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La Bible et ses symboles : l’eau primordiale et féconde

création du monde

© Catherine Leblanc / Godong

Dieu sépare les eaux de la terre, par Raphaël, musée de l'Hermitage.

Philippe-Emmanuel Krautter - publié le 20/10/21

La Bible a retenu de nombreux traits des Babyloniens, puissante civilisation qui s’inscrit dans l’Histoire dès 2500 av. J-C. L’eau en ces temps reculés comptait parmi les éléments essentiels nourrissant toute une symbolique dont les Écritures ont hérité.

Le récit des origines ou cosmogonie des plus anciennes civilisations antiques débutait la plupart du temps par une immensité liquide d’où naîssait la vie. Les Babyloniens ont ainsi fait des eaux primordiales — existantes avant toute chose — le point de départ de l’histoire des dieux et des hommes. Tiamat, déesse de l’eau, donna alors naissance aux autres dieux de la terre et aux nuées… Abraham, originaire d’Ur en Mésopotamie, connaissait très probablement ces récits qui influenceront les premiers rédacteurs de l’Ancien Testament. Le Livre de la Genèse en témoigne :

« La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux ». (Gn 1, 2) ; « Dieu fit le firmament, il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament et les eaux qui sont au-dessus. Et ce fut ainsi ». (Gn 1, 7)

Eau et fécondité

Très rapidement, l’eau va apparaître comme le symbole de la fécondité dans toutes les religions antiques et notamment dans la Bible. Ainsi, parlant du puissant cèdre du Liban, le prophète Ezéchiel rappelle que « Les eaux l’ont fait grandir ; l’Abîme qui lui a donné de croître faisait couler ses fleuves autour du lieu où il était planté, et dirigeait ses canaux vers tous les arbres de la campagne ».

Les Psaumes célèbrent également de manière poétique cet élément fertile qu’est l’eau, source d’abondance :

« Tu l’as vêtue de l’abîme des mers : les eaux couvraient même les montagnes ;
à ta menace, elles prennent la fuite, effrayées par le tonnerre de ta voix.
Elles passent les montagnes, se ruent dans les vallées vers le lieu que tu leur as préparé.
Tu leur imposes la limite à ne pas franchir : qu’elles ne reviennent jamais couvrir la terre.
Dans les ravins tu fais jaillir des sources et l’eau chemine aux creux des montagnes ;
elle abreuve les bêtes des champs : l’âne sauvage y calme sa soif ;
les oiseaux séjournent près d’elle : dans le feuillage on entend leurs cris.
De tes demeures tu abreuves les montagnes, et la terre se rassasie du fruit de tes œuvres »(Ps 103, 6-13)

Le Seigneur féconde la terre par des eaux fertiles, un symbole puissant en ces contrées souvent arides du Proche-Orient où l’eau est un élément rare et vital. Transposée, l’eau deviendra source de vie spirituelle, là où règne l’aridité de l’incroyance…

L’ambivalence des eaux sombres

Cependant, soulignons que l’eau peut aussi prendre parfois dans la Bible des significations plus sombres et inquiétantes lorsque leur profondeur reste insondable ainsi que le soulignent les Psaumes quant à la navigation sur mer, symbole éclatant des doutes et faiblesses possibles du parcours spirituel du croyant :

« Certains, embarqués sur des navires, occupés à leur travail en haute mer,
ont vu les œuvres du Seigneur et ses merveilles parmi les océans.
Il parle, et provoque la tempête, un vent qui soulève les vagues :
portés jusqu’au ciel, retombant aux abîmes, ils étaient malades à rendre l’âme ; 
ils tournoyaient, titubaient comme des ivrognes : leur sagesse était engloutie ».
(Ps 106, 23-27)

Nous le voyons, dans ces passages, l’eau peut être synonyme de foi vacillante, de doute voire de mort. Un symbole pouvant représenter également les ennemis des premiers Hébreux pourchassés, ainsi qu’en témoignent encore les psaumes :

« Sans le Seigneur qui était pour nous, – qu’Israël le redise
sans le Seigneur qui était pour nous quand des hommes nous assaillirent,
alors ils nous avalaient tout vivants, dans le feu de leur colère.
Alors le flot passait sur nous, le torrent nous submergeait ; 
alors nous étions submergés par les flots en furie ».
(Ps 123, 2-5)

Ainsi, en des terres où les crues fréquentes des fleuves comme celles de l’Euphrate ou du Nil dévastaient tout sur leur passage, l’eau peut à la fois évoquer la peur et la crainte, signe de sa toute-puissance, mais aussi la fertilité qui résultera de ses riches limons déposés sur la terre.

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