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Prédication de l’Avent : « Nos œuvres ne sont bonnes que si elles viennent du cœur »

RANIERO CANTALAMESSA

Alberto PIZZOLI / AFP

P. Raniero Cantalamessa, ofmcap - publié le 17/12/21

Comme le veut la tradition, la Curie romaine a écouté le prédicateur de la Maison pontificale, le cardinal Raniero Cantalamessa, à l’occasion de la troisième et dernière prédication de l’Avent, le 17 décembre 2021. Le Capucin a exhorté ses frères cardinaux, évêques et prêtres à méditer sur Jésus, "né physiquement et corporellement de Marie et qui doit maintenant naître spirituellement de l’Église et de chaque croyant."

« Lorsqu’est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme . » C’est sur le sens et l’importance de ces trois derniers mots – « né d’une femme » – que nous voulons nous arrêter au cours de cette dernière méditation, en raison aussi de leur pertinence pour la fête de Noël que nous nous préparons à célébrer.
Dans la Bible, l’expression « né d’une femme » indique l’appartenance à la condition humaine de faiblesse et de mortalité. Il suffit d’essayer de supprimer ces trois mots du texte pour se rendre compte de leur importance. Que serait le Christ sans eux ? Une apparition céleste et désincarnée. L’ange Gabriel aussi fut « envoyé » par Dieu, mais pour retourner au ciel comme il en était descendu. La femme, Marie, est celle qui a « ancré » le Fils de Dieu à l’humanité et à l’Histoire pour toujours.

Marie est la seule à pouvoir s’adresser à Jésus avec les paroles mêmes du Père céleste : « Tu es mon fils, je t’ai engendré ».

C’est ainsi que les Pères de l’Église lisaient les paroles de Paul, eux qui durent lutter contre l’hérésie gnostique et docétiste. Ils ont souligné à juste titre le parallélisme entre l’expression « né d’une femme » et celle que Paul lui-même utilise en Romains 1, 3 : « selon la chair, né de la descendance de David ». Ignace d’Antioche a une expression vertigineuse : il dit que Jésus « est [né] de Marie et de Dieu », presque comme on dit de quelqu’un qu’il est le fils d’Untel et d’Unetelle. En réalité, dans tout l’univers, Marie est la seule à pouvoir s’adresser à Jésus avec les paroles mêmes du Père céleste : « Tu es mon fils, je t’ai engendré ».

L’apôtre – fait remarquer Tertullien – ne dit pas « factum per mulierem », mais « factum ex muliere », c’est-à-dire né d’une femme, non à travers une femme. La raison en est qu’entre-temps, l’hérésie docétiste avait évolué et pris une forme moins radicale. Elle affirmait que Jésus avait bien une chair, mais d’origine céleste et non terrestre, et passée par Marie comme à travers un canal, ayant en elle une voie, non une mère. Saint Léon le Grand placera l’expression paulinienne « né d’une femme » au cœur du dogme christologique, écrivant dans le « Tome à Flavien » que le Christ est « homme en raison du fait qu’il est « né d’une femme et né sous la loi »… La naissance dans la chair est une preuve évidente de sa nature humaine ».

Marie n’est pas une apparition marginale qui entre en scène pour ensuite disparaître dans la nature. Elle est l’aboutissement d’une tradition biblique qui traverse toute la Bible d’un bout à l’autre.

Également, en ce qui concerne l’expression paulinienne « né d’une femme », nous voyons se réaliser le grand principe exégétique formulé par saint Grégoire le Grand, à savoir que « l’Écriture grandit à mesure qu’on la lit ». Saint Irénée lit déjà Galates 4, 2, « né d’une femme », à la lumière de Genèse 3, 15 : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme » . Marie apparaît comme la femme qui récapitule Eve, la mère de tous les vivants ! Elle n’est pas une apparition marginale qui entre en scène pour ensuite disparaître dans la nature. Elle est l’aboutissement d’une tradition biblique qui traverse toute la Bible d’un bout à l’autre. Il commence par la femme « fille de Sion » qui est la personnification de tout le peuple d’Israël et termine par la femme « ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds » de l’Apocalypse (Ap 12, 1) qui représente l’Église.

