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La génération « C’est moi qui décide ! »

Monkey Business Images / Shutterstock

Jeanne Larghero - Publié le 28/08/21

Échapperont à l’angoisse et à la désillusion de l’arbitraire tous ceux à qui on aura appris une chose : accueillir ce qui est donné, avec gratitude.

On a beaucoup fait couler d’encre sur les fameuses générations X, Y, Z ou Alpha. On les a aussi appelées les générations « J’ai bien le droit », voilà que s’affirme désormais la génération « c’est moi qui décide ». Petits, on leur a demandé leur avis sur tout : le choix du dessert, la couleur de la nouvelle voiture, la conception d’un petit frère ou d’une petite sœur, tout y est passé ou presque. Ne rien imposer : il ne fera pas médecin ou boulanger comme son père ou son grand-père, sauf s’il en a très envie. Il ne sera pas baptisé, sauf s’il le décide un jour, ou l’autre, ou pas. Évidemment, ils aspirent maintenant à un monde où tout sera laissé au libre choix : aimer les hommes ou aimer les femmes, avoir un enfant sur catalogue ou pas, convenir de l’heure de sa mort, passer d’un genre à l’autre en toute fluidité, se sentir plus animal qu’humain. À chacun de voir où il fait passer les frontières : essayons d’abord, et voyons après. 

Reconnaissons à Jean-Paul Sartre d’avoir dans un éclair de lucidité tiré les conséquences de cette liberté de choix livrée à elle-même : c’est l’angoisse ! La génération « C’est moi qui décide » devra affronter l’angoisse de l’arbitraire : comment choisir sereinement une orientation scolaire à 16 ans, quand on est sommé de faire un choix, respect de la liberté oblige, parmi des voies innombrables ? Choisir un genre, femme ou homme ? C’est une proposition absurde, tout le monde sait bien qu’on ne peut « essayer » toute une vie d’homme, puis toute une vie de femme, ou toute une vie passant de l’un à l’autre, pour tout compte fait, tout bien réfléchi, trancher pour l’option la plus enviable. Le meilleur moment pour mourir : comment peut-on le déterminer tant qu’on est bien vivant, comment le décider quand on sait que ce couperet est irréversible ? Programmer un bébé ? Le désir est illusoire et la réalité est cruelle : le nombre de couples en situation d’infertilité ne cesse d’augmenter… preuve que les enfants ne viennent pas sur commande. On ne peut plus d’un côté traiter nos vies humaines comme un matériau : fabriqués en éprouvette, testés et surdiagnostiqués pendant la grossesse comme des prototypes de grille-pain ou de voitures au banc d’essai, triés sur le volet une fois que les conditions du droit à voir le jour auront été décidées unilatéralement… et inversement, hypocritement, les élever, croire qu’on les fait grandir, en les fatiguant à grands coups de « c’est toi qui décides ». 

Nos frontières, nos limites, tout ce que nous n’avons pas choisi sont la matière même de notre liberté : ils nous proposent un chemin sans nous écrire un destin. 

Accueillir ce qui nous est donné

Échapperont à l’angoisse et à la désillusion, échapperont au sentiment de grosse fatigue, tous ceux à qui on aura appris une chose : accueillir ce qui est donné, avec gratitude. Consentir par exemple au corps qui est le nôtre : sa taille, sa morphologie, sa couleur, son sexe. Les frontières du corps, sa matérialité de chair et d’os lui donnent sa consistance, sa pesanteur et sa grâce. C’est une grâce que d’avoir un corps de fille qui devient un corps de femme, corps qui verse son sang comme pour dire que la vie finit toujours par revenir, qu’elle est une possibilité toujours offerte : c’est un mystère qu’une vie ne suffit pas à épuiser. C’est une grâce que d’avoir un corps d’homme traversé de pulsations, corps qui pulse comme pour dire que toute force est une chance, un appui possible : c’est aussi un mystère dont une vie ne suffira pas à faire le tour. Avant de songer à transformer notre corps, apprenons d’abord à nous reposer sur lui : il nous enracine dans le monde. Nos frontières, nos limites, tout ce que nous n’avons pas choisi sont la matière même de notre liberté : ils nous proposent un chemin sans nous écrire un destin. Nous savons que nous mourrons, et cela viendra nous cueillir comme un fruit mûr. Trop tôt pour nous ? Trop tard à notre goût ? Si le fruit tombe c’est qu’il est mûr. 

La vraie liberté

Ainsi, aimer la vie, être libre, s’engager, suppose d’appliquer son intelligence à comprendre le sens de ce qui nous est donné, suppose d’oser affirmer que bien et mal ne se confondent pas, et de rendre grâce d’être né tels que nous sommes dans ce monde-ci : paradoxalement la véritable éducation à la liberté ne consiste donc pas à affirmer « C’est toi qui décide », mais à dire et redire « Remercions, ensemble, le ciel pour tout ce que nous sommes ». La vraie liberté existe là où nous croyons fermement que toute heure vécue est une possibilité de donner le meilleur de ce que nous sommes.

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