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Isabelle a mis des couleurs sur le deuil de son bébé

Portrait of Isabelle Guizard

courtesy of Isabelle Guizard

Marzena Devoud - publié le 19/10/21

Le petit Gabriel est mort en juin 2018 alors qu'il avait quelques semaines de vie. Mais à son enterrement, Isabelle, sa mère a reçu une grande grâce de foi qui l'a inspiré pour réaliser des mosaïques, pleines de symboles d'espérance chrétienne, afin de décorer la tombe de son fils.

Quand Isabelle, avignonnaise, décroche son téléphone pour raconter son histoire à Aleteia, sa voix très douce est entrecoupée par des petits essoufflements. « Pardonnez-moi, mais je dois accoucher d’un moment à l’autre et j’ai parfois vraiment du mal à respirer, mais surtout ne décalons pas notre rendez-vous ! Je voudrais vous raconter mon histoire justement aujourd’hui. Il y aura alors un lien symbolique entre le deuil de mon fils mort à quelques semaines de vie et la naissance du bébé qui approche à grands pas…. Quelle grâce d’accueillir la vie, quelle grâce que la vie nous soit confiée… décidément elle ne nous appartient pas, et pourtant quel cadeau ! », s’exclame Isabelle émue.

Portrait of Isabelle Guizard
Isabelle réalise une mosaïque pour décorer sa tombe et pour lui faire ainsi un cadeau.

Isabelle a 36 ans quand, en mai 2018, elle accouche de deux jumeaux prématurés Gabriel et Augustin. Très rapidement, Gabriel contracte une infection, il doit partir immédiatement en réanimation. « Pendant les trois semaines qui ont suivi, il était entre la vie et la mort. Avec mon mari Philippe, nos aînés – Raphaël (13 ans), Madeleine et Elisabeth (jumelles, 10 ans) – et nos familles, nous avons prié jour et nuit. Mais fin juin, après quelques semaines de vie, Gabriel est parti… », confie Isabelle en poursuivant : « Il est mort dans nos bras. Nous savions qu’il n’y avait plus rien à faire. Gabriel était retenu en vie par des respirateurs, les médecins nous avaient dit que c’était à nous de choisir le jour pour lui dire au revoir. C’était terrible à vivre, mais on a beaucoup, beaucoup prié. Alors, Gabriel a été baptisé. C’est ensuite que les médecins lui ont enlevé les respirateurs. Il était alors dans les bras de son Papa, puis dans les miens. Et à ce moment précis, alors qu’il était déjà mort, il s’est remis à respirer, juste pour nous dire au revoir », se souvient-elle.   

En travaillant la mosaïque pour la tombe de Gabriel, je méditais, je pensais à lui, je n’étais pas triste. J’avais l’impression de toucher un peu le ciel grâce à lui…

Au moment de l’enterrement du bébé, Isabelle reçoit une grande grâce de foi qui n’est jamais partie depuis. « Je n’ai pas été troublée dans ma foi, au contraire, la mort de Gabriel m’a rapproché du Seigneur », souligne-t-elle. Et c’est cette grâce qui lui permet de faire le deuil et qui l’inspire de décorer la tombe de son fils avec des mosaïques. Diplômée des Beaux-arts, elle se lance dans le travail, aidée par une amie mosaïste. Ce n’est pas sa première oeuvre, elle en avait déjà réalisé une quelques années auparavant pour la tombe de sa petite nièce.

Portrait of Isabelle Guizard
Isabelle avec son mari Philippe et leurs enfants le jour d’anniversaire d’Augustin, le jumeau de Gabriel.

Et c’est dans son salon que la jeune femme installe son atelier tout en s’occupant de ses quatre enfants. Le travail lui prend du temps. « Ce n’était pas neutre émotionnellement. Pour quelqu’un d’autre, j’aurais mis 6 mois. Là, j’étais tellement prise par cette triple mosaïque pour mon bébé, cela m’a pris deux ans », avoue-t-elle. Cependant ce temps de travail d’artiste est pour elle un temps de prier. « J’écoutais en travaillant des chants du Chemin Neuf. Ils m’ont permis d’être dans la louange en permanence, près de mon fils qui est près du Seigneur. Je méditais, je pensais à lui, je n’étais pas triste. J’avais l’impression de toucher un peu le ciel grâce à Gabriel », confie-t-elle.

Portrait of Isabelle Guizard
La tombe de Gabriel décorée par les mosaïques avec « la Vierge Marie, qui porte Jésus, comme elle porte Gabriel; la colombe de l’espérance, la croix douloureuse, mais aussi victorieuse et enfin l’ange qui montre le chemin du Ciel », explique Isabelle.

Finalement, les parents de Gabriel ont posé la mosaïque sur sa tombe cette année. Comme le caveau familial est près de Paris, elle permet à Isabelle, qui habite Avignon, de se sentir ainsi plus près de son fils. « C’était aussi mon cadeau pour lui », ajoute-t-elle. Et l’idée de réaliser des mosaïques pour aider les autres à faire le deuil et décorer les tombes de leur proches naît aussitôt. Tout naturellement.

Pour avoir plus d’informations sur la réalisation des mosaïques par Isabelle : latelierdelisle@gmail.com

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