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Aliénor Strentz - Publié le 19/07/21

Exercer un emploi peu rémunéré et dévalorisé peut porter un coup à sa confiance en soi. L’occasion de relire le message d’espoir apporté par la Bible pour tous ceux qui exercent des emplois précaires.

Vous connaissez peut-être la fameuse allégorie des trois tailleurs de pierre. Un passant leur demande ce qu’ils font. Le premier, avec un air sombre et fatigué, répond : « J’extrais et je taille des pierres ». Le deuxième qui effectue le même travail mais avec un peu plus d’entrain explique : « Je fais ça pour gagner ma vie ». Le troisième taille sa pierre avec les mêmes outils et la même technique que ses confrères. Pourtant, il est radieux et répond avec un lumineux sourire : « Je construis une cathédrale ».  

Si vous exercez une activité professionnelle précaire ou pour laquelle vous avez peu d’enclin, il est possible que vous vous reconnaissiez dans les deux premiers tailleurs de pierre… Un personnage de la Bible, Moïse, pourra vous redonner du baume au cœur. 

Moïse : de la cour de Pharaon au désert

Nous connaissons bien l’histoire de Moïse, ce grand prophète de l’Ancien Testament. Mais il nous semble, à tort, si lointain que nous n’en tirons pas de leçons pour notre propre avancée spirituelle. Revenons donc sur les grandes étapes de sa vie.

Suite à son abandon par sa mère hébraïque et son adoption par la fille de Pharaon (Exode, chapitres 1 et 2), Moïse passe son enfance à la cour du Pharaon. Il y reçoit une excellente éducation. Il étudie les mathématiques, l’astronomie, la chimie et les hiéroglyphes. A la cour, c’est une « personnalité » dont le destin dans la classe dirigeante égyptienne semble tout tracé. 

Pourtant, il ne peut oublier ses origines, ni la condition misérable de son peuple tenu en esclavage par les Egyptiens. Un jour, il surprend un contremaître égyptien frapper un esclave hébreu. Il le tue et dissimule son corps dans le sable. (Exode 2, 11-12)

Lorsqu’il comprend que son meurtre a été découvert, il prend la fuite au désert. Pendant les quarante années qui suivent, il garde les troupeaux. Son mariage avec Cippora, fille du prêtre de Madian, scelle sa destinée de berger. 

Il passe ainsi du luxe et de la renommée à la pauvreté et l’humiliation. A l’époque en effet, les bergers passent pour une abomination aux yeux des Égyptiens dont Moïse a hérité la culture. Ce qu’il a appris enfant à détester et mépriser le plus est désormais son occupation quotidienne, sans perspective aucune de « changement de carrière » !

Les tentations 

Repensons à notre deuxième tailleur de pierre, celui qui exerce son activité pour gagner sa vie. Cette seule motivation ne suffit malheureusement pas à combler les désirs profonds de notre cœur. 

Dès lors, le cœur a tendance à se fermer, à s’endurcir et à éprouver toutes sortes de sentiments qui éloignent de Dieu et de la paix intérieure : l’amertume, le ressentiment, voire la colère contre Dieu…

Si nous ouvrons notre cœur 

Si nous ouvrons notre cœur avec confiance à Dieu, en acceptant que chaque expérience puisse être une opportunité pour avancer sur notre route spécifique de sainteté, alors Dieu peut se servir d’un « petit boulot » pour continuer à nous éduquer et à nous façonner.

C’est ce qu’il fit avec Moïse en utilisant sa dégringolade sociale pour transformer son cœur et le disposer à le connaître.

Dieu envoya Moïse au désert pour lui enseigner ce que le palais du Pharaon n’aurait jamais pu lui apprendre. 

Par ailleurs, son éducation à la Cour lui fut très utile bien des années plus tard, lorsqu’à l’âge de 80 ans, Moïse, envoyé par Dieu, dut interagir avec le Pharaon pour obtenir la libération du peuple hébreu et sa sortie hors d’Egypte. Il s’accomplit ainsi en tant que « berger d’Israël », toutes ses expériences à la Cour et en tant que berger ayant bel et bien concouru à l’aboutissement de sa vocation…

Ce qui compte vraiment pour Dieu

Nous avons beau être chrétiens, convertis à l’Amour du Christ, nous continuons souvent de juger selon les apparences trompeuses de ce monde. Si nous entendons la « rumeur » du monde mépriser les caissiers, les serveurs ou encore les agents de sécurité, nous les méprisons aussi.

Ce qui retient l’attention de Dieu est à mille lieues de notre jugement humain. C’est notre univers intérieur et notre façon d’aimer au quotidien qui compte pour lui.

Le Christ, lors de la Cène, nous a montré l’amour que nous devons avoir les uns pour les autres. Par le lavement de pieds (de ses disciples), qui était un geste effectué par les serviteurs et les esclaves, il nous a donné l’exemple de l’amour humble, tout en préfigurant son anéantissement à la Croix. (Jn 13, 12-15)

Saint Paul, dans l’épître aux Philippiens (2 : 5-11), nous offre un condensé de théologie en nous invitant à imiter le Christ : « Que votre attitude soit identique à celle de Jésus-Christ : lui qui est de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la Croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus-Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père. »

Demandons donc à Dieu d’illuminer les yeux de notre cœur afin de voir comme Lui voit. Que nous puissions considérer notre emploi, aussi méprisé soit-il, comme une opportunité de servir et d’aimer notre prochain. Que nous puissions répandre sur notre passage une odeur, non pas d’amertume et de désespoir, mais une bonne odeur de sainteté et d’espérance. C’est ainsi qu’on nous reconnaîtra vraiment « chrétiens ».

Aliénor Strentz est docteur en ethnologie-anthropologie, enseignante et fondatrice du blog « Chrétiens heureux » .

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