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Démissions, « lâcher-prise »… sommes-nous dans l’ère des abandons ?

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Stringer / Sputnik / Sputnik via AFP

Alexander Schallenberg, le 6 décembre 2021.

Xavier Patier - publié le 06/12/21

Chaque semaine, l’écrivain Xavier Patier scrute l’air du temps. Il s’interroge aujourd’hui sur le recours à la démission des hommes publics : pression sociale ou abandon, d’où vient cette pratique de plus en plus courante ?

Meurtre, suicide, retrait, démission : la fin violente des aventures humaines est en train de devenir une norme. Après la première démission d’un pape il y a déjà plus de huit ans, la lente promotion de l’euthanasie en Occident, et l’essor des lynchages médiatiques ou judiciaires de tous ordres, le culte du « lâcher prise » devient chaque jour davantage un marqueur de la nouvelle civilisation en train de naître sous nos yeux. 

La même semaine, deux chanceliers autrichiens, Schallenberg et Kurtz, l’archevêque de Paris, et un ministre-clef du gouvernement libanais ont annoncé leur démission, toujours immédiatement acceptée. La démission est devenue l’acte inévitable de toute carrière publique, fût-elle religieuse : elle est le dernier recours dans lequel la liberté individuelle des responsables accablés trouve à se défendre contre l’ordre moral et le regard des autres. Et je ne parle pas de Nicolas Hulot, qui a annoncé en direct la même semaine encore, qu’il renonçait à faire front et se retirait dans la vie privée : écrasé d’accusations, déshonoré à bon ou mauvais droit, il n’avait d’autre idée que de démissionner de son statut pour se retirer sous la couette. Mais l’œil est sous la couette et regarde Caïn ! L’ogre médiatique n’est jamais rassasié. La démission est une fuite vers un paradis qui n’existe pas. 

Supporter sa charge

Autrefois, chacun croyait qu’une part de nos vies ne dépendait pas de nous : c’est Dieu qui décidait de ces choses trop graves pour un homme. Un homme n’avait pas tous les droits. Un chef ne faisait pas tout ce qu’il voulait : il servait. Il y a dans le « le roi n’est pas malade. Il meurt, c’est tout » de Louis XIV, cette idée que Dieu seul peut signifier à l’homme qui porte la charge de ses frères le moment où il pourra enfin poser à terre le joug qui l’accable. Jean Paul II moribond continuait à supporter sa charge, lui qui avait été si fier de son corps d’athlète, car il croyait que Dieu lui demandait cet ultime témoignage.

Il y avait aussi naguère, vieille lune, la présomption d’innocence. On ne démissionnait pas pour une rumeur. Tout cet ordre est inversé : désormais on démissionne d’abord, et on examine ensuite le dossier. Bientôt la Justice ne fera qu’acquitter des morts. Ne nous étonnons pas que tant de jeunes actifs décident sans motif sérieux de démissionner de leur travail. On leur a mis sous les yeux une civilisation de la démission, version à peine atténuée de la culture de mort.

Tags:
Michel AupetitPolitiqueSociété
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