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Au Liban, l’Hôpital de la Croix à bout de souffle

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Thomas Oswald

Franciscaine de la Croix, Beyrouth.

Thomas Oswald - publié le 16/12/21 - mis à jour le 16/12/21

Au Liban, dans un pays ruiné, les franciscaines de la Croix maintiennent vaillamment l’activité de l’Hôpital de la Croix. Elles voient avec angoisse les conséquences de la crise économique qui frappe leur pays menacer l’existence même de la plus grande institution psychiatrique de Beyrouth.

« Soyez avertis, les gens qui vivent ici avec nous peuvent avoir des réactions qui peuvent vous sembler étranges, mais ils ne sont pas agressifs », assure sœur Jeannette, la directrice de l’hôpital de la Croix, plus grande institution psychiatrique de Beyrouth (Liban). Sous son masque bleu, assorti à son voile de religieuse, on devine son air pincé, inquiète de la perspective de faire rencontrer ses pensionnaires à des étrangers qui connaissent mal le handicap mental. Les sœurs de la Croix ont pour charisme d’accueillir ceux dont personne ne veut, mais tout le monde ne peut pas partager cette vocation. 

Une institution au bord de la faillite

Pourtant, ses avertissements se révèlent superflus. Aussitôt les portes de l’ascenseur ouvertes, les pensionnaires accueillent les étrangers avec la gentillesse et gaîté. Ils saluent trois fois, quatre fois, serrent des mains au hasard, embrassent… Tout cela dans une joyeuse cohue qui illumine le bâtiment, malgré la lumière blafarde des néons ou le jaune écaillé des murs peints. Un peu plus de 150 pensionnaires résident là. « Ce sont plus que des patients, c’est ma famille, je connais chacun d’entre eux », assure sœur Jeannette, assaillie de salutations et d’embrassades. Les membres de cette famille gentiment turbulente accueillent avec plaisir les nouveaux venus, donnent une petite représentation musicale, font fièrement visiter leurs chambres et leur salle de vie. Ces sœurs franciscaines sont aimées de leur « famille », de toute évidence et leur institution médicale ne se contente pas de les soigner. 

Pourtant, la faillite menace cette institution, nous confie l’une des religieuses. Elle nous tend un flacon contenant des pilules de toutes les couleurs. « Ce flacon contient le traitement requis pour un patient pour une seule journée. Ce ne sont que des médicaments spécialisés, hors de prix, même en temps normal ! » Et le Liban ne connaît pas des « temps normaux », loin de là. Le pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans l’hyperinflation. Les matières premières coûtent excessivement cher. Un plein d’essence coûte à peine moins que le salaire mensuel d’un fonctionnaire… Dans ces conditions, on comprend que les Sœurs de la Croix craignent pour leur havre de paix, situé sur les hauteurs de Beyrouth, refuge des malades mentaux de toutes origines et religions. 

Dans ces conditions, l’hôpital peut tenir deux mois, peut être trois… Mais pas davantage.

« Nous vivons sur nos réserves financières, mais elles ne sont pas infinies. Dans ces conditions, l’hôpital peut tenir deux mois, peut être trois… Mais pas davantage », calcule sœur Jeannette. « Les prix montent sans cesse. Les familles des pensionnaires nous aident autant qu’elles le peuvent, mais elles sont, elles aussi, durement impactées par la crise économique libanaise ». 

Une crise dont les fameuses explosions du port de Beyrouth, le 4 août 2020, n’étaient que des symptômes. Depuis longtemps, la livre libanaise se dépréciaient et la classe politique était dénoncée par les Libanais. Plus d’un an après les détonations qui avaient tuées plus de 200 personnes, aucun signe de reprise économique n’apparaît. Une grande partie de la population chrétienne a fuit le pays, en commençant par les plus jeunes et les plus qualifiés. Les gardiens des lieux, comme les Sœurs de la Croix, ne pourront pas subsister sans aide internationale. 

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