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Benoît XVI, le pape amoureux de la Vérité

BENEDICT XVI

SVEN HOPPE | dpa Picture-Alliance via AFP

Anne-Cécile Duboys Fresney - Hozana - Publié le 10/05/21

Le pape émérite Benoît XVI dit lui même qu’il est "en pèlerinage vers la maison du Père". À travers 15 jours de prière et de méditation de certains de ses écrits, Hozana propose de découvrir ou redécouvrir son héritage spirituel pour l’Eglise et pour chacun.

Le 11 février 2013, à l’âge de 85 ans, Benoît XVI surprenait le monde entier en annonçant – en latin – sa renonciation. Une première depuis sept siècles. Les véritables raisons de cette démission surprise restent mystérieuses et ont alimenté de nombreuses rumeurs, notamment concernant le rôle de la Curie que Benoît XVI cherchait à réformer pour introduire plus de transparence. Le cardinal Christoph Schönborn, grand ami du pape émérite, affirme pourtant avec force : « Ces théories sont ridicules. Ratzinger est un homme très libre dans ses décisions. Il a mûri sa décision dans la prière. Peut-être qu’il a demandé conseil à quelqu’un mais certainement il n’a pas abdiqué sous les pressions extérieures. C’est un homme libre ». 

Sans doute cette décision reflète-t-elle aussi la sagesse et l’humilité d’un pape souffrant physiquement, qui avait déjà soutenu Jean Paul II affaibli jusqu’au bout de son pontificat, et préférait, lui, se retirer. Depuis le monastère Mater Ecclesiae du Vatican où il réside, Benoît XVI souhaite désormais être considéré comme pape émérite et non ex-pape, et jouer un rôle de pape contemplatif vis-à-vis de François, le pape régnant ou pape actif, dans une vision de « papauté élargie ». Benoît XVI continue donc son ministère pour l’Église notamment à travers la prière.

Un pontificat sous le signe de la vérité

Comment qualifier le pontificat de Benoît XVI et plus largement sa mission ? Si un seul mot pouvait résumer son héritage, comme cardinal puis pape particulièrement porté sur les questions théologiques et ecclésiales, ce serait probablement la Vérité. 

Dans la continuité de la magnifique encyclique Veritatis splendorde son prédécesseur saint Jean Paul II, Benoît XVI pointe l’enjeu essentiel de la vérité en théologie pour contrer les erreurs modernes, notamment dans Dernières Conversations où il répond aux questions du journaliste allemand Peter Seewald :

« Depuis longtemps, le sujet de la vérité a été mis de côté parce qu’il semble trop grand pour l’homme. Personne n’ose dire « Nous possédons la vérité », de sorte que même nous, les théologiens, avons de plus en plus négligé le concept de vérité. Dans ces années de lutte, les années soixante-dix, je suis devenu de plus en plus conscient que si nous laissons de côté la vérité, quel sens a tout cela ? […] Avec la vérité, puisque c’est une personne, nous pouvons collaborer. Il me semblait que c’était la définition authentique de la profession de théologien : celui qui a été touché par la vérité, celui qui a vu son visage, est maintenant disposé à se mettre à son service, à collaborer avec elle et pour elle. »

C’est par amour de la vérité, donc de Dieu, que Benoît XVI a fait de la transmission de la foi un objectif prioritaire, notamment en consacrant ses trois encycliques (Caritas in veritate, Spe salviet Deus caritas est) au sujet fondamental des vertus théologales : foi, espérance et charité. Ses très nombreuses catéchèses rappellent à tous les chrétiens l’importance de la formation pour grandir dans la vérité et approfondir sa foi. 

Cependant c’est avant tout le bonheur d’être chrétien que le Pape a voulu transmettre, notamment aux jeunes lors des JMJ, à l’instar de son prédécesseur. Quelques mois seulement après le début de son pontificat, il s’est rendu à Cologne pour les rencontrer : « L’idée largement répandue est que les chrétiens doivent obéir à d’innombrables commandements, interdits, principes (…) et que par conséquent le christianisme est épuisant, difficile à vivre et qu’on est plus libre sans tous ces fardeaux. Moi, au contraire, je voudrais leur faire comprendre qu’être soutenu par un grand Amour et par une révélation ce n’est pas un fardeau : cela donne des ailes et que c’est beau d’être chrétien. »

Si ses détracteurs fustigent un pape intolérant ou rigoriste, Benoît XVI a pourtant clarifié sa vision de la vérité en affirmant qu’elle ne s’impose pas mais doit être accueillie dans la liberté, rempart contre toute forme de prosélytisme ou de rejet de l’autre : “La vérité ne s’ouvre qu’au consentement libre et donc, liberté et vérité sont intimement liées, l’une étant condition de l’autre. La plus grande défense de la liberté est donc la recherche de la vérité et de la dignité de l’homme”, dit-il. 

C’est dans cet esprit qu’il a tant œuvré pour l’unité de l’Église, selon le vœu qu’il avait formulé lors de la messe d’inauguration de son pontificat le 24 avril 2005 « Ne permets pas que ton filet se déchire et aide-nous à être des serviteurs de l’unité. » En promulguant le 7 juillet 2007 son motu proprio Summorum Pontificum le Pape a rappelé la valeur et la légitimité de l’ancienne liturgie romaine d’avant 1970, qui avait été mise sous le boisseau depuis Vatican II, y voyant deux formes d’un même rite qui s’enrichissent mutuellement. 

La force de l’intelligence de Benoît XVI n’est pas uniquement l’intelligence mais sa simple et humble amitié avec Jésus.

Sa vision lumineuse de l’écologie, qu’il développe dans Caritas in veritate, est aussi un bel exemple de son ouverture d’esprit et de sa puissante intelligence. Ses écrits ont d’ailleurs fortement inspiré le pape François pour son encyclique Laudato Si, n’en déplaise à ceux qui opposent trop souvent ces deux papes. Le cardinal Schönborn dit encore de Benoît XVI : « C’est un homme d’une très belle et forte intelligence mais la force de son intelligence n’est pas uniquement l’intelligence mais sa simple et humble amitié avec Jésus qui transparaît dans chacun de ses écrits et dans ses belles homélies. Son amitié avec Jésus lui a donné la liberté. C’est en effet un homme qui ne peut être classé ni conservateur ni progressiste. »

Que retenir de Benoît XVI ? Une portière du Vatican à qui le cardinal Schönborn avait demandé des nouvelles du cardinal Ratzinger, lui avait répondu : « è un vero cristiano », c’est-à-dire « c’est un vrai chrétien ». Alors, avec ce grand Pape, tournons-nous vers Dieu durant 15 jours, pour lui demander d’approfondir notre foi et grandir dans notre amour de la vérité et de l’unité.

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