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Quand on ne sait plus quoi faire avec un enfant difficile

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Denis Moskvinov I Shutterstock

Caroline Moulinet - publié le 28/10/21

Certains enfants se révèlent plus difficiles que d'autres, prompts aux caprices ou l'esprit rebelle. Comme parent, comment aimer pleinement ces enfants, sans se décourager ?

Dans une famille, un enfant peut se révéler particulièrement difficile. Crises à répétition, caprices pour les moindres détails, esprit de contradiction tant envers les adultes que les autres enfants, désobéissance permanente, test des limites familiales, sensibilité à fleur de peau… Un tel enfant prend beaucoup de place dans une famille et demande beaucoup de temps à ses parents. Toute l’énergie familiale est mobilisée pour tenter de maîtriser ce jeune volcan prêt à entrer en éruption, et ceci parfois au détriment des autres enfants, eux plus faciles, plus souples ou simplement plus discrets. En tant que parents, comment ne pas être frustré de tout le temps passé avec cet enfant difficile ? Comment ne pas culpabiliser de ne pas donner plus aux autres enfants de la fratrie ? Comment trouver le juste équilibre pour aimer chacun de ses enfants, selon ses besoins d’attention et d’affection ? 

1Prier l’Esprit Saint

Les parents peuvent avant tout demander l’Esprit Saint pour eux-mêmes, pour être éclairés et soutenus dans leur vocation. Il est aussi crucial d’appeler l’Esprit Saint sur leur enfant difficile. Les parents ont l’habitude de préparer de bons repas, en faisant le plein de beaux légumes frais. Pourquoi ne pas compléter leurs emplettes par de savoureux fruits spirituels chez le meilleur approvisionneur qui soit ? L’Esprit ne demande qu’une chose : déverser en abondance ses trésors d’Amour au creux des âmes qui le lui demandent. Les parents peuvent donc demander précisément l’un de ces fruits pour leur enfant, pour l’instant qui se présente à eux.

La tradition de l’Église énumère douze fruits: « charité, joie, paix, patience, longanimité, bonté, bénignité, mansuétude, fidélité, modestie, continence, chasteté » (Ga 5, 22-23 et Catéchisme de l’église catholique n°1832). L’amour, la joie, la paix, la patience aideront l’enfant dans sa relation à Dieu. La longanimité, la bonté, la bénignité, la mansuétude, la fidélité apaiseront sa relation avec autrui. La modestie, la continence, la chasteté soutiendront l’enfant dans sa relation avec son propre corps. 

2Reconnaître que chaque âme est un mystère pour l’homme

L’âme du parent elle-même est un mystère pour lui-même. Seul Dieu le Père connaît l’intime de l’être. Il en est de même pour cet enfant difficile, si peu aisé à comprendre pour les parents impuissants ou déroutés devant une énième colère ou chamaillerie. Et si le Christ était pourtant là, présent au cœur de la scène qui se joue, baissé et écrivant sur le sable comme au pied de la femme adultère, attendant que chacun ait grondé, jugé, avant de finalement reconnaître sa faiblesse et sa limite devant la misère de chacun ? Et si devant les coups de grisou de l’enfant difficile, les parents étaient invités à accepter leur propre limite et leur impossibilité à combler eux-mêmes la soif d’amour de leur enfant ? Si les parents acceptaient leur incapacité à forcer la joie dans leur famille ? 

3Renoncer au contrôle mais fixer les limites

Les parents ne peuvent pas forcer leur enfant difficile à être heureux, souriant, joyeux, de bonne humeur ou plein de gratitude. En revanche les parents doivent fidélité à leur rôle d’éducateurs en posant des limites fermes et claires. L’enfant difficile peste devant son repas qui n’est pas comme il le souhaitait ? Il râle dans la voiture en refusant de se joindre à la visite prévue de longue date ? Il traîne les pieds pendant la promenade familiale ? Il jette un regard envieux sur le cadeau qu’a reçu son petit frère ? Les parents ont pleine autorité pour dire stop. Ils peuvent dire oui pour une émotion ou frustration de passage mais stop aux jérémiades, stop aux mots déplacés ou irrespectueux, stop aux attaques physiques ou verbales. L’enfant difficile a besoin d’être contenu, de trouver en ses parents une personne qui ose le protéger de ses mauvais penchants. 

4Aimer avec solidité et constance, au-delà des blessures

L’enfant difficile a besoin de trouver un parapet auprès de ses parents, une digue qui le protégera des vagues de ses émotions, un socle qui tiendra solidement les limites. Les parents sont là pour assurer à l’enfant qu’il n’est pas livré à lui-même, en proie à sa détresse intérieure et ses tumultes extérieurs. Plutôt que devant un enfant difficile, les parents se trouvent devant un enfant blessé. Quelle est cette blessure ? Réelle, imaginée ou interprétée, peu importe. Un enfant est rarement désagréable ou pénible pour son plaisir.

Si son comportement est éprouvant pour ses parents, il y a fort à parier que l’enfant est éprouvé. Il est important de tenter de le rejoindre, de chercher la faille qui provoque tant de tempêtes, pour venir panser la blessure, embaumer d’amour la plaie, répandre un doux parfum sur l’âme ou le corps malade. Quand l’enfant blessé se sait enfin aimé, sans condition, sans comparaison, sans déception, souvent l’orage s’apaise, le calme revient. Les tempêtes peuvent revenir, comme tout péché qui se répète, mais ce n’est plus l’ouragan qui dévastait tout sur son passage, plein de la fureur de ne pas trouver sa place dans la maison familiale.

Chaque âme est invitée dans la maison du Père, l’enfant facile et joyeux comme l’enfant blessé et tourmenté. Les parents ont ce rôle divin, à l’image du Père, en même temps d’accueillir à bras ouverts le fils prodigue, en même temps de rappeler à l’autre fils qu’il a déjà sa place dans la maison du Père. Tout l’enjeu est là : chacun est unique et irremplaçable dans les yeux de Dieu. Il s’agit d’aimer, juste un pas de plus, juste aujourd’hui.

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ÉducationEnfants
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