Aleteia logoAleteia logoAleteia
Vendredi 12 août |
Sainte Jeanne-Françoise de Chantal
Aleteia logo
Tribunes
separateurCreated with Sketch.

Une faim de dignité

Article réservé aux membres Aleteia Premium
austerity

IntoTheWorld - Shutterstock

Véronique Fayet - publié le 28/11/21

L’ancienne présidente du Secours catholique commente le rapport annuel de l’institution sur la pauvreté. En France, beaucoup de personnes pauvres ne demandent rien pour préserver leur dignité.

Le rapport statistique annuel du Secours catholique, sorti le 15 novembre, jette un pavé dans la marre ! Oui, l’économie française sort finalement en assez bonne forme de la crise de la Covid, grâce aux aides efficaces de l’État pour les entreprises mais les plus pauvres ont payé un lourd tribut. Le choc de la pandémie a servi de révélateur et d’accélérateur des vulnérabilités. Il a mis au jour les forces mais aussi les lacunes de notre système de protection sociale.

On se souvient des files d’attentes qui s’allongeaient devant les centres de distribution alimentaire et les chiffres confirment cette pauvreté installée, structurelle… mais peu visible car de nombreuses personnes se privent pour rester dignes, pour ne pas avoir à quémander une aide ponctuelle. 27% des familles auxquels le Secours catholique a remis des chèques-services pendant la crise, se privent régulièrement de nourriture une journée entière ! Au total, ce sont près de sept millions de personnes qui auraient eu recours à l’aide alimentaire en 2020, soit près de 10% de la population parmi lesquels de nombreuses familles avec enfants. Chiffres scandaleux qui ne peuvent plus nous laisser indifférents !

Avec la crise, de nombreux ménages qui « se débrouillaient » avec les minimas sociaux, des allocations, de l’entraide de voisinage, des petits boulot (pas toujours déclarés)… ont basculé de la précarité dans la pauvreté. Beaucoup de femmes seules avec enfants, mais aussi des retraités, des étudiants ; des gens qui dans leur majorité demandaient pour la première fois une aide alimentaire. « J’avais honte de ne pas payer, dit l’une d’elle. Je me sentais comme une assistée. » 

Mais soyons lucide, la précarité alimentaire est un problème de revenus ! De plus en plus de familles doivent faire des choix impossibles entre payer son loyer ou se soigner, payer l’abonnement indispensable à l’Internet, les loisirs des enfants ou se nourrir. Chaque mois ce sont des privations qui minent la santé et l’équilibre familial. Alors que le seuil de pauvreté en France est de 1.100euros pour une personne seule (60% du revenu médian), le revenu médian des personnes accueillies au Secours catholique est de 537euros, soit à peu près le niveau du RSA.

La crise a montré, s’il en était besoin, qu’on ne vit pas avec le RSA. On survit grâce à un système D toujours fragile et incertain. Plus grave, 22% des ménages accueillis n’ont aucune ressource, pour certains parce qu’ils sont étrangers et sans droits, mais pour beaucoup parce qu’ils ne demandent pas, ou plus, le RSA ou les allocations auxquels ils auraient droit. En France environ un tiers des ménages éligibles au RSA ne le demandent pas. Ceux-là mêmes qu’on traite souvent de fainéants et d’assistés, préfèrent parfois renoncer pour préserver leur liberté et leur dignité. Cela doit nous faire réfléchir !

Des réformes structurelles

Le Secours catholique tire les enseignements de cette crise en demandant des réformes structurelles plutôt que des aides ponctuelles et conjoncturelles. Car depuis des années, notre pays a choisi tacitement d’industrialiser les distributions alimentaires plutôt que de réfléchir à un accès digne à l’alimentation, en lien avec les agriculteurs ; choisi des politiques coûteuses d’hébergement d’urgence et de nuits d’hôtel plutôt qu’une vraie politique d’accès au logement ; choisi de distribuer des aides ponctuelles pendant la crise de 2020 plutôt qu’une augmentation des minimas sociaux que les associations demandent depuis des années, etc.

Mais la crise a révélé aussi des trésors de générosité. Il y a un vrai désir de solidarité et de fraternité dans notre pays et les futurs candidats à l’élection présidentielle seraient inspirés d’y être attentifs plutôt que d’attiser les peurs. 

La suite est réservée aux membres Aleteia Premium

Vous êtes déjà membre ?

Gratuit et sans aucun engagement :
vous pouvez résilier à tout moment

et je bénéficie des avantages suivants

Aucun engagement : vous pouvez résilier à tout moment

1.

Accès illimité à tous les contenus « Premium »

2.

Accès exclusif à la publication de commentaires

3.

Publicité limitée aux partenaires de Aleteia

4.

Accès exclusif à notre prestigieuse revue de presse internationale

5.

Réception exclusive de la newsletter “La lettre du Vatican”

6.

550 monastères accueilleront vos intentions et les porteront dans leur prière quotidienne

Et vous soutenez le média qui porte vos valeurs chrétiennes
Et vous soutenez le média qui porte vos valeurs chrétiennes
Tags:
Pauvretésecours catholique
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
FR_2_NEW.gif
Le coin prière
La fête du jour





Confiez vos intentions de prière à notre communauté de plus de 550 monastères


Top 10
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement