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L’inconnu de la crèche, l’Esprit Saint !

Nativité

© Gianni Dagli Orti / Aurimages

Nativité avec Saint Jean-Baptiste et Saint Romuald, galerie des Offices de Florence.

Jean-Michel Castaing - Publié le 24/12/20

À Noël, les chrétiens sont invités à prier l'Esprit saint afin de mieux entrer dans le mystère de l'Incarnation, et d'en recueillir toutes les grâces.

Pour les chrétiens, Jésus est le messie annoncé par l’Écriture sainte. Aussi sa venue parmi les hommes inaugure-t-elle la période messianique que tant de Juifs pieux attendaient avec ferveur. Cependant, à côté des prophéties qui faisaient référence à l’avènement d’un homme qui serait roi, prêtre ou prophète et qui assurerait le salut du peuple, existait une autre ligne de prédictions annonçant la venue en abondance de l’Esprit de Dieu pour cette ère messianique. D’ailleurs, selon ces prophéties, le messie attendu serait lui-même rempli de l’Esprit. N’est-ce pas ainsi que les chrétiens ont compris Jésus ? En accolant à son nom le terme de « Christ », la foi a confessé que le fils de Marie était indissociable de l’Esprit. 

En effet, christ signifie en grec « celui qui a reçu l’onction » (de l’Esprit). D’après Isaïe, l’Esprit reposerait sur le serviteur de Dieu à venir. Dans la synagogue de Nazareth, Jésus s’appropria cette prophétie au début de son ministère public (Lc 4, 16-21) : « L’esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs la délivrance, aux prisonniers la libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur » (Is 61, 1-2).

L’effusion attendue

Citons deux exemples de prophéties relatives à l’effusion de l’Esprit sur tout le peuple à l’ère messianique. Chez Joël d’abord : « Après cela, je répandrai mon esprit sur tout être de chair, vos fils et vos filles prophétiseront, vos anciens seront instruits par des songes et vos jeunes gens par des visions. Même sur les serviteurs et sur les servantes, je répandrai mon esprit en ces jours-là » (Jl 3, 1-2). Le jour de Pentecôte, saint Pierre reprendra cette prophétie en s’adressant au peuple de Jérusalem. Chez Ezékiel ensuite, qui annonce une effusion qui s’apparentera à une création nouvelle : « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. Je mettrai en vous mon esprit, je ferai que vous marchiez selon mes lois, que vous gardiez mes préceptes et leur soyez fidèles » (Ez 36, 26-27). 

En contemplant l’Enfant de la crèche, les chrétiens discernent en lui les deux autres Personnes de la Trinité, le Père et l’Esprit qui sont inséparables. 

L’attente de l’ère messianique par Israël était donc traversée par l’annonce d’une effusion de l’Esprit. La venue de Jésus a-t-elle tenu cette promesse ? Oui, parce qu’il donnera l’Esprit à l’Église une fois retourné au Père, le jour de la Pentecôte, après sa mort et sa résurrection. Mais alors, pourquoi prier l’Esprit à Noël, longtemps avant la célébration de la fête de Pâques dans l’année liturgique ? Pour au moins deux raisons. D’une part, afin de ne pas oublier que l’enfant qui naît à Bethléem a été conçu par l’Esprit dans le sein de la Vierge. Dès sa conception, il est oint par l’Esprit, troisième Personne de la Trinité, que le Père lui donne sans mesure (Jn 3, 34). D’autre part, cette onction de l’Esprit sur Jésus nous prépare à prendre conscience que tous les gestes qu’il posera durant son ministère public seront marqués eux aussi par l’Esprit. Jésus déclarera que c’est par l’Esprit qu’il expulse les démons (Mt 12, 28).




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L’Esprit saint, ou le mystère de l’amour

En contemplant l’Enfant de la crèche, les chrétiens discernent en lui les deux autres Personnes de la Trinité, le Père et l’Esprit qui sont inséparables. Cette précision n’est pas un luxe de théologiens. Si l’Enfant nous divinise dès son berceau, s’il nous rend enfants de Dieu, c’est précisément parce que le Père et l’Esprit sont présents en lui. Jésus ne sera d’ailleurs jamais seul durant sa mission terrestre : les deux autres Personnes divines l’accompagneront toujours. « Je ne suis pas seul : le Père est avec moi » dit-il à ses disciples la veille de sa Passion et avant qu’ils ne l’abandonnent (Jn 16, 32). Telle est une des caractéristiques de notre foi trinitaire. 

Aiguiser notre intelligence aimante avec l’Esprit saint

Quelle conséquence pouvons-nous tirer de cette présence trinitaire à Noël ? D’abord, n’attendons pas la Pentecôte pour prier l’Esprit saint ! Dès maintenant, n’hésitons pas à l’invoquer afin qu’il nous ouvre à l’intelligence de l’Incarnation et dilate nos cœurs de telle sorte que nous rendions grâce pour un tel don. Demandons également à l’Esprit d’augmenter en nous la capacité de désir et d’accueil de l’Enfant de la crèche. Ainsi, vidés de nos egos encombrants et lourds, nous laisserons toute la place en nous au Fils de la promesse qui comblera nos attentes bien au-delà de nos espoirs trop limités. Prions enfin l’Esprit divin de nous faire prendre la mesure de l’événement d’une portée infinie qui se déroule à Bethléem. Dans sa lumière, contemplons l’Enfant avec des yeux divins et élevons-nous de la sorte jusqu’à la compréhension de la dimension trinitaire de la naissance de Jésus. 

Notre foi gagnera en profondeur à vivre la grâce de Noël en compagnie de la troisième Personne de la Trinité

L’effusion de l’Esprit sur l’Église a déjà eu lieu il y a deux mille ans déjà. Comme l’avaient prédit les prophètes d’Israël, l’ère messianique a bien correspondu avec les venues conjointes du Messie et de l’Esprit. Depuis la révélation du mystère de la sainte Trinité, nous savons que l’on ne peut dissocier les « deux mains du Père », le Fils et l’Esprit. Aussi notre foi gagnera-t-elle en profondeur à vivre la grâce de Noël en compagnie de la troisième Personne de la Trinité, elle qui scrute les profondeurs de Dieu (1 Co 2, 10) et qui nous fera pénétrer dans l’intelligence aimante de l’incommensurable don que le Père nous fait de Son Fils dans l’Incarnation. « Nous avons reçu l’Esprit qui vient de Dieu pour connaître les dons gracieux que Dieu nous a faits » (1 Co, 2, 12). Et parmi ces derniers, Jésus est le plus grand !




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Tags:
crècheEsprit saintNoël
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