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Les familles perdent-elles de l’influence dans la société ?

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Shutterstock I Africa Studio

Agnès Pinard Legry - Publié le 15/09/21

Vie de famille, éducation, santé, logement, consommation… Les Associations Familiales Catholiques (AFC) ont toujours été considérées comme un acteur de premier plan en matière de défense des intérêts des familles auprès des pouvoirs publics. Une influence permise par leur nombre d’adhérents qui pourrait être remise en question dans les années à venir.

Les Associations Familiales Catholiques (AFC) sont-elles en perte de vitesse et de représentativité au sein de la société française ? La question se pose alors que le mouvement, qui compte 26.000 adhérents au niveau national, a récemment vu le nombre de ses représentants divisé par deux au sein du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Le groupe Famille de l’Union nationale des associations familiales (UNAF), dont les AFC font partie, est ainsi passé de 10 à 6 membres, soit une baisse de 40% des représentants familiaux alors que l’ensemble des membres du CESE a diminué de 25%. Au lieu de deux représentants, les AFC n’en ont donc désormais plus qu’un.

Cette baisse traduit-elle un déclin de l’influence des AFC et ainsi des familles ? « Le CESE, assemblée de la « société civile », est un lieu très privilégié d’étude et de concertation des organisations présentes dans la société en amont de la loi. La réduction considérable de la délégation des associations familiales est un très mauvais coup pour les familles, et pas seulement les AFC », reconnaît auprès d’Aleteia Antoine Renard, ancien représentant des AFC au CESE. « Contrairement à ce qu’affirme le droit, français et international, la famille n’est plus comprise comme la cellule de base de la société. Il faudra encore plus de constance, de vigilance et de détermination aux nouveaux membres pour que la voix des familles puisse être entendue et prise en compte dans les débats ».

Les AFC demeurent néanmoins très présentes auprès des élus.  Leur présidente, Pascale Morinière, a rencontré en 2020 le président de la République et des membres de son cabinet. Outre le CESE, elles participent à différents conseils et sont en contact étroit avec nombre de parlementaires, tant depuis le siège national que par les associations locales et départementales. Elles sont aussi régulièrement auditionnées par les cabinets ministériels, au Sénat et à l’Assemblée sur les projets de loi qui touchent à la famille au titre de ce qu’elles représentent… C’est-à-dire leurs adhérents.

Chaque famille adhérente apporte aux AFC des suffrages supplémentaires et augmente leur poids au sein de l’Union nationale des associations familiales (UNAF) et de l’Union nationale départementale des associations familiales (UDAF). De cette représentativité dépend leur influence sur la politique familiale mise en place au niveau national et départemental. De façon à pouvoir représenter les intérêts des familles, les UDAF nomment des représentants dans de nombreuses instances départementales ou communales où ces « délégués familiaux » agissent pour promouvoir la politique familiale dans toutes les décisions de la vie quotidienne. Ce sont ainsi 17. 000 délégués qui œuvrent au profit des familles. En résumé, plus les adhérents sont nombreux, plus le poids des AFC est important et plus leur voix sera entendue auprès des pouvoirs publics.

Ce rayonnement et cette représentativité, Maria-Luz Zugarramurdi, présidente des AFC de la Côte Basque, est bien décidée à les renforcer. Lorsqu’elle est arrivée en 2016, l’association ne comptait, sur la Côte Basque, que six familles. Aujourd’hui l’association en est à 225 familles-adhérentes. « Il m’a fallu une année pour comprendre ce qui ne marchait pas », raconte-t-elle. « Nous avons pris le temps d’aller voir les élus, les directeurs d’établissement scolaire, les adhérents et les familles afin de comprendre leurs besoins ». Sa conviction ? « Plus on aide, plus on va rayonner ». Et des services, les AFC de la Côte Basque en proposent à foison : une bourse du travail, un service de baby-sitting, du soutien scolaire, des ateliers de bricolage, jardinage… ainsi qu’une antenne consommation. « On a ouvert cette antenne cette année grâce à deux bénévoles pour nos adhérents qui ont un litige avec un service ou un produit », reprend Maria-Luz Zugarramurdi. 