« Femme » est le terme employé par Jésus pour s’adresser à sa mère à Cana et sous la croix. Il est difficile – pour ne pas dire impossible – de ne pas voir un lien, dans la pensée de Jean, entre les deux femmes : la femme symbolique qu’est l’Église et la femme réelle qu’est Marie. Ce lien se reflète dans Lumen Gentium de Vatican II qui, précisément pour cette raison, traite de Marie au sein de la constitution sur l’Église.

Le Christ doit naître de l’Église

Depuis quelque temps, on parle beaucoup de la dignité de la femme. Saint Jean Paul II a écrit une lettre apostolique sur ce thème, Mulieris dignitatem. Quelle que soit la dignité que nous, créatures humaines, pouvons attribuer à la femme, nous resterons toujours infiniment en dessous de ce que Dieu a fait en choisissant l’une d’entre elles pour être la mère de son Fils fait homme. « Même si nous avions autant de langues qu’il y a de brins d’herbe ! »

Jésus, qui est né physiquement et corporellement de Marie, doit maintenant naître spirituellement de l’Église et de chaque croyant.

Beaucoup a été fait ces derniers temps pour étendre la présence des femmes dans les sphères de décision de l’Église et il reste peut-être encore beaucoup à faire. Mais nous n’allons pas traiter cette question ici. Nous devons plutôt aborder un autre domaine, où la distinction homme-femme n’a aucune importance, car la femme dont nous parlons représente l’Église tout entière, c’est-à-dire hommes et femmes de la même manière.
En bref, voilà ce dont il s’agit : Jésus, qui est né physiquement et corporellement de Marie, doit maintenant naître spirituellement de l’Église et de chaque croyant. Une tradition exégétique qui, dans son noyau initial, remonte à Origène, s’est cristallisée dans la formule : « Maria, vel Ecclesia, vel anima » : Marie, c’est-à-dire l’Église, c’est-à-dire l’âme. Écoutons comment un auteur médiéval, Isaac de l’Étoile, formule cette doctrine :

Dans les Écritures divinement inspirées, ce qui est dit de façon universelle de la Vierge Mère Église est compris de façon singulière de la Vierge Mère Marie ; et ce qui est dit de façon spéciale de Marie est compris de façon générale de la Vierge Mère Église… Enfin, toute âme fidèle, épouse de la Parole de Dieu, mère fille et sœur du Christ, est aussi considérée à sa manière comme vierge et féconde. La même Sagesse de Dieu qui est le Verbe du Père applique donc universellement à l’Église ce qui est dit spécialement de Marie et singulièrement aussi de toute âme croyante.

Commençons par l’application ecclésiale. Si dans le « sens profond » (le soi-disant sensus plenior), la femme dans l’Écriture signifie l’Église, alors l’affirmation que Jésus est né d’une femme implique qu’il doit naître aujourd’hui de l’Église ! Il existe une icône très populaire chez les chrétiens orthodoxes que l’on appelle la Panhagia, c’est-à-dire la Toute Sainte. On y voit Marie debout, en pleine stature. Sur sa poitrine, comme s’il jaillissait de l’intérieur, se tient l’enfant Jésus qui a la majesté d’un adulte.

Le regard de l’adorateur est attiré par l’enfant, avant même de l’être par sa mère. En effet, elle a les bras levés, comme nous invitant à le regarder, lui, et à lui faire de la place. C’est ainsi que devrait être l’Église. Celui qui la regarde ne devrait pas s’arrêter à elle, mais voir Jésus. C’est la lutte contre l’autoréférentialité de l’Église, sur laquelle les deux derniers papes, Benoît XVI et le pape François, ont souvent insisté.

