En s’engageant dans cette correspondance, il était légitime d’imaginer, de l’autre côté de l’Atlantique, une personne désespérée, athée et en perte de repères. Il n’en était rien. Le premier courrier d’Edgardo, composé de trois pages tapées à la machine à écrire dans un anglais parfait, était rempli d’espérance chrétienne et même d’humour.
Ses premiers mots donnent le ton de sa correspondance : "Salut Aliénor, comment vas-tu ? Sais-tu que le jour où tu m’as écrit pour la première fois est le jour de mon anniversaire ? Si si, c’est vrai !". Puis il raconte brièvement son histoire : depuis sa traversée pédestre du Guatemala aux États-Unis à l’âge de 16 ans, jusqu’à sa descente aux enfers suite à un vol à main armée dans une épicerie. À 21 ans, il est condamné à mort pour le meurtre d’un policier. Il en a aujourd’hui 50. Il a passé plus de la moitié de sa vie dans une prison hautement gardée de Californie.












