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Que dit l’Église à propos de l’homosexualité ?

© worradirek - shutterstock

P. Laurent Sentis - Publié le 20/03/21

Sa vision de la personne humaine conduit l’Église à distinguer la tendance et l’activité homosexuelles. Nul ne doit se culpabiliser de ses tendances, qui ne sont ni bonnes ni mauvaises en elles-mêmes, mais les personnes qui ont une tendance homosexuelle prononcée sont appelées à vivre dans la chasteté.

L’Église remarque d’abord que, pour l’être humain, la sexualité n’est pas simplement un instrument qui serait à sa disposition pour en user à sa guise. De même, la sexualité humaine ne peut être réduite à une simple fonction biologique. Le corps manifeste la personne tout entière. Si mon corps est de sexe masculin, cela donne une orientation à la totalité de ma personne, corps, âme et esprit : il y a en moi une vocation à épouser une femme et à engendrer des enfants dont je serai le père. 

De la même manière, si mon corps est de sexe féminin il y a en moi une vocation à épouser un homme et à engendrer des enfants dont je serai la mère. Le corps exprime une vocation au don de soi dans le mariage et à devenir parent. La vocation de chaque personne est inscrite dans son corps sexué et c’est ce que le saint pape Jean-Paul II appelle le langage du corps.

La complexité du désir sexuel

Malheureusement pour nous, le désir sexuel n’est pas toujours en harmonie avec la vocation qui est inscrite dans notre corps. Pour accomplir un acte conjugal, il ne suffit pas qu’un homme et une femme soient en présence l’un de l’autre, il faut aussi qu’il y ait un désir sexuel de l’homme pour la femme et de la femme pour l’homme. Mais, l’expérience vécue nous révèle que la pulsion sexuelle est extraordinairement complexe et variable. Elle est souvent « objectivement désordonnée », comme dit le Catéchisme de l’Église catholique, par rapport à sa vocation. Un des désordres qui affecte le désir est le fait qu’il soit excité de façon préférentielle ou exclusive par une personne du même sexe.

Pourquoi les pulsions sexuelles sont-elles, à ce point, complexes et variables ? Les explications données par les sciences et la psychanalyse sont partielles et encore insatisfaisantes. Il semble que le désir se forme dans la petite enfance sous l’influence de l’éducation. On peut se demander si une des conséquences du péché originel ne se manifesterait pas dans certaines maladresses éducatives, mais les éducateurs ne sont pas sans responsabilité non plus (mères abusives, pères absents, etc.). Il ne s’agit pas de culpabiliser qui que ce soit mais de comprendre que dans la mesure où notre affectivité est toujours plus ou moins perturbée, il est inévitable que notre travail éducatif ne soit pas parfaitement satisfaisant.

Chacun peut s’en apercevoir par rapport à ses rêveries personnelles et cela conduit à des situations très variées.Il y a des situations qui excitent notre désir et d’autres qui le laissent parfaitement froid. En plus, une partie du désir est souvent refoulée. Par exemple, le désir pour une personne du même sexe peut être refoulé pendant de nombreuses années et resurgir brutalement. Certaines personnes éprouvent une répulsion à l’égard des personnes de l’autre sexe et une attirance exclusive vers les personnes de même sexe. C’est en ce cas une souffrance car il y a distorsion entre le désir charnel et la vocation inscrite dans le corps de l’homme.

La tendance et l’activité

Il est fondamental de distinguer la tendance et l’activité. Du point de vue moral on n’évalue pas la culpabilité des tendances mais uniquement des actes. La tendance est extrêmement complexe car on peut être attiré par telle ou telle chose, dans telle ou telle situation. Mais l’acte est autre chose. Un acte provient de la libre décision. Chacun est alors responsable de l’acte accompli de façon délibérée. Il ne s’agit pas de juger moralement les tendances — même si elles peuvent être aggravées par la curiosité, les fréquentations et des expériences précoces — mais uniquement les actes. 

La tendance comme telle n’est ni bonne ni mauvaise. Personne ne doit donc se culpabiliser en face d’une tendance dont il n’est aucunement responsable. Dans le domaine sexuel, tout le monde doit canaliser ses tendances : c’est un problème pour tous, dans tout état de vie, que l’on soit marié, consacré, célibataire, etc. Personne ne peut se laisser aller à ses tendances qui sont variables et multiples.

Il ne doit pas y avoir à leur encontre une quelconque discrimination même si certaines fonctions ne sont pas possibles.

À cause de tout cela, une personne ne peut jamais être identifiée à sa tendance sexuelle. On ne peut pas dire « je suis un homosexuel », « je suis un bisexuel », pas plus qu’on ne peut dire « je suis un hétérosexuel », etc. Pour cette raison, il ne devrait pas y avoir non plus de « lobby homosexuel ». La tendance homosexuelle ne constitue pas une identité et encore moins le fondement d’une communauté cherchant à faire reconnaître son existence au sein de la société civile. 

Un chemin de sanctification

Les personnes dont la tendance homosexuelle est tellement forte qu’elle rend impossible les relations avec l’autre sexe et donc le mariage sont invitées à vivre dans la continence. Beaucoup trouvent cela impossible mais il est avéré qu’avec l’aide de Dieu c’est possible et qu’il s’agit d’un chemin de sanctification. Les personnes concernées ne doivent pas se sentir exclues. Le mariage n’est pas une obligation. Les célibataires ont le droit de l’être. On a le droit de ne pas être identifié socialement par sa tendance sexuelle. Les personnes à tendance homosexuelle prononcée doivent avoir toute leur place dans la société et dans l’Église. Il ne doit pas y avoir à leur encontre une quelconque discrimination même si certaines fonctions ne sont pas possibles. Par exemple, si l’on a une trop forte tendance homosexuelle, l’Église estime que l’on n’a pas les qualités requises pour exercer le sacerdoce ministériel. Il ne s’agit pas d’une discrimination, car le sacerdoce suppose des aptitudes bien définissables et tout le monde n’est pas appelé à exercer cette fonction. 

Avec l’aide de Dieu, des personnes à tendance homosexuelle parviennent à vivre dans une parfaite chasteté. Cela demande assurément des efforts mais cela est souvent l’occasion d’une plus grande union avec Dieu. L’Église a le souci d’accueillir et d’encourager les personnes qui cherchent à progresser vers cette forme de vie. Ces personnes peuvent et doivent recevoir un accompagnement spirituel approprié. Elles seront aidées par la vie liturgique, la méditation de la parole de Dieu, la vie d’oraison et la réception des sacrements.

L’activité ne saurait être approuvée

Pourquoi l’activité homosexuelle en tant que telle ne peut être approuvée par l’Église ? Le Catéchisme de l’Église catholique se prononce sur l’acte et non sur la tendance (n. 2357) : « S’appuyant sur la Sainte Écriture […] (cf. Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10), la Tradition a toujours déclaré que “les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés” » (Congrégation pour la doctrine de la foi, déclaration Persona humana, 8), car « ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas ».

Pour un jugement approprié dans l’examen de conscience et dans le cadre du sacrement de pénitence, il convient de tenir compte des circonstances de l’acte et aussi des facteurs psychiques qui jouent, de fait, un rôle considérable, et qui limitent parfois la responsabilité du pénitent (habitude invétérée, pression de l’entourage, etc.).

La question de la cohabitation

Les questions de la cohabitation entre personnes à tendance homosexuelle et du statut à donner à cette cohabitation ont fait l’objet de nombreux débats ces dernières années. Du point de vue de la morale chrétienne, il faut, sur ces questions, faire preuve de discernement. Si la bénédiction d’une « union homosexuelle » en tant que relation impliquant une pratique sexuelle hors mariage ne peut être considérée comme licite (CDF, 15 mars 2021), une personne à tendance homosexuelle n‘est pas forcément dans une situation de tentation plus forte si elle vit avec une autre personne que si elle vit seule. Il est possible que dans certains cas, la cohabitation permette un progrès vers la chasteté dans la continence.Il ne s’agit pas ici d’envisager un « mariage » entre personnes du même sexe. Le mariage est une institution qui concerne la relation de l’homme et de la femme.

On peut être opposé à l’idée de « mariage » homosexuel pour des raisons qui reposent sur la loi naturelle mais comprendre qu’une amitié respectueuse, dans laquelle deux personnes du même sexe s’encouragent à progresser ensemble vers le but que Dieu leur destine est un projet louable. Il se peut en effet que cette amitié leur permette de mieux résister à des tentations de vagabondage et les aide à progresser vers la continence.

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