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Trois clés de guérison spirituelle contre la déprime

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Père Pierre Vivarès - Publié le 20/11/20

L’Église, experte en humanité, nous donne des clefs de guérison face aux blessures psychiques de plus en plus courantes.

Un Français sur cinq souffre en ce moment de troubles dépressifs, à tel point que le directeur général de la Santé lui-même, Jérôme Salomon, s’en est ému. 700.000 personnes de plus se sont vu prescrire des antidépresseurs au cours des derniers mois. Il n’était pas nécessaire de connaître ces chiffres pour s’en rendre compte. Les pasteurs que nous sommes reçoivent des personnes qui vont mal, ou pas bien, qui souffrent spirituellement et psychiquement. 

Il sera beaucoup plus difficile de comptabiliser les conséquences de ce brouillard de déprime qui s’est abattu sur notre société que le nombre de malades de la Covid-19. Nous voyons des personnes pleurer à la télévision d’avoir tout perdu ou de ne plus pouvoir travailler, des étudiants seuls qui tournent en rond dans leur studio, des personnes âgées isolées dans les maisons de retraite ou leur appartement. Et tout simplement des gens qui « ne vont pas bien ».

Le temps spirituel est un temps long

Un gouvernement n’a pas vocation à faire le bonheur des citoyens, lequel ne peut être qu’intérieur, mais à ne privilégier que la santé physique, on néglige la santé psychique et de même que la Covid-19 peut avoir des conséquences à long terme sur le corps, les blessures psychiques peuvent elles-aussi avoir des conséquences à long terme sur le cœur. Car le temps spirituel est un temps long. Il faut des mois voire des années pour accepter un deuil, pour se remettre d’une rupture amoureuse, d’une période de chômage ou d’une agression. 


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Ces lames de fond qui nous blessent le font durablement et la guérison intérieure est souvent une longue rééducation au bonheur. Il nous faut être conscients que nous aurons à nous remettre des blessures de cette crise lorsque nous en sortirons et « faire comme si » il ne s’était rien passé serait la pire des choses. Le déni n’apporte rien. L’Église est experte en humanité et nous donne des clefs de guérison face aux blessures vécues.

Oser la vérité

La première est certainement de s’examiner soi-même, en vérité, et d’oser nommer les choses. Même lorsque l’on est chanceux par rapport à d’autres (car le malheur des uns n’enlève pas le malheur des autres, même s’il est sans commune mesure) il faut se dire à soi-même ce qui ne va pas, ce qui nous blesse, ce qui nous fait mal. Écrire noir sur blanc les désirs impossibles à réaliser, les ruptures de vie quotidienne, les projets abandonnés et les peurs pour l’avenir nous permet de les mettre à distance et de ne pas nous confondre avec eux. Nous valons plus que tout cela car nous sommes créés à l’image de Dieu et promis à la vie éternelle. 

En se confessant, on peut dire et mettre à distance de soi ce qui n’est pas nous, à savoir notre péché et recevoir de Dieu une vie nouvelle

Cette lucidité et cette vérité nous permettent aussi de voir les conséquences concrètes dans notre vie à cause de ces blessures : repli sur soi, addictions, agressivités ou impatiences. Un examen de conscience (et non un examen d’accusation) nous permettra de ne pas déprimer et d’entrer dans un cercle vicieux de tristesses et d’angoisses à cause de nos fautes. Nous valons plus que nos péchés car Dieu nous a sauvés en son Fils Jésus et rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ. En se confessant, on peut dire et mettre à distance de soi ce qui n’est pas nous, à savoir notre péché et recevoir de Dieu une vie nouvelle. 

S’unifier dans la prière

Ensuite, nous pouvons nous recentrer et nous rassembler, unifier nos cœurs dans la prière car l’Esprit saint est le Consolateur, il « lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guérit ce qui est blessé. Il assouplit ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rend droit ce qui est faussé » (Veni Sancte Spiritus). Laissons l’Esprit faire son œuvre de guérison en nous : soyons dociles à son action et laissons-nous aimer par lui. 




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Créer de l’amour

Enfin nous pouvons examiner la dose d’amour quenous émettons dans notre journée car l’ocytocine nous manque ! Les gestes barrières, la distanciation sociale, l’interdiction des rassemblements, les masques, la fin des poignées de main et des embrassades nous privent de cette hormone secrétée naturellement et que l’on appelle l’hormone de l’amour. Mais elle peut être déclenchée par des gestes simples et quotidiens sur lesquels nous avons encore prise : dire des choses affectueuses, avoir des conversations agréