La pomme a mauvaise réputation dans le christianisme. À tort d’ailleurs, car jamais la Genèse ne la désigne comme le fameux fruit de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal. En fait, il faut attendre le VIe siècle pour que des moines irlandais l’assimilent à l’objet de la tentation. À cela, deux raisons : en latin, pommier se dit malus, le même mot qui signifie le Mal, et, dans la mythologie celtique, le pays au-delà l’océan qui attend les âmes des défunts promis à une éternité bienheureuse se nomme Avallon, "l’île des pommiers", cet arbre étant symbole de vie et d’immortalité.
Le glissement dès lors a été facile et s’est imposé : c’est une pomme qui induisit Ève en tentation, alors même qu’il s’agissait plus probablement d’un abricot, d’une pèche ou d’une grenade… Cela dit, c’est bien une pomme, une brave reinette des plus ordinaires, et cuite de surcroît, qui, en décembre 1876, manquera coûter à sœur Catherine Labouré sa réputation de sainteté.












