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En matière de charité, les actes sont plus importants que le « ressenti »

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afotostock / Shutterstock

Jean-Michel Castaing - Publié le 10/07/21

La présence de la charité en nous ne se mesure pas à notre ressenti mais à l'objectivité de nos actes bons.

Dans nos engagements en Église, il peut nous arriver d’avoir l’impression d’être davantage fidèles par devoir que par sincérité. C’est ainsi que certains croyants en viennent parfois à douter de l’efficacité des sacrements ou de la prière parce qu’ils ne ressentent pas d’augmentation de l’amour dans leurs cœurs. Comment surmonter cette tentation ? Tout simplement en rappelant que l’amour que le chrétien demande à Dieu, la charité, n’est pas mesurable à son ressenti intérieur. 

La charité est différente de l’humanitarisme 

La charité est une question de volonté. En premier lieu elle dépend de Dieu, mais aussi de ma résolution. Aussi, qu’elle se traduise par de la chaleur affective ou non, cela est secondaire. Il est important de souligner ce point car notre postmodernité s’est faite l’avocate d’une religion humanitaire, ou humanitariste, pour laquelle seule importe le sentiment d’identification au semblable, surtout lorsque ce dernier se trouve dans une situation précaire. 

Dans le frère, je ne discerne pas seulement mon semblable, celui qui partage la même galère que moi, mais surtout celui qui a été créé à l’image et ressemblance de Dieu…

Certes, le chrétien est appelé lui aussi à nourrir une telle affection envers son frère déshérité. Cependant, il la dépasse en ce sens qu’il voit son prochain en Dieu. Dans le frère, je ne discerne pas seulement mon semblable, celui qui partage la même galère que moi, mais surtout celui qui a été créé à l’image et ressemblance de Dieu et qui est promis, comme moi, à une destinée éternelle et surnaturelle. Autrement dit, je vois mon prochain en Dieu. Voilà pourquoi les actes que je pose pour lui porter secours sont marqués par cette préoccupation qui touche l’éternité qui nous est promise à tous les deux. En ce sens, enseigner la foi, encourager à la vertu de chasteté, mettre en garde contre certaines mœurs, constituent pour un chrétien des actes « humanitaires » au même titre que la distribution de produits de première nécessité. Son sentiment d’identification à son prochain ne sera pas moindre que celui de l’ « humanitaire », même si cet amour en Dieu semble à première vue moins marqué par un élan affectif (commisération, attendrissement) que le mouvement de la charité d’urgence.   

Amour affectif et amour effectif

Car au fond, que répondre à ceux qui constatent, dépités, qu’ils ne « ressentent » pas plus d’amour dans leurs cœurs que les personnes incroyantes qu’ils côtoient chaque jour ? Tout simplement que l’effet le plus important de la présence de la charité en eux transparaît au travers des actes qu’ils posent.  Certes, il est important d’éprouver subjectivement de l’affection à l’égard des personnes que nous servons. Mais la charité ne doit pas devenir l’otage d’une chaleur affective dont l’absence ou la disparation serait le signe de la disparition concomitante de la vertu de charité en moi. Saint Vincent de Paul, patron des œuvres de charité, distinguait amour affectif et amour effectif. Le premier peut se complaire en lui-même et dans sa propre chaleur, goûter la douce effusion de l’amour de Dieu sans jamais passer à l’acte, sans jamais traduire son sentiment intérieur en gestes coûteux comme le fait, de son côté, l’amour effectif.

Ne pas opposer la tête et le cœur

Surtout, il est important de ne pas opposer le cœur et la tête. Par exemple, j’ai décidé de m’impliquer dans un groupe de catéchisme de ma paroisse. Je prépare les rencontres avec sérieux et application. Or, la séance de caté a été décevante et ne s’est pas déroulée comme prévu : les jeunes ont été turbulents et peu attentifs. A posteriori, j’ai l’impression d’avoir été un témoin bien médiocre de Jésus » doux et humble de cœur ». La tentation s’insinue alors en moi de penser que je manque de chaleur affective, que mon désir de faire découvrir aux jeunes les fondamentaux de la foi chrétienne relève davantage d’une décision « de tête » que d’un élan du cœur. Je me mets à envier les bénévoles des Restos du Cœur qui échangent fraternellement et cordialement avec les sans-abri et les miséreux.

Mais cette comparaison et cette sensation, ou plutôt cette absence de sensation, sont un piège. Car la vraie mesure d’un acte est sa fin, affirme saint Thomas d’Aquin. Or qu’est-ce que je vise avec mon engagement pour le caté ? Faire grandir la vie théologale chez les jeunes, étayer spirituellement et par la connaissance leur attachement au Christ et à la Trinité. Cette finalité est le point le plus important de mon engagement. Mon « ressenti » est accessoire dans l’affaire. Même s’il est recommandé d’être un témoin crédible, ne culpabilisons donc pas de ne pas nourrir en permanence des transports d’amour ineffables dans nos missions d’Église. Sainte Thérèse d’Avila n’a pas passé son existence en état d’extase permanente. 

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