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La lame d’herminette de Mgr Pompallier

Musée des Confluences - Olivier Garcin

Lame d’herminette, toki pounamu Première moitié du 19e siècle, Nouvelle-Zélande, baie des Îles Jade

Bérengère de Portzamparc - Publié le 30/06/21

Le Musée des Confluences de Lyon présente une exposition “regards missionnaires” jusqu’au 8 mai 2022. Des centaines d’objets du bout du monde, datant du XIXe siècle et rapportés par des missionnaires aventuriers, y sont exposés. Aleteia vous propose de découvrir l’histoire de sept d’entre eux. Aujourd’hui, la lame d’herminette, symbole des chefs maoris, offerte à Mgr Jean-Baptiste Pompallier (4/7).

Détachée de son manche en bois, cette lame d’herminette en pierre semi-précieuse symbolise le lien aux ancêtres et date du début du XIXe siècle. Trésor familial, elle ne se transmettait qu’entre dirigeants maoris. C’est Rewa, le grand chef maori de la baie des Iles du XIXe siècle, et l’un des premiers convertis au catholicisme, qui l’a offerte à Jean-Baptiste Pompallier, missionnaire français devenu le premier évêque d’Auckland (Nouvelle Zélande). Par ce cadeau aussi précieux que symbolique, l’évêque a ainsi été intégré dans la généalogie de cette tribu en tant que chef catholique de la baie des Iles. 

Incroyable histoire de ce missionnaire français devenu « maori parmi les maoris ». Né à Lyon en 1801, Jean-Baptiste Pompallier entre au séminaire Saint-Irénée et est ordonné prêtre en 1829. Il part comme missionnaire avec des frères maristes en Océanie et accoste, en janvier 1838, en Nouvelle Zélande, s’installant dans la Baie des Iles (Hokianga Bay). Respectueux et bienveillant, il va rapidement gagner l’estime des Maoris, parlant leur langue et s’immergeant dans leur culture et leurs coutumes. Il gagne la confiance des chefs polynésiens qui voient en lui un grand chef au pouvoir surnaturel, “le mana”. Dans de nombreux récits de l’époque, on retrouve des témoignages éclairants de son caractère de missionnaire visionnaire. Voici ce qu’il déclarait à des maoris venus le menacer : « Nous avons quitté nos parents, nos amis, notre patrie en Europe, pour venir à la Nouvelle-Zélande. Nous n’avons en vue que de faire le bien, en vous laissant, aux chefs et au peuple, votre autorité et tout ce qui vous appartient. Nous sommes les ministres du vrai Dieu et de son Eglise. Nous venons instruire les peuples qui voudraient nous écouter, et laisser en paix ceux qui ne voudraient point de notre doctrine. Nous ne sommes nullement venus pour amasser des biens de ce monde, mais pour donner ceux du ciel. » (Essertel)

Sarcophage maori 

Dans les années 1860, Jean-Baptiste Pompallier devient l’évêque d’Auckland. Il accueillera notamment Suzanne Aubert, une religieuse missionnaire qui va laisser elle aussi un souvenir impérissable chez les Maoris. De retour en France pour des raisons de santé, l’évêque missionnaire meurt chez sa nièce à Puteaux en 1871. Mais l’histoire ne s’arrête pas là … Car en 1997, lors des Journées Mondiales de la Jeunesse à Paris, les catholiques maoris demandent instamment le rapatriement de son corps en Nouvelle-Zélande. Et c’est en 2002 qu’ ils obtiennent l’exhumation de ses restes suivant les rites de l’ancêtre « spirituel ».  Après une cérémonie à Notre-Dame de Paris, le convoi funéraire part pour la Nouvelle-Zélande. Son sarcophage maori passe d’une tribu à l’autre ; ce sont veillées des nuits durant, chants et danses traditionnels, transport en pirogue avec en proue une immense image de l’évêque portée par les jeunes. Jean-Baptiste Pompallier, appelé « Epikopo » est enfin enterré parmi les chefs maoris. « Epikopo repose ainsi parmi ses enfants », disent les Maoris du XXIe siècle.

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