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À Lesbos, les rires des enfants et le « naufrage de la civilisation »

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VATICAN MEDIA / AFP

Anna Kurian - publié le 05/12/21 - mis à jour le 05/12/21

Le pape François s'est rendu le 5 décembre sur l'île de Lesbos pour alerter de nouveau le monde sur le drame des migrants. Récit.

Au milieu des danses africaines, des rires des enfants, des chants en langue française, la rencontre tant attendue avec les migrants de Lesbos, promise par le Pape en 2016, et qui attirait toute l’attention médiatique depuis le début du voyage, a eu lieu. Ce 5 décembre, au quatrième jour de son voyage à Chypre et en Grèce, le pontife est retourné pour la seconde fois sur l’île de la Mer Égée où il a visité le nouveau camp, construit après l’incendie qui a dévasté celui de Moria en 2020. Le tout récent complexe abrite quelque 2.200 réfugiés dans des conteneurs métallisés. Son accès, derrière les murs et les fils barbelés qui l’entourent, est rigoureusement contrôlé.

La visite de l’évêque de Rome, arrivé en avion, s’est ouverte sur un moment d’enthousiasme : sortant de sa Fiat 500, le Pape est allé à pied à la rencontre des habitants qui se pressaient derrière des barrières de sécurité pour lui serrer la main. Coutumier de ces bains de foule, le pontife argentin souriait, bénissait des enfants. Puis un temps plus formel a suivi sur la rive méditerranéenne, à quelques kilomètres des côtes turques que l’on apercevait au loin.

Entouré de deux-cent migrants et volontaires, le pape François a lancé un cri à l’Europe : « Je vous en prie, arrêtons ce naufrage de civilisation ! » Devant le visage des enfants et devant « les images crues de leurs petits corps gisant sur les plages », a dit le Pape sans détours, « ayons le courage d’éprouver de la honte ». Pour le pontife, « ce n’est pas en élevant des barrières que l’on résout les problèmes ». Il a ainsi appelé les pays du Vieux continent à partager la responsabilité de l’accueil avec la Grèce, afin que la Grande bleue ne devienne pas « un cimetière froid sans pierres tombales ». 

Ne pas écouter les « fantômes intérieurs »

De retour à Athènes dans l’après-midi, le successeur de Pierre a célébré une messe pour la petite communauté catholique en Grèce, représentée par 2.000 fidèles de rite latin mais aussi byzantin et arménien, qui ont occupé les gradins de la prestigieuse salle de concert Megaron et une autre salle du complexe, en liaison vidéo. Il les a encouragés à ne pas écouter leurs fantômes intérieurs, car, a-t-il affirmé, « avec Dieu les choses changent ». 

En rentrant à la nonciature, le pape François a reçu la visite privée de l’archevêque orthodoxe d’Athènes Hiéronymus II qui l’avait accueilli chez lui la veille. Ainsi se concluait la dernière journée en Grèce du pontife, qui doit demain rencontrer les jeunes du pays, avant de reprendre l’avion pour Rome.  

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