Quand je vais voir Monsieur le maire et que je lui dis que j’ai 225 familles adhérentes, soit environ 900 personnes, il m’écoute !

Et pas question pour cette dynamique mère de famille de 53 ans de s’arrêter là. Depuis quelques mois, ce sont des séances de cinéma que proposent les AFC à Saint-Jean-de-Luz. « Le responsable du cinéma a cru en nous et nous laisse quelques créneaux afin de proposer des films chrétiens », reprend la présidente. Chaque séance, toutes les six semaines environ, attire environ 130 personnes. « Après la diffusion d’un film sur sainte Faustine, le curé de saint Jean de Luz m’a confié avoir fait face à une vague de confessions », s’amuse-t-elle.

Des cycles de conférences, confessionnelles et non-confessionnelles, sont également proposés par les AFC. « Nous travaillons avec la CAF car nous soutenons la parentalité », explique-t-elle. « Parce qu’il y avait un vide, les AFC sont devenues un référent local ». Présente sur plusieurs fronts, les AFC de la Côte Basque portent une voix audible auprès des politiques de la région. « Quand je vais voir Monsieur le maire et que je lui dis que j’ai 225 familles adhérentes, soit environ 900 personnes, il m’écoute ! »

Si l’argent est le nerf de la guerre, les adhésions (une trentaine d’euros par an déductibles des impôts) sont le nerf de la légitimité des AFC. « Pourquoi cherche-t-on des adhésions ? Pour être plus représentatif. Sur la côte Basque cela est devenu évident car les familles et les politiques voient des actions concrètes », reprend Maria-Luz Zugarramurdi. « On adhère aux AFC car on sent que l’on va se faire écouter ».

Cette écoute se porte sur de nombreux champs de la société : les programmes scolaires, la publicité, la défense des avantages qui existent pour les familles, le soutien aux jeunes parents mais aussi la bioéthique, la fin de vie… « Lors du vote en première lecture du projet de loi bioéthique, notre député s’était abstenu », se rappelle la présidente. « Nous lui avons écrit au nom de tous nos adhérents pour lui dire qu’il n’était pas seul, que de nombreuses familles s’inquiétaient de ce texte. Résultat, en deuxième lecture il a voté contre ».

Président de la fédération des AFC d’Eure-et-Loir (qui compte 220 familles adhérentes et rayonne auprès de 1.000 familles), Antoine Harmel en est lui aussi convaincu. Les AFC offrent un cadre d’entraide et d’action au service des familles, adhérentes ou non, sur tous les sujets qui touchent à la vie de famille (éducation, santé, logement, consommation…) au travers de services plus ou moins structurés et d’un dialogue entretenu avec les autorités locales pour faire connaître les besoins des familles et proposer des initiatives aidant à les satisfaire. Et pour que ce dialogue soit le plus équilibré possible, les adhésions sont nécessaires. « Il y a aujourd’hui un vrai besoin de sens, de tout mettre en perspective », indique-t-il. « Mais aujourd’hui c’est compliqué d’avoir l’ensemble des morceaux, de voir comment le puzzle se compose. C’est à cela que servent les AFC : on leur reconnaît d’ailleurs une vision cohérente tout simplement parce que la pensée sociale de l’Église est cohérente ».

« L’influence des AFC demeure grande parce que la qualité et l’engagement de ses représentants bénévoles impressionnent et intéressent et parce que la compétence de son équipe de salariés permanents est réelle », reprend l’ancien représentant des AFC au CESE. « Mais aussi et surtout parce que, s’appuyant sur l’enseignement social de l’Église catholique, les AFC tiennent sur tous les sujets qu’elles traitent un discours cohérent et continu, y compris bien entendu sur les sujets les plus nouveaux qui peuvent émerger ». 

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