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L’année 2020 mérite-t-elle un Te Deum ?

© giulio napolitano- shutterstock

Te Deum célébré dans la basilique Saint-Pierre de Rome, le 31 décembre 2003.

Camille Dalmas - Publié le 30/12/20

Rituel de reconnaissance pour l’année écoulée, le Te Deum est sur le point de résonner à Rome. Mais, existe-t-il vraiment des raisons de rendre grâce pour l’annus horribilis 2020 ?

Chaque 31 décembre, à l’occasion de la célébration des premières vêpres de la fête de Sainte Marie Mère de Dieu, le Te Deum, hymne d’action de grâce pour l’année passée, retentit dans la basilique Saint-Pierre. Il résonnera plus fort encore cette année dans la nef de Carlo Maderno, désertée par les fidèles en raison des normes sanitaires. À première vue, il peut sembler difficile de montrer de la gratitude pour 2020, annus horribilis par bien des aspects. Mais, à y regarder de plus près, ce millésime amer mérite bel et bien son Te Deum.

Selon le mot de saint Augustin, « qui bien chante, deux fois prie ». À cet égard, l’hymne du Te Deum est la prière de grâce par excellence. Pendant des siècles, il a été entonné et joué pour saluer les grands événements : la naissance d’un prince, le couronnement d’un roi, la fin d’un conflit… et plus récemment l’élection d’un pape, comme en 2013, après celle du pape François.




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Selon la tradition, l’hymne aurait été entonné pour la première fois par saint Ambroise le jour du baptême de saint Augustin. Depuis, on le désigne souvent sous le nom d’hymne ambrosien. Plus probablement rédigé dans sa forme actuelle entre le Ve et VIe siècle par un évêque serbe, Nicetas de Remesiana, à partir de versions anciennes d’origine inconnues, il connaît un succès immédiat au sein du monachisme bénédictin, qui invite à le chanter chaque semaine aux vigiles du dimanche.

À partir du XIVe siècle, le Te Deum inspire les plus grands compositeurs de toute l’Europe : Festa et Allegri en Italie, Lully et Charpentier en France, Purcell et Haendel en Angleterre, Zelenka en République Tchèque, Bach et Mendelsohn en Allemagne, Haydn et Mozart en Autriche ou encore récemment l’Estonien Arvo Pärt. Si le sujet intéresse autant les musiciens, c’est qu’il laisse une place importante à l’expression de la magnificence divine. C’est bien la nature glorieuse que décrit l’hymne : « Dieu, nous te louons,/ Seigneur, nous T’acclamons,/Père éternel,/Toute la terre te vénère ».

Le morceau marque souvent un événement heureux

L’histoire de France se souvient du Te Deum entonné le 9 mai 1945 dans Notre-Dame de Paris. En Belgique, comme dans plusieurs pays d’Amérique latine, on le joue encore aujourd’hui à chaque fête nationale. Le morceau marque donc souvent un événement heureux. Dès lors, on peut s’étonner de voir que le Vatican ne mette pas « en berne » celui de la fin de l’année 2020. De fait, la pandémie, en plus des nombreuses victimes qu’elle a faite dans le monde, a plongé bien des pays dans le doute, mis en péril économique un nombre immense de foyers, a divisé et éloigné les individus les uns des autres, augmenté les tensions sociales. Et n’oublions pas la crise écologique. 2020 est une succession de calamités que tous veulent voir terminer (et qu’on n’en parle plus !).


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L’année 2020 est indéniablement une année de crise. Un terme qui, pourtant, n’est pas forcément négatif selon le pape François. Le temps de crise, expliquait-il le 21 décembre dernier à la Curie romaine, est aussi un temps de réforme, qu’il faut cesser de penser « comme une pièce sur un vieux vêtement », mais plutôt comme un « vêtement nouveau ». Il faut donc accepter la crise comme « un temps de grâce » pour mieux « comprendre la volonté de Dieu sur chacun de nous et pour toute l’Église », a-t-il expliqué.

Il faut trouver « le courage et l’humilité de dire à haute voix que le temps de la crise est un temps de l’Esprit », a insisté le chef de l’Église, car « les choses vont prendre une nouvelle tournure jaillie exclusivement de l’expérience d’une grâce cachée dans l’obscurité ». Elle est « ce tamis qui nettoie le grain de blé après la moisson ».

La crise peut aussi être un temps de bénédiction et de salut. Le 25 décembre dernier, le pontife demandait à Dieu de bénir « tous ceux qui ne se laissent pas écraser par les circonstances adverses mais qui agissent pour porter espérance, réconfort et aide en secourant ceux qui souffrent et en accompagnant ceux qui sont seuls ». L’année 2020 a été une année d’évangélisation et de don pour les « saints cachés », ceux qu’on ne remarque habituellement pas et que le pontife aime à appeler « les saints de la porte d’à côté ».

Dans la tourmente générale, 2020 a été une année où beaucoup ont pu trouver du réconfort dans le particulier, les « petites choses formidables », selon l’expression de l’essayiste britannique G.K. Chesterton, qu’on oublie trop d’apprécier quand tout va bien. La société a d’ailleurs montré de la gratitude à ceux qu’elle avait négligés — caissiers, infirmières, livreurs. Le Te Deum peut sonner pour toutes ces « grâces » qui abondent discrètement. Et ainsi, comme l’affirmait le chef de l’Église lors de son discours de Noël le 25 décembre dernier, en 2020, « la souffrance et le mal n’ont pas le dernier mot ».


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CoronavirusMusique
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