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L’audacieuse décision de Bakhita qui la libéra de l’esclavage et la mena jusqu’à Dieu

Sainte Josephine Bakhita

© Public Domain

Sainte Josephine Bakhita

Aliénor Goudet - Publié le 07/02/21

L’histoire de Joséphine Bakhita (1869-1947), l’esclave soudanaise devenue sainte, a ému de nombreux chrétiens dans le monde. Après avoir été asservie pendant plus de dix ans, Bakhita s’est elle-même affranchie de ses chaînes pour pouvoir connaître le Christ.

Venise, 1889. Il est encore tôt à l’Institut des catéchumènes où résident les Filles de la charité canossiennes. Toutes les sœurs et les pensionnaires dorment encore. Enfin, presque toutes. Bakhita, elle, n’a pas fermé l’œil de la nuit. Avant même le petit matin, elle s’est rendue à la chapelle. Assise sur un banc de bois, elle fixe d’un regard perdu le crucifix au-dessus de l’hôtel.

Bakhita ne se souvient pas de la dernière fois où elle a pleuré. Ses larmes n’ont jamais servi à rien. Elles ne faisaient qu’attiser la colère et les châtiments de ses premiers maîtres. Ces mêmes châtiments qui lui ont fait oublier son vrai nom et sa langue maternelle. Mais si ses yeux se rappelaient comment pleurer, c’est une rivière qui leur échapperait.

C’est aujourd’hui que madame Michieli doit venir les chercher, elle et sa fille, Alice dite Mimmina, dont Bakhita est la nounou. Non que ses maîtres ne lui déplaisent. Ils sont avec elle bons et indulgents. Et elle s’est beaucoup attachée à Mimmina. Mais les Michieli ont pour projet de repartir en Afrique, là où personne ne connaît le Christ.


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Les sœurs ont été si généreuses de lui faire connaître le Très-Haut, la Vierge Marie et leur fils. Or Bakhita vient à peine de les rencontrer. Et voilà que déjà on veut l’emmener loin d’eux, vers une terre où elle ne pourra plus rien apprendre d’eux. Mais ici, le Christ la regarde avec des yeux doux et pleins d’amour. Il l’attend, elle en est sûre. Elle serre contre sa poitrine un petit crucifix d’argent, son bien le plus précieux et la seule chose qu’elle possède.

– Mon maître, si pour vous connaître il faut du courage, alors je serai courageuse, murmure-t-elle.

Sur ce, elle se lève pour retourner dans sa chambre et défaire ses bagages.

En début d’après-midi, madame Michieli arrive enfin. Cette dernière est surprise de trouver sa fille les larmes aux yeux. Elle demande alors des explications.

– Je vous remercie de m’avoir amené dans ce pays qui connaît Dieu, lui dit alors la jeune africaine. J’ai décidé de rester pour mieux le connaître. Mimmina et moi nous sommes dit au revoir. – Comment ça, rester ? Je n’ai pas de temps à perdre pour des plaisanteries de mauvais goût. Viens donc. Nous sommes pressées. – Non, madame. Je ne partirai pas.

Que c’est étrange de dire “je décide” après une vie de soumission. Bakhita tremble de l’intérieur, de peur qu’on ne l’emmène de force. Des souvenirs de chaînes et de coups envahissent son esprit. Mais la lumière qui l’appelle est plus forte. C’est là que sont la liberté et l’amour. Alors elle regarde droit dans les yeux madame Michieli qui s’empourpre de colère et exige que Bakhita la suive.

La mère supérieure et sœur Maria Fabretti viennent au secours de leur protégée, disant qu’elles ne peuvent refuser quelqu’un qui cherche Dieu. Furieuse, madame Michieli tourne les talons.

Pendant plusieurs mois, elle tente de faire intervenir ses relations pour faire valoir ses droits sur l’esclave et menace même les religieuses de prévenir la supérieure générale de la congrégation. En attendant, Bakhita poursuit son instruction religieuse, non sans angoisses.




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Son salut arrive enfin sous la forme d’un procureur le 29 novembre. Celui-ci libère officiellement la jeune soudanaise car elle est majeure et que l’esclavage n’existe pas en Italie.

Bakhita est baptisé le 9 janvier 1890 par l’évêque Domenico Agostino (1825-1891) et prend le nom de Joséphine. Sa confirmation et sa première communion sont faites en parallèle. Trois ans plus tard, elle rejoint la congrégation et prononce ses vœux le 8 décembre 1896, pour son plus grand bonheur. Elle peut désormais accomplir son vœu le plus cher : servir et prier Dieu de toute son âme.

Joséphine Bakhita rend l’âme le 8 février 1947, après une vie de service et de simplicité qui a touché les cœurs de tous ceux qui ont croisé la “madre moretta” (petite mère noire). Elle est canonisée à Rome par Jean Paul II le 1er octobre 2000 où le saint pape fait l’éloge de son exemple de miséricorde et de réconciliation. Sainte Joséphine Bakhita est aujourd’hui la patronne des chrétiens opprimés.


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