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Pourquoi Michel-Ange n’a-t-il jamais terminé cette Pietà ?

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Opera Del Duomo Firenze / AFP

Maria Paola Daud - publié le 22/10/21

La Pietà Bandini, l'un des derniers chefs-d’œuvre de Michel-Ange, vient tout juste d'être restaurée. L'intervention des spécialistes sur la sculpture en marbre a permis d'élucider de nombreux secrets.

Elle était destinée à orner son tombeau. En 1547, à l’âge de 70 ans, Michel-Ange s’attelle à la réalisation de la Pietà “Bandini”, près de cinquante ans après avoir réalisé la plus célèbre d’entre elle conservée à la basilique Saint-Pierre de Rome. Exposée à l’Opera del Duomo de Florence, la Pietà Bandini a la caractéristique d’être inachevée et l’histoire de sa réalisation fut, pendant longtemps, sujet à de multiples interprétations.

Aujourd’hui, grâce à une analyse précise du groupe sculpté dans le cadre d’une restauration lancée en 2019, les experts sont capables d’avancer pourquoi Michel-Ange a laissé tomber burins et ciseaux. Pendant longtemps, on a supposé qu’il avait mutilé la sculpture dans un excès d’impatience, mécontent du résultat. On a même imaginé qu’il avait donné des coups de marteau dessus ce qui s’avère être faux. Si les légendes se sont multipliées, aucune source ne permettait de confirmer de telles hypothèses.

PIETA BANDINI
La Pietà Bandini de Michel-Ange.

Aujourd’hui, l’analyse poussée de la pierre le confirme, Michel-Ange s’est retrouvé face à un marbre de mauvaise qualité. Contenant des traces de pyrite, un minéral qui réagit mal avec le métal et qui peut provoquer des étincelles, l’artiste a pu se retrouver dans l’impossibilité de poursuivre sa sculpture. Des fractures et des craquelures, imperceptibles à l’œil nu, sont également présentes dans le marbre, ce qui peut expliquer que certains morceaux se soient brisés sous les outils de Michel-Ange. Face à un matériau de si mauvaise qualité, Michel-Ange aurait ainsi abandonné son œuvre.

Achetée par le banquier Francesco Bandini vers 1560 — qui a donné son nom à l’œuvre — la sculpture fut restaurée et complétée par un des disciples de Michel-Ange, Tiberio Calcagni. Selon les experts, même si Tiberio Calcagni a tenté d’achever comme il le pouvait l’œuvre de son maître, il n’aurait jamais pu camoufler des coups de marteaux volontaires. L’élève a uniquement poli le corps du Christ et achevé le visage de Marie-Madeleine. La tête du Christ, de Marie et du vieil homme (autoportrait de Michel-Ange) sont tels que le maître les a laissés.

Malgré son caractère inachevée, la Pietà Bandini est sans conteste l’une des plus émouvantes du maître. Plus “humaine” que sa sœur romaine, dont la beauté mystique révèle davantage le caractère divin du Christ, cette Pietà inachevée souligne davantage les émotions des personnages, notamment la tristesse de Marie dont la main, placée sous l’épaule de son Fils, semble vouloir l’attirer à elle.

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ArtsPatrimoine
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