dans une épicerie. À 21 ans, il est condamné à mort pour le meurtre d’un policier. Il en a aujourd’hui 50. Il a passé plus de la moitié de sa vie dans une prison hautement gardée de Californie.

À part quelques détails qu’il évoque sur sa routine quotidienne et ses « hobbys » (le basketball, les dominos et les échecs), Edgardo se concentre désormais dans nos échanges sur la spiritualité. Il aime à parler du grand Amour de sa vie : le Christ.

Une conversion extraordinaire

Dans sa première lettre, Edgardo résume avec pudeur sa conversion extraordinaire : « Jésus Christ est mon Seigneur, mon Roi et mon Sauveur. Il est entré dans ma vie peu après mon arrestation en 1992. Je passe désormais la majorité de mon temps à lire la Bible, l’étudier et à écrire des messages pour évangéliser. Il est le grand Amour de ma vie. Il est mon Tout. »

C’est dans le couloir de la mort qu’Edgardo a découvert la miséricorde de Dieu. Après une puissante conviction de péché, il a réussi à avancer et à nouer un lien personnel et unique avec le Christ. Il écrit désormais tous les jours des textes d’évangélisation ou des poèmes, comme celui-ci :

Tu es mon Tout
Quand j’étais perdu, Tu m’as trouvé
Quand j’étais mort, Tu m’as donné la Vie
Quand j’étais dans les ténèbres, Tu as été ma Lumière
Quand j’étais prisonnier, Tu m’as donné la Liberté
Quand je n’avais plus aucune raison de vivre, Tu m’as donné une Mission.

Cette conversion au Christ a aussi radicalement changé son rapport au prochain. Plein de délicatesse et d’attention aux autres, Edgardo m’interroge dans ses lettres sur mes activités quotidiennes, mon travail et sur ma manière de vivre ma foi. S’oubliant soi-même, il m’encourage et me fait des compliments : « Est-ce que tes élèves de piano saisissent la chance qu’ils ont d’apprendre le piano avec toi ? ».

Edgardo publie régulièrement des messages d’espérance dans le magazine Compassion destiné aux condamnés à mort américains. Il s’est fait le porte-parole de ses camarades dans un article intitulé « Ses nombreux péchés ont été pardonnés puisqu’elle a beaucoup aimé » (Lc 7, 47). Il y décrit la difficulté des condamnés à mort à croire en Dieu. La raison en est, selon Edgardo, qu’ils se sentent exclus pour toujours de la société, quels que soient leurs efforts pour devenir meilleurs. « Notre société a décidé de ne pas pardonner nos erreurs et nos fautes, mais au contraire de nous punir pour toute notre vie au nom de la justice ». 

Edgardo confie dans cet article la source de son espérance : « Ce n’est pas parce que je suis bon, noble et généreux que j’aime les autres et que je leur pardonne. C’est seulement par la grâce et l’amour avec lequel le Christ m’a aimé et pardonné que je suis en mesure maintenant de l’imiter. »

La Communauté Sant’Egidio décrit la correspondance avec un condamné à mort comme un « fil de vie » pour les prisonniers. Ceux-ci souffrent en effet beaucoup dans l’attente indéfinie de leur exécution. La correspondance épistolaire avec une personne dans le monde leur donne un espace pour s’exprimer, découvrir leur intériorité, nouer une relation d’amitié profonde. Si vous aussi, vous souhaitez pratiquer cette œuvre de miséricorde spirituelle (la consolation des affligés), vous pouvez contacter la Communauté Sant’Egidio.

Communauté Sant’Egidio, Stefania Tallei (en charge de la correspondance avec les condamnés à mort et à qui vous pouvez écrire en français) : stefaniatallei@gmail.com

Aliénor Strentz est docteur en ethnologie-anthropologie et fondatrice du blog « Chrétiens heureux ».

La suite est réservée aux membres Aleteia Premium

Vous êtes déjà membre ?

Gratuit et sans aucun engagement :
vous pouvez résilier à tout moment

et je bénéficie des avantages suivants

Aucun engagement : vous pouvez résilier à tout moment

1.

Accès illimité à tous les contenus « Premium »

2.

Accès exclusif à la publication de commentaires

3.

Publicité limitée aux partenaires de Aleteia

4.

Accès exclusif à notre prestigieuse revue de presse internationale

5.

Réception exclusive de la newsletter “La lettre du Vatican”

6.

550 monastères accueilleront vos intentions et les porteront dans leur prière quotidienne

Et vous soutenez le média qui porte vos valeurs chrétiennes
Et vous soutenez le média qui porte vos valeurs chrétiennes
Tags:
Conversionpeine de mortprison
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
FR_2_NEW.gif
Le coin prière
La fête du jour





Confiez vos intentions de prière à notre communauté de plus de 550 monastères


Top 10
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement