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États-Unis : une paroisse se mobilise pour sortir un de ses membres de prison

Bernardo Ramos

© Youna Rivallain

Youna Rivallain - publié le 22/11/20

À Knoxville dans le Tennessee, une paroisse s’est unie pour payer la caution d’un de ses membres, immigré mexicain, dont le visa malheureusement expiré l’avait reconduit à la frontière. Récit.

Dans ce quartier urbain de la périphérie de Knoxville, dans le Tennessee, la paroisse catholique du Saint-Esprit tranche avec le reste du paysage. Sa haute façade en pierre contraste avec les nouveaux bâtiments, parkings et terrains vagues environnants. Il faut dire que cette église, bâtie en 1908, est une des plus anciennes de la ville : une éternité, à l’échelle de l’histoire récente des États-Unis !

La communauté paroissiale reflète, quant à elle, le fameux melting pot américain : « C’est une vieille paroisse urbaine, rassemblant des familles hispaniques, afro-américaines, asiatiques, et une partie des fidèles fréquentent la messe en latin », détaille le père Bill McNeeley, curé de la paroisse. « Nous avons aussi une communauté du Nigeria et du Soudan qui parlent swahili ». Alors lorsqu’un des paroissiens s’est retrouvé en difficulté, cette Église universelle miniature s’est unie pour lui venir en aide.




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« Cette église, c’est ma famille », explique Bernardo Ramos, l’un des fidèles. S’il est là aujourd’hui, c’est en grande partie grâce aux paroissiens du Saint-Esprit. Originaire de l’État de Michoacán (Mexique), il vit aux États-Unis depuis 2003. Assis devant une assiette de tortillas dans un restaurant mexicain à l’est de Knoxville, il se souvient du jour où, tout à coup, tout s’est effondré. « En septembre dernier, je rentrais d’une réunion à l’église quand j’ai été arrêté par la police sur l’autoroute », raconte-il. Lorsque les forces de l’ordre lui demandent ses papiers, ils découvrent son visa expiré. « La seule chose à laquelle j’ai pensé, c’est mon fils de 9 ans, Ricardo, qui vit ici avec sa maman. »

« Je ne crains rien, car Dieu est à mes côtés »

Le jeune homme est envoyé en cellule, dans la prison locale de Loudon County. Puis à Knoxville, quelques kilomètres plus loin. Puis en Alabama. Et en Louisiane. Petit à petit, Bernardo se voit rapproché de la frontière. « La prison, c’était vraiment terrible. J’avais tout le temps faim. Mais la foi m’a aidé à tenir bon. Je ne crains rien, car Dieu est à mes côtés », raconte-il, ému. « Il y avait d’autres détenus qui, comme moi, étaient catholiques. En Louisiane, un prêtre venait nous parler de Dieu ». Avec ses compagnons de cellule, Bernardo témoigne également de sa foi.


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Au bout de quelques semaines derrière les barreaux, le juge prévient Bernardo qu’il peut sortir en attente de son procès… à une condition : réunir la somme de 12.000 dollars, caution pour sa libération. À quelques centaines de kilomètres, la communauté paroissiale du Saint-Esprit à Knoxville est mise au courant. Très vite, les membres s’activent, et notamment l’ordre des chevaliers de Colomb, ordre de bienfaisance auquel appartient Bernardo. Une collecte de fonds est organisée par la communauté hispanique. « Un paroissien m’a demandé s’il pouvait faire passer un panier de quête en plus pour aider Bernardo », explique le père Bill. En quelques jours, la somme est réunie. « Je suis rentré quelques jours avant Thanksgiving, et tous m’attendaient, se souvient l’ancien détenu, les larmes aux yeux. Mon petit garçon était là, mes amis de l’église… ».

Un chemin de foi

Cette expérience est venue renforcer le lien de Bernardo avec cette paroisse, véritable pilier dans sa vie aux États-Unis. C’est via cette église qu’il a vécu sa première expérience spirituelle, après une guérison miraculeuse de son fils, atteint de pneumonie lorsqu’il était petit. « Ricardo avait 3 ans, nous étions à l’hôpital avec sa maman et José Luis, un ami et paroissien du Saint-Esprit. Il était possible que mon fils meure », se souvient-il. Alors que la situation s’annonce critique, José Luis propose à Bernardo de faire baptiser son petit garçon. Le père de famille accepte. « On a fait venir un prêtre, et Ricardo a été baptisé dans sa chambre d’hôpital. » Quelques minutes plus tard, le le garçon part pour des examens… »Le médecin est revenu nous voir en disant que l’état de Ricardo s’était stabilisé. Pour moi c’est un miracle ! ».

À partir de ce jour-là, Bernardo décide de changer de vie et d’entamer un chemin dans la foi, à l’église du Saint-Esprit. En 2015, il y reçoit la première communion et la confirmation. « J’ai encore du chemin à faire avant d’obtenir la carte verte et de rester aux États-Unis. Mais je ne crains rien : Dieu a changé ma vie et il m’a sauvé plusieurs fois : Il est vraiment à mes côtés ! »




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