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Burkina Faso : après le massacre de Solhan, l’effroi de la population

ACN

Oliver Maksan - AED - Publié le 16/06/21 - Mis à jour le 16/06/21

Le massacre de Solhan, dans la nuit du 4 au 5 juin, est l’attaque la plus meurtrière depuis le début de l'insurrection djihadiste au Burkina Faso. "La peur gagne les chrétiens comme d’ailleurs toutes les autres personnes concernées au Burkina Faso", explique Mgr Laurent Dabiré, évêque de Dori, au nord-est du pays.

Après le massacre de Solhan, le plus meurtrier jamais commis depuis le début des violences islamistes au Burkina Faso, la crainte d’autres attaques est omniprésente au sein de la population burkinabè. « Les gens sont sans voix. En particulier ceux qui vivent dans la région concernée du Sahel se demandent : Qui sera la prochaine cible ? », s’interroge Mgr Laurent Dabiré, évêque de Dori  (nord-est du pays). « La réaction des catholiques n’est ici aucunement différente de celle des autres Burkinabés. Ils n’étaient d’ailleurs pas directement visés. Les massacreurs n’ont fait aucune différence entre l’ethnie, le sexe ou la religion ».

Le Burkina Faso est devenu une cible.

 Dans la nuit du 4 au 5 juin, au moins 132 personnes, selon le gouvernement et 160 selon des sources locales, ont été massacrées dans l’attaque du village de Solhan, près de la frontière avec le Mali et le Niger. « Parmi elles figurent quatre chrétiens », précise l’évêque qui ajoute qu’une communauté chrétienne existe sur le site de l’attaque de Solhan. Toutefois, avant même l’attaque, de nombreux chrétiens avaient pris la fuite à cause de la situation sécuritaire de plus en plus instable. « La peur gagne les chrétiens comme d’ailleurs toute la population du Burkina Faso. Mais étant chrétiens, ils ont une raison supplémentaire d’avoir peur d’un islam imposé. Ils peuvent perdre leur liberté de culte, et même leur vie », explique Mgr Dabiré.

L’identité des meurtriers reste encore incertaine, affirme l’évêque. « On ne sait pas exactement qui a attaqué et pourquoi. Mais l’hypothèse la plus plausible est qu’il s’agit des groupements armés qui sévissent dans le pays depuis 2015. C’est une autre illustration des atrocités qu’ils commettent ». Depuis plusieurs années, des terroristes islamistes concentrent leurs attaques sur les régions du nord et de l’est du Burkina Faso. « Le Burkina est devenu une cible. Nous sommes voisins du Mali et du Niger, où il existe des problèmes similaires. Les attaques suivent la logique de la conquête. »

Pour Mgr Dabiré, il n’y a cependant aucune tension profonde au Burkina entre les chrétiens et les musulmans ou les autres religions. « Le pays est attaqué par différents groupes qui utilisent l’islam comme moyen de propagande ou de mobilisation. L’islam des groupes armés n’est pas l’islam de nos frères. Les musulmans du Burkina sont eux-mêmes pris pour cibles », affirme l’évêque. 

Selon lui, rien ne s’oppose donc à une poursuite et même à une intensification du dialogue interreligieux entre chrétiens et musulmans. « Nous devons espérer que le dialogue des religions puisse contribuer à résoudre les problèmes du pays. Dans ce contexte, je pense surtout à la question des réfugiés. » À cause de la terreur islamiste, le nombre de personnes déplacées ne cesse de s’accroître. « En particulier au cours des deux derniers mois, le nombre de déplacés a augmenté à cause de la reprise des attaques qui ont fait de nombreuses victimes », explique l’évêque.

Un million de déplacés

Au Burkina Faso, les groupes terroristes islamistes sévissent depuis 2015. Selon le rapport sur la liberté religieuse de l’AED, le pays est devenu l’une des zones d’opérations majeures du djihadisme militant en Afrique. Dans le même temps, le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays a augmenté pour atteindre environ un million. À peu près 55% de la population, donc un peu plus de la majorité des Burkinabés, sont musulmans, tandis qu’environ 24% sont chrétiens. Le reste de la population pratique des religions traditionnelles. 

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