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Pas de véritable démocratie sans réelle liberté d’opinion

élections ; politique ; vote ; république

© Corinne SIMON/CIRIC

Père Christian Venard - Publié le 29/06/21

La qualité d’une démocratie dépend de la manière dont les citoyens se forgent leur opinion personnelle pour servir le bien commun sans se laisser conditionner par les pressions idéologiques.

Quand, dans une « démocratie », près de 70%, trois électeurs sur quatre, ont refusé de participer à un scrutin, on peut toujours essayer de se rassurer, le constat est terrible : c’est un rejet massif du « système » qui est en cours. Ne pas voir que notre système démocratique français est moribond, relève d’un aveuglement, a minima stupide, ou alors d’une forme d’exploitation honteuse et cynique de cet état de fait. Aux lendemains du terrible deuxième conflit mondial, qui avait vu tant de peuples européens soumis au joug totalitaire du nazisme, et qui voyait les territoires immenses de l’URSS aux mains de l’idéologie tout aussi malfaisante du communisme, le pape Pie XII écrivait : « (La seule bonne et véritable démocratie) ne peut avoir d’autre sens que de mettre le citoyen toujours plus en mesure d’avoir une véritable opinion personnelle, de l’exprimer et de la faire valoir d’une manière correspondant au bien commun… »  

Une clé de lecture

En quelques mots ce grand pape nous donne une clef de lecture du malaise actuel. Comment, dans la confusion médiatique désormais installée, le simple citoyen arrive-t-il à se forger une véritable opinion personnelle ? Bousculé entre des médias mainstream, et l’efflorescence, en contrepartie, d’un monde d’informations sur le web, certes plus libre mais sans aucun contrôle de « qualité », le citoyen est balloté d’opinions en opinions, de rumeurs en rumeurs, sous la tyrannie de l’émotionnel. Les grands médias ont perdu leur crédibilité pour la majorité des citoyens. Qu’ils ne s’en prennent qu’à eux-mêmes d’ailleurs : ils ont fait depuis longtemps le choix d’une information militante en décalage complet avec les opinions majoritaires du pays…

Les réseaux sociaux sur Internet ont, de leur côté, apporté une véritable bulle d’air frais, mais on doit bien constater qu’ils sont aussi victimes de nombre d’impostures, de « fake », et il est difficile de leur accorder un blanc-seing. Cette situation ne semble pas pouvoir évoluer favorablement dans un délai court. Pour le chrétien, à défaut de pouvoir désormais agir efficacement (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire !) sur le monde des médias institutionnels devenu trop éloignés ou trop hostiles, il est urgent d’investir dans l’information directe sur le Net.

Le champ de la formation

Reste un atout majeur qui est celui de la formation, de l’éducation du citoyen. C’est sans doute là qu’il convient de mettre toute ses forces : donner aux citoyens d’aujourd’hui, à ceux de demain, les outils intellectuels, le langage, le corpus littéraire, historique, philosophique, la structure de la pensée, qui seuls permettent l’émergence d’une vraie liberté humaine. Dans cette tâche se trouvent en première ligne les parents, premiers éducateurs et, s’ils sont chrétiens, premiers responsables de l’héritage civilisateur de la foi. C’est à ce rude prix (car il s’agit quasiment en permanence de s’opposer aux idéologies progressistes) que l’on peut espérer retrouver une saine « opinion personnelle » !

Du simple citoyen au chef de l’État, tous devraient, à l’aune de leur responsabilité, n’avoir qu’un objectif : le bien commun.

Encore faudra-t-il qu’elle puisse s’exprimer. La bataille n’est pas gagnée, quand on constate, par exemple, avec quel mépris une « représentation » nationale, du seul fait de son poids au Parlement, traite toutes les oppositions à ses délires « bioéthiques », sur des sujets gravissimes quant aux enjeux de civilisation ! Là aussi, des députés creusent eux-mêmes la tombe de la démocratie qui les a placés où ils sont. Ne revenons pas sur les dénis de démocratie face aux projets européens de constitution. Les responsabilités sont historiques et, un jour peut-être, de nouveaux procès publics pointeront les coupables politiques qui ont œuvré à l’effondrement démocratique en France… Les gouvernements récents de la France, n’ont guère montré leur capacité à permettre au peuple de s’exprimer, tant la répression a été, trop souvent, leur seule réponse, à défaut de savoir écouter, comprendre, changer de posture, être humble et pragmatique. Le délitement démocratique va de pair avec cette morgue du parti progressiste, de quelque bord qu’il soit, engageant toujours plus loin le pays dans des politiques absurdes et s’appuyant sur le matraquage médiatique, soutenus par des intérêts financiers.

Au nom de la charité

Le pape Pie XII, dans cette très courte citation, donne la clef de voûte en évoquant le bien commun. C’est en effet dans une saine et classique philosophie politique, ce à quoi devrait tendre toute la res publica, la vie, les affaires publiques. Du simple citoyen au chef de l’État, tous devraient, à l’aune de leur responsabilité, n’avoir qu’un objectif : le bien commun. Ce dernier ne saurait jamais se confondre avec l’intérêt particulier d’une majorité, d’un groupe, encore moins d’une minorité, de réseaux financiers ou industriels, etc. Là encore, faute d’avoir su, au tournant des années 1980, préserver leur engagement au sein des « métiers de transmission », les catholiques français portent une responsabilité dans l’absence quasi généralisée de toute référence philosophique, politique, historiques sérieuses chez les élites républicaines.

Faut-il nous désespérer ce tout cela ? Sûrement pas. Soyons attentifs, jamais depuis longtemps, notre pays n’a été aussi proche d’un gouffre. Trop de signaux, faibles ou forts, vont dorénavant en ce sens. Comme chrétien nous avons l’immense chance d’appartenir déjà à deux patries. Celle du Ciel, pour peu que nous la cherchions avec fidélité, nous est assurée. Celle de la terre, requiert, de toute évidence, que nous nous retroussions les manches… au nom même de la charité.

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