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La Bible, star des péplums : « La Bible » de John Huston

arche de noé

© IMDB

L'arche de Noé, film LA Bible, 1966.

Philippe-Emmanuel Krautter - Publié le 20/04/21

Le genre cinématographique du péplum naît dans les années 1950 pour connaître un immense succès jusqu’à la fin des années 1960. Entre reconstitution historique et fiction populaire, le péplum développe toute une palette de films où l’Antiquité, et singulièrement la Bible, se trouvent visitées par le 7e art selon des registres très variés. Parmi ces reconstitutions, le film « La Bible », du réalisateur américain John Huston, sorti en 1966, compte parmi les meilleures introductions à ce genre.

La Genèse en moins de trois heures… Les ambitions hors normes du réalisateur américain du film « La Bible », John Huston, furent initialement à la hauteur du projet monumental auquel il avait décidé de s’attaquer : porter à l’écran la Bible dans son intégralité, de l’Ancien Testament au Nouveau ! Si ce projet impensable ne put aboutir en raison de contraintes financières, le réalisateur a cependant réussi à livrer avec le film « La Bible » une version certes plus modeste, mais néanmoins passionnante, en ne retenant que les premiers épisodes de la Genèse jusqu’au sacrifice d’Abraham.

« La Bible », film de 2h40 précisément, sortit en salle en 1966 et sut réunir une large palette d’acteurs au nom des plus prestigieux, notamment Stephen Boyd, Ava Gardner, Peter O’Toole et John Huston lui-même, Marlon Brandon ayant décliné le rôle de Noé que lui proposait Huston en raison d’un cachet insuffisant à ses yeux.

Une fidélité au texte des Écritures

Si de manière générale, le genre cinématographique du péplum interprète plus que librement les sources historiques, notamment bibliques, « La Bible » de John Huston chercha à rester le plus fidèle possible au texte même des Écritures, n’hésitant pas à les citer à la lettre près dans des monologues, notamment dès les dix premières minutes de la Création du monde.

FILM 1966
La Bible, de John Huston, 1966.

Bien que les effets spéciaux grandioses que nous connaissons de nos jours ne puissent être imaginables à l’époque, « La Bible » parvient cependant dans les premières minutes à relever ce défi incroyable d’évoquer avec un certain talent la Création du monde selon les 7 jours du texte biblique. Sur fond d’images somptueuses de volcans, cascades, fonds sous-marin, les éléments sortent du chaos primordial, alors même que les formidables documentaires animaliers notamment du fameux commandant Cousteau n’en étaient qu’à leur début.

Le style péplum

Le film « La Bible » n’échappe pas pour autant au genre péplum même s’il reste le plus fidèle au texte. Le traitement du Jardin d’Éden et de la fameuse pomme croquée par Ève et Adam n’est pas sans ressemblance avec les films du genre narrant les aventures d’Hercule au jardin des Hespérides. La palme revient assurément à l’épisode de l’arche de Noé, grand spectacle impressionnant et qui par certains côtés n’est pas sans évoquer les grandes productions hollywoodiennes contemporaines tel « Le plus grand cirque du monde » d’Henry Hathaway sorti deux ans auparavant. 

Abraham et Isaac
Abraham et Isaac, film La Bible, 1966

Noé sous les traits du réalisateur lui-même apparaît, en effet, un brin candide, émerveillé par la Création. En une mise en scène grandiose, Huston parvient littéralement à faire entrer en une arche gigantesque éléphants, hippopotames, girafes, ours, lions, oiseaux de toute sorte et même un couple de tortues, détaillant ainsi à l’écran la liste des animaux que la Bible ne cite pas explicitement : « De tout ce qui vit, tout ce qui est de chair, tu feras entrer dans l’arche un mâle et une femelle, pour qu’ils restent en vie avec toi. De chaque espèce d’oiseaux, de chaque espèce d’animaux domestiques, de chaque espèce de reptiles du sol, un couple t’accompagnera pour rester en vie » (Gn 6, 19-20). Cet épisode devenu mémorable dans l’histoire du cinéma reste cependant fidèle au récit biblique en rappelant notamment les dimensions exactes de l’Arche : « Fais-toi une arche en bois de cyprès. Tu la diviseras en cellules et tu l’enduiras de bitume à l’intérieur et à l’extérieur. Tu la feras ainsi : trois cents coudées de long, cinquante de large et trente de haut ».

La destruction de Sodome, l’émotion du sacrifice d’Isaac

Les évocations de la tour de Babel et de la destruction de Sodome font elles aussi entrer le film « La Bible » dans la catégorie péplum pour leurs effets à grand spectacle. Scènes orgiaques, sacrifices humains, esclaves martyrisés et luxure composent en effet les ingrédients caractéristiques et classiques du péplum. C’est Peter O’Toole qui incarne l’Ange du Seigneur dont le fameux regard célèbre au cinéma ordonne la destruction sans appel de ces lieux de perdition. Bien que mis en scène de manière grandiose, le film respecte ici encore pour ces épisodes à la lettre le texte biblique, notamment lorsque les gens de Sodome cherchent à assouvir leurs infâmes désirs sur l’envoyé de Dieu…

la tour de babel
La tour de Babel, La Bible, 1966.

Mais l’émotion parvient assurément à son comble avec l’épisode du sacrifice d’Isaac. Alors que la Bible souligne le respect absolu d’Abraham à l’injonction divine à sacrifier son fils, le film de John Huston a fait cependant choix de montrer un Abraham d’abord révolté, le faisant s’écrier à plusieurs reprises : « Non ! Non ! », suivi d’un long monologue shakespearien… Ce que le texte de la Bible pouvait rendre, le grand écran choisit ainsi de le dramatiser en s’éloignant quelque peu de la foi absolue d’Abraham en la volonté divine. Reste que le film « La Bible » de Peter Huston demeure une réalisation grandiose pour un péplum classique à découvrir ou à revoir.

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