Il existe un récit de Franz Kafka, qui constitue un puissant symbole religieux à cet égard. Il est intitulé « Un message impérial ». C’est l’histoire d’un empereur qui, sur son lit de mort, appelle un sujet à ses côtés et lui murmure un message à l’oreille. Le message est si important qu’il se le fait répéter à son tour à l’oreille. Il congédie ensuite le messager d’un signe de tête et celui-ci se met en route. Mais écoutons directement de l’auteur la suite de l’histoire, marquée par le ton onirique, presque cauchemardesque, typique de cet écrivain :

« Avançant tantôt un bras, tantôt l’autre, le messager se fraye un passage à travers la foule et avance ainsi facilement, comme nul autre. Mais la foule est immense, les maisons n’en finissent pas. Comme il volerait s’il avait le champ libre ! Au lieu de cela, comme il se donne de la peine en vain ; il continue à travailler dans les pièces du palais intérieur, dont il ne sortira jamais. Et même s’il y parvient, cela ne signifie rien : il doit se battre pour descendre les escaliers. Et même s’il y parvient, il n’aura toujours rien fait : il devra traverser les cours ; et après les cours, le deuxième cercle de bâtiments. […] Et si enfin il se précipitait hors de la dernière porte – mais jamais, jamais cela ne pourrait arriver – il verrait la Ville Impériale devant lui, le centre du monde, entièrement rempli de ses propres déchets. Personne ne pénètre ici, même avec le message d’un mort. – Mais toi, tu es assis à ta fenêtre et tu rêves du message quand la nuit vient. »

En lisant ce récit, on ne peut s’empêcher de penser au Christ qui, avant de quitter ce monde, a confié à l’Église le message suivant : « Allez dans le monde entier, proclamez l’Evangile à toute la création ». Et on ne peut s’empêcher de penser à tous ces hommes qui se tiennent à la fenêtre et rêvent, sans le savoir, d’un message comme le sien.

Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que l’Église ne devienne jamais ce château compliqué et encombré décrit par Kafka, et que le message puisse en sortir aussi libre et joyeux qu’au début de sa course.

Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que l’Église ne devienne jamais ce château compliqué et encombré décrit par Kafka, et que le message puisse en sortir aussi libre et joyeux qu’au début de sa course. Nous savons quels sont les « murs de séparation » qui peuvent retenir le messager. Il s’agit tout d’abord des murs qui séparent les différentes églises chrétiennes les unes des autres, puis de l’excès de bureaucratie, des vestiges d’un cérémonial devenu insignifiant : oripeaux, lois et controverses passées qui ne sont plus que des débris.

C’est comme certains bâtiments anciens. Au fil des siècles, pour les adapter aux besoins du moment, on les a remplis de cloisons, d’escaliers, de pièces, de placards et de soupentes. Le moment vient où l’on se rend compte que toutes ces adaptations ne répondent plus aux besoins actuels, ou plutôt constituent un obstacle ; il faut alors avoir le courage de les démolir et de redonner au bâtiment la simplicité et la linéarité de ses origines, en vue d’un nouvel usage.

J’ai cité cette histoire et son application à l’Eglise lors de l’homélie prononcée à Saint-Pierre le Vendredi saint 2013, au cours de la première année du pontificat de l’actuel Souverain pontife. Si je me suis permis de les reprendre ici c’est pour rendre grâce à Dieu pour les pas que l’Église a faits entre-temps en cette direction, pour sortir d’elle-même et aller vers « les périphéries existentielles du monde » avec le message de Christ.

Le Christ doit naître de l’âme

Il nous reste maintenant à réfléchir sur ce qui nous concerne tous sans distinction et de plus près : la naissance du Christ de l’âme croyante. « Le Christ – écrit saint Maxime le Confesseur – naît toujours mystérieusement et volontairement, s’incarnant à travers ceux qui sont sauvés ; il fait de l’âme qui l’enfante une mère vierge. » Comment devient-on mère du Christ ? Jésus nous l’explique dans l’Évangile : en écoutant, dit-il, la Parole et en la mettant en pratique. Il est important de noter qu’il y a deux démarches à accomplir. Marie aussi est devenue la mère du Christ en deux étapes, d’abord en le concevant, puis en lui donnant naissance.

Il existe deux maternités incomplètes ou deux types d’interruption de maternité. L’un d’eux est l’avortement, ancien et bien connu. Il se produit lorsqu’une vie est conçue mais n’est pas portée à son terme parce qu’entre-temps, soit par des causes naturelles, soit par le péché des hommes, le fœtus est mort. Jusqu’à récemment, c’était le seul cas connu de maternité incomplète. Aujourd’hui, on en connaît un autre qui consiste, à l’inverse, à donner naissance à un enfant sans l’avoir conçu. C’est le cas des enfants conçus dans des éprouvettes et placés dans l’utérus d’une femme, ou dans le cas d’un utérus prêté pour accueillir, éventuellement contre rémunération, des vies humaines conçues ailleurs. Dans ce cas, l’enfant que la femme met au monde ne vient pas d’elle, il n’est pas conçu « d’abord dans la foi de son cœur et ensuite dans son sein », comme le dit Augustin à propos de Marie.

Nos œuvres ne sont « bonnes » que si elles viennent du cœur, si elles sont conçues par amour de Dieu et dans la foi.

Malheureusement, même au niveau spirituel, ces deux tristes possibilités existent. Celui qui accueille la Parole sans la mettre en pratique ; celui qui continue à faire un avortement spirituel après l’autre, en formulant des intentions de conversion qui sont ensuite systématiquement oubliées et abandonnées à mi-chemin, conçoit Jésus sans le mettre au monde. C’est, dit saint Jacques, celui qui se regarde rapidement dans un miroir et s’en va en oubliant comment il était.

Au contraire, celui qui fait beaucoup d’œuvres, même bonnes, mais qui ne viennent pas du cœur, de l’amour de Dieu et d’une intention juste, mais plutôt de l’habitude, de l’hypocrisie, de la recherche de sa propre gloire et de son intérêt, ou simplement de la satisfaction qui vient de les faire, enfante le Christ sans l’avoir conçu. Nos œuvres ne sont « bonnes » que si elles viennent du cœur, si elles sont conçues par amour de Dieu et dans la foi. En d’autres termes, si l’intention qui nous anime est droite, ou du moins si nous faisons un effort pour la rectifier.

Saint François d’Assise a une parole qui résume bien ce que je veux souligner :


« Nous sommes mères du Christ, dit-il, lorsque nous le portons dans notre cœur et notre corps par l’amour, par la loyauté et la pureté de notre conscience, et que nous l’enfantons par nos bonnes actions qui doivent être pour autrui une lumière et un exemple. »

En d’autres termes, il veut dire que nous concevons le Christ lorsque nous l’aimons d’un cœur sincère et avec une conscience claire, et que nous lui donnons naissance lorsque nous accomplissons des œuvres saintes qui le manifestent au monde et rendent gloire au Père qui est dans les cieux . Saint Bonaventure a développé cette pensée de son Père séraphique dans un opuscule intitulé « Les cinq fêtes de l’Enfant Jésus ». Pour lui, ces fêtes sont : la conception, la naissance, la circoncision, l’Épiphanie et la Présentation au Temple. Le saint explique comment célébrer spirituellement chacune de ces fêtes dans sa propre vie. Je me limiterai à ce qu’il dit des deux premières fêtes, la conception et la naissance.

L’intention d’une vie nouvelle doit se traduire, sans tarder, par quelque chose de concret, par un changement, si possible aussi extérieur et visible, dans notre vie et dans nos habitudes. Si l’intention n’est pas mise en œuvre, Jésus est conçu mais ne naît pas.

Pour saint Bonaventure, l’âme conçoit Jésus lorsque, insatisfaite de la vie qu’elle mène, stimulée par de saintes inspirations et enflammée d’une sainte ardeur, se détachant enfin résolument de ses anciennes habitudes et de ses défauts, elle est comme fécondée spirituellement par la grâce du Saint-Esprit et conçoit le dessein d’une vie nouvelle. La conception du Christ a eu lieu !
Une fois conçu, le Fils béni de Dieu naît dans le cœur lorsque, après avoir fait un sain discernement, demandé les conseils appropriés, invoqué l’aide de Dieu, l’âme met immédiatement en œuvre son saint dessein, en commençant à réaliser ce qu’elle mûrissait depuis un certain temps, mais qu’elle avait toujours remis à plus tard par crainte de ne pas en être capable.

Si l’intention n’est pas mise en œuvre, Jésus est conçu mais ne naît pas.

Mais il faut insister sur une chose : cette intention d’une vie nouvelle doit se traduire, sans tarder, par quelque chose de concret, par un changement, si possible aussi extérieur et visible, dans notre vie et dans nos habitudes. Si l’intention n’est pas mise en œuvre, Jésus est conçu mais ne naît pas. C’est l’un des nombreux avortements spirituels. On ne célébrera jamais la « deuxième fête » de l’Enfant Jésus, qui est Noël ! C’est l’un des nombreux reports dont notre vie a peut-être été ponctuée. Un petit changement pour commencer pourrait être de faire un peu de silence autour de nous et en nous. « Comme ce serait bien – a dit le Saint-Père lors de la dernière audience générale – si chacun de nous, à l’exemple de saint Joseph, pouvait retrouver cette dimension contemplative de la vie ouverte par le silence ». Une ancienne antienne du temps de Noël disait que la Parole de Dieu est descendue du ciel dum medium silentium tenerent omnia : « alors que tout autour était le silence ».

Tout d’abord, essayons de faire taire le bruit qui est en nous, les processus qui se déroulent toujours dans nos esprits, à propos des personnes et des faits, et dont nous sortons toujours gagnants. Transformons-nous d’accusateurs en défenseurs des frères, en pensant à combien de choses les autres pourraient nous blâmer. Dans les procès canoniques – du moins dans le passé – après l’accusation, le juge prononçait la formule : « Audiatur et altera pars » : « Qu’on écoute maintenant l’autre part. » Quand on se surprend à juger quelqu’un, il faudrait répéter péremptoirement à soi-même la même formule : Audiatur et altera pars ! Ecoute les raison de l’autre !

Le regard de la femme enceinte est tourné vers l’intérieur plutôt que vers l’extérieur, car la réalité plus belle du monde est au-dedans d’elle. Ainsi était sans doute le regard de Marie qui portait en son sein le créateur de l’univers.

Revenons avec nos pensées à Marie. Tolstoï fait une observation sur la femme enceinte qui peut nous aider à comprendre et à imiter la Vierge dans ces derniers jours de l’Avent. Le regard de la femme enceinte, dit-il, est d’une étrange douceur ; il est tourné vers l’intérieur plutôt que vers l’extérieur, car la réalité plus belle du monde est au-dedans d’elle. Ainsi était sans doute le regard de Marie qui portait en son sein le créateur de l’univers. Imitons-la en nous ménageant des moments de véritable recueillement pour accueillir Jésus dans nos cœurs. La meilleure réponse à la tentative de la culture sécularisée d’effacer Noël de la société est de l’intérioriser et de le ramener à son essentiel.

Cette année au cours de laquelle nous avons célébré le septième centenaire de la mort de Dante Alighieri touche à sa fin. Terminons en faisant nôtre la merveilleuse prière à la Vierge dans le dernier chant de son Paradis. Lui aussi, comme Paul et Jean, appelle Marie simplement « la Femme » :


« Ô Vierge Mère, Fille de ton Fils,
Humble, mais plus élevée qu’aucune autre créature ;
Terme fixe de la Volonté éternelle,

Tu as tellement ennobli la nature humaine
Que ton Créateur n’a pas dédaigné
De devenir ton propre Ouvrage.

Dans ton Cœur a été rallumé cet Amour,
Dont les rayons ont fait germer,
Au sein de la paix céleste, cette Fleur étincelante.

Soleil en son midi, Tu nous embrases
d’une ardente charité, et Tu es, pour les mortels,
La source d’une vive espérance.

Ô Femme, Tu es si grande, Tu as tant de puissance,
Que quiconque veut une Grâce, et ne recourt pas à Toi,
Veut que son désir vole sans ailes.

Ta bonté n’exauce pas seulement
Celui qui l’invoque ; souvent
Elle prévient généreusement les demandes.

En Toi est la Miséricorde, en Toi la Tendresse,
En Toi la Magnificence ; en Toi se réunissent
Toutes les vertus de toutes les créatures. »

Saint Père, Vénérables Pères, Frères et Sœurs, Joyeux Noël !

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