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Tout ce que Jésus a appris de saint Joseph

JOSEPH THE WORKER

Gandalf's Gallery CC

Cardinal Philippe Barbarin - Publié le 18/03/21

Délicatesse, force, droiture, courage... À l'occasion de la fête de saint Joseph célébrée ce 19 mars, Mgr Philippe Barbarin revient pour Aleteia sur tout ce que Jésus a appris de son père terrestre.

Le 8 décembre 1870, Pie IX proclamait saint Joseph « Patron de l’Église universelle ». Cent cinquante ans plus tard, le pape François lance une « Année saint Joseph », qu’il présente dans un document intitulé Patris corde. Il choisit ces deux mots, pour nous dire : Prenez le temps de faire attention à Joseph. Il a aimé Jésus avec un cœur de père et, dans sa personne, Dieu nous a fait un beau cadeau !

Tournons donc notre regard vers cet homme parce que Jésus a beaucoup appris en le voyant vivre et en dialoguant avec lui chaque jour ! L’Evangile dit que « Joseph était un homme juste » (Mt 1, 19) ; ceux qui connaissent le monde juif savent que ce mot dit tout. Le « juste », tsaddiq en hébreu, est celui en qui se trouve résumé tout le message de la Bible, un homme droit et fidèle, qui écoute Dieu, connaît les Psaumes et qui sait prier … Bref, avec un seul mot, Joseph est présenté comme un saint, un fleuron de l’Ancien Testament arrivant à la porte du Nouveau, choisi par Dieu à ce moment suprême de l’histoire du peuple élu pour être le serviteur, l’éducateur du Messie.

Joseph, c’est un nom qu’on rencontre souvent dans la Bible, une bonne douzaine de fois. Dans la seule généalogie de Jésus, on voit que deux de ses ancêtres le portent (Luc 3, 24 et 30). Le plus célèbre des Joseph est l’enfant de Rachel, l’un des douze fils de Jacob (cf. Gn 32, 29). Préféré de son père, Joseph est jalousé et maltraité par ses frères. Son histoire qui nous emmène en Egypte est longuement racontée dans les chapitres 37 à 50 de la Genèse. Ce nom de Joseph vient d’une racine hébraïque qui signifie ajouter, augmenter, faire grandir. A sa naissance, Rachel chante : « Dieu a enlevé ma honte ». Elle appelle son fils Joseph en s’écriant : « Que Dieu m’ajoute un autre fils ! » (Gn 30, 23).

L’homme qui passe inaperçu

Ainsi la vocation de saint Joseph est déjà contenue dans son nom. Il va aider Jésus à grandir, l’accompagner dans son enfance et son adolescence, pour lui donner sa place au milieu des hommes, dans ce peuple béni et élu pour accueillir et offrir au monde le Sauveur, la Lumière des nations. Joseph est un simple artisan, ce qui suscite parfois des remarques méprisantes quand les gens parlent de Jésus : « N’est-il pas le fils ducharpentier ? » (Mt 13, 55). Comment se fait-il qu’il accomplisse des miracles, qu’il parle avec tant de sagesse, une telle autorité ? A ceux qui réagissent ainsi, nous avons envie de dire : Oui, c’est le fils du charpentier, et vous feriez bien de le regarder plus attentivement, ce Joseph, « l’homme qui passe inaperçu », selon l’expression du pape François.

Mais pourquoi dit-on presque toujours de Joseph qu’il était un grand silencieux ? Certes, il est impressionnant que l’Évangile ne rapporte pas un mot de lui, mais je ne vois pas pourquoi Joseph n’aurait pas parlé à son fils comme le font tous les pères !

Les gens disent volontiers que saint Joseph a appris à Jésus son métier. On les imagine tous deux dans l’atelier : un père attentif, un jeune qui questionne pour comprendre et progresser… Mais pourquoi dit-on presque toujours de Joseph qu’il était un grand silencieux ? C’est le titre de plusieurs livres : « Le silence de Joseph », « L’homme qui s’est tu » … Certes, il est impressionnant que l’Évangile ne rapporte pas un mot de lui, alors que nous connaissons plusieurs phrases de la Vierge Marie – notamment l’éblouissant Magnificat – mais je ne vois pas pourquoi Joseph n’aurait pas parlé à son fils comme le font tous les pères !

Qu’il ait été un homme plein de délicatesse veillant avec une grande attention sur Jésus, le jeune qui grandissait, posait ses questions, s’exprimait au milieu des siens, tout le monde l’accordera ! Mais, pour ma part, je suis convaincu que Joseph a parlé chaque jour à son fils, et sur tous les sujets.

Jésus depuis sa tendre enfance, écoutait et observait avec attention ce « juste », dans la vie quotidienne. A mesure qu’il grandissait, il se mêlait à la conversation, interrogeait, donnait son opinion… On imagine à quel point Marie et Joseph devaient y être attentifs.

À la maison, Jésus a appris à prier, d’abord en regardant ses parents et en priant avec eux. Le sabbat, il allait avec Joseph à la synagogue. Tout père juif explique à son fils ce qui s’y passe, comment on prie ensemble… Et quand on voit, dans l’Evangile, Jésus se retirer ou sortir « le matin, bien avant le jour » pour prier (Mc 1, 35), on se dit qu’il suivait peut-être l’exemple de Joseph.

Ce père s’adressait aux voisins, échangeait avec les autres artisans et commerçants de Nazareth, s’adressait aux femmes et aux hommes du quartier, et Jésus était témoin de ces rencontres. Joseph parlait de l’argent, du travail, commentait certainement l’actualité sociale et politique, l’occupation romaine… Il donnait son appréciation sur des situations, des paroles, des personnes, des événements joyeux, douloureux ou scandaleux. Et Jésus depuis sa tendre enfance, écoutait et observait avec attention ce « juste », dans la vie quotidienne, à la maison, dans les réunions de famille, et dans la variété de ses relations. A mesure qu’il grandissait, il se mêlait à la conversation, interrogeait, donnait son opinion… On imagine à quel point Marie et Joseph devaient y être attentifs !


ŚWIĘTY JÓZEF

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Et quand Jésus montait à Jérusalem avec ses parents, Joseph lui expliquait le sens de ce pèlerinage, l’histoire des patriarches et des prophètes… Il lui faisait découvrir les merveilles de la Ville sainte, lui racontait les miracles de Dieu en faveur de leur peuple, les grandes fêtes juives … Et Jésus écoutait avec bonheur, comprenant peu à peu ce que veut dire « être un fils d’Israël ».

En contemplant Jésus, remercier Joseph

C’est aux côtés de Joseph que Jésus est devenu lui-même un travailleur. Quand il dit : « Mon Père travaille toujours et moi aussi je travaille » (Jn 5, 17), il parle de son Père des cieux bien sûr, mais l’image de Joseph vient à l’esprit, puisque Jésus l’a vu travailler dès le premier jour.

En lisant l’Évangile, nous pouvons imaginer tout ce que Jésus a reçu de ce père, sa force impressionnante quand il parle devant tout un peuple « suspendu à ses lèvres » (Luc 19, 48), une généreuse attention aux foules qu’il nourrit abondamment pour qu’elles ne défaillent pas sur le chemin (cf. Mc 8, 3), le ton juste quand il corrige les apôtres, cette autorité si simple pour appeler à lui le mendiant aveugle du bord de la route, alors que les autres voulaient le faire taire (cf. Mc 10, 42-45).


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Le plus émouvant peut-être, c’est de contempler Jésus quand il fait miséricorde. Un jour, il se trouve devant la femme adultère avec tous ces hommes qui parlent de sa lapidation. J’aimerais croiser le regard du Seigneur, sentir son cœur battre lorsqu’il voit cette femme et la situation dans laquelle on l’a mise. Il doit réagir vite, et on l’entend dire aux accusateurs : « Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre ». Une parole claire, dite doucement sans doute, mais avec quelle force ! Il se baisse pour ne pas voir ce qui se passe, écrit sur le sol, puis se relève et demande à la femme : « Femme, où sont-ils ? Personne ne t’a condamnée ? » Et d’ajouter : « Moi non plus je ne te condamne pas, va et ne pèche plus » (Jn 8, 7-11). Mais Jésus a dû être déçu : « Pourquoi sont-ils partis, ces malheureux ? Ils ont reconnu leurs péchés, c’est déjà beau. Mais s’ils étaient restés, j’aurais pu leur offrir aussi le pardon. Ils ont tant besoin… au moins autant qu’elle ! »

Jésus a certainement été marqué par l’amour et la tendresse de Joseph pour sa maman ; il a vu aussi comment il se laissait aimer par elle.

Il est clair que c’est un passage central dans l’Evangile. Ce sont les mots du Messie bien sûr, mais en voyant Jésus rendre à la femme sa liberté et l’appeler à retrouver toute sa dignité, je ne peux pas m’empêcher de penser à l’homme plein de respect et de foi qu’il a si longtemps côtoyé. Jésus a certainement été marqué par l’amour et la tendresse de Joseph pour sa maman ; il a vu aussi comment il se laissait aimer par elle. Mais il a vite compris que toutes n’étaient pas aussi saintes que Marie, et il a remarqué le regard limpide de Joseph pour toutes les femmes que l’on croisait à Nazareth.

La délicatesse et la force, sa droiture et son courage d’homme, Jésus a vu et appris tout cela du chêne aux côtés duquel il a grandi, comme une jeune pousse.

L’Evangile enseigne que Jésus est le « Verbe fait chair ». La chair, il l’a reçue de la Vierge Marie, et cette Parole a trouvé sa place au milieu des hommes, en bonne partie grâce à Joseph, « l’homme juste » qui a permis au Sauveur d’accomplir sa mission. Quand Jésus dit : « N’appelez personne sur la terre du nom de père » (Mt 19, 5), les pères comprennent qu’ils doivent remplir leur mission avec un cœur de pauvre. Tout ce qu’ils donnent à leurs enfants contribue à faire d’eux, le jour venu, les constructeurs d’un monde qui se renouvelle sans cesse et qu’il faudra quitter.


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La délicatesse et la force, sa droiture et son courage d’homme, Jésus a vu et appris tout cela du chêne aux côtés duquel il a grandi, comme une jeune pousse. Pas étonnant que Joseph ait été choisi pour être le saint patron de tous les pères de famille !

Les punchlines de Jean Paul II sur la puissance de saint Joseph :
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