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Le jour où la saint Joseph fut déclarée jour chômé

Jacques-Bénigne Bossuet

© Renaud Camus CC BY 2.0

Bossuet

Aliénor Goudet - publié le 18/03/21

Le 7 juin 1660, saint Joseph apparaît à Cotignac, 141 ans après l’apparition de la Vierge. Cet événement provoque un tel élan de dévotion pour le père terrestre du Christ que même Louis XIV n’y reste pas insensible. Mais c’est l’archidiacre Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) qui sans le savoir, a promu cette dévotion avant même l’apparition.

Metz, 13 mars 1661. Le courrier vient d’arriver à la cathédrale. Bossuet ne peut s’empêcher de sourire en lisant la déclaration de Louis XIV. Le jeune roi n’a hérité des pleins pouvoirs de son royaume qu’à la mort du cardinal Mazarin il y a quelques jours. Et pour son premier acte en tant que souverain suprême, il décide de déclarer la saint Joseph, le 19 mars, jour chômé pour tous.

Toujours souriant, le jeune doyen de la cathédrale s’enfonce plus profondément dans le siège de son bureau et regarde le ciel dégagé. Saint Joseph ne perd pas de temps. Jamais dévotion n’eût été plus rapidement propagée dans le royaume de France. Cela ne fait même pas un an que le père terrestre du Christ est apparu à Cotignac.

C’était le 7 juin dernier. Un jeune berger nommé Gaspard gardait son troupeau sur la colline de Bessillon, à deux kilomètres du lieu d’apparition de la Vierge. Sa gourde était vide et il souffrait de la soif, alors il pria. Un vieillard sortit de nulle part s’approcha alors de lui.

– Soulève cette pierre, lui dit-il. Tu y trouveras une source.

La pierre en question semblait si large que trois hommes ne parviendraient pas à la faire bouger. Le vieillard insista. À sa grande surprise, Gaspard déplaça facilement la pierre et trouva la source. L’assoiffé se jeta à terre pour boire. Alors qu’il étanchait sa grande soif, l’homme se présenta sous le nom de Joseph. Lorsque Gaspard releva la tête, ce dernier avait disparu. Ce même jour, Louis XIV fit la connaissance de sa future épouse, Marie-Thérèse d’Autriche à Saint-Jean-de-Luz.


Jacques-Bénigne Bossuet

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Depuis août dernier, les malades affluent vers la source et y trouvent la guérison. Les habitants de Cotignac ont déjà construit une chapelle en guise de sanctuaire pour les pèlerins. La dévotion s’est répandue dans le royaume comme une traînée de poudre et même le roi participe à la propagation.

Bossuet se redresse et baisse les yeux sur les feuilles éparpillées devant lui. Il s’agit des deux panégyriques qu’il a composés en l’honneur de saint Joseph : Quæsivit sibi Deus virum juxta cor suum et Depositum Custodi.

Ces sermons font l’éloge des qualités du saint époux de la Vierge Marie. Du moins, ils tentent d’être dignes de celui qui fut protecteur du Christ enfant et gardien du secret de son mystère. Cet homme incomparable, si souvent effacé par la splendeur du Christ et de Marie, a pourtant tant à montrer aux hommes. Car il leur ressemble. Contrairement à son épouse, il n’est pas né sans péché. Il était petit parmi les hommes. Et pourtant, Dieu l’a choisi pour protéger Son fils.

Ces éloges, Bossuet les a prêchés le 19 mars 1657 devant l’assemblée des clergés de France et en 1659 devant la reine Anne d’Autriche. Mais jamais il n’aurait cru qu’à peine quelques années plus tard, saint Joseph se manifesterait dans le royaume.

Quelle fierté l’archidiacre a ressenti en apprenant cette visite divine ! Ce signe du ciel est la preuve qu’il ne s’est pas trompé en voulant encourager le culte de saint Joseph. C’est comme si le charpentier lui-même était venu l’encourager.

– Sans aucun doute, murmure Bossuet toujours souriant. Il n’y a pas de meilleur exemple pour les pères.

L’archidiacre saisit alors sa plume et une feuille vierge. La saint Joseph n’est plus loin, et la reine-mère souhaite l’entendre à nouveau faire cette éloge. Sans plus attendre, le futur évêque de Meaux se met à l’ouvrage.


Jacques-Bénigne Bossuet

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