Ancien porte-parole de la Conférence des évêques de France, le père Thierry Magnin est aussi physicien. Il vient d’écrire un livre avec l’ingénieur Pierre Giorgini sur la civilisation de l’algorithme. Comment rester maître de l’algorithme sans y renoncer ? Il répond aux questions de Aleteia.
Dans Vers une civilisation de l’algorithme ? (Bayard), le scientifique Pierre Giorgini et le père Thierry Magnin, prêtre, physicien et président-recteur de l’Institut catholique de Lille, portent un regard chrétien sur un sujet trop souvent prisonnier de l’opposition entre « technophiles » et « technophobes ». Thierry Magnin explique comment tirer le meilleur parti des changements numériques en cours afin d’éviter l’avènement de cette civilisation de l’algorithme où périraient à la fois la vérité scientifique et l’éthique.
Aleteia : Votre livre Vers une civilisation de l’algorithme ? est co-écrit avec le scientifique Pierre Giorgini. Cette collaboration est-elle une façon de réinterroger les rapports entre science et foi ?
Thierry Magnin : Pierre Giorgini est un ami très versé dans le numérique. Il a travaillé chez Orange et il a écrit des livres sur l’éthique des technologies. Je suis, de mon côté, physicien et j’ai travaillé comme professeur d’université publique pendant 26 ans. Ce livre est une façon pour nous de croiser nos travaux pour nouer un dialogue, effectivement, entre science et foi. La philosophie est pour nous médiatrice, en particulier l’épistémologie, c’est-à-dire l’intérêt porté à la manière dont se bâtit une science (en l’occurrence, les mentalités technoscientifiques sous-jacentes au développement du numérique). Ce livre est par ailleurs le résultat d’une chaire « sciences, technosciences et foi à l’heure de l’écologie intégrale » créée le 1er janvier à Université catholique de Lille.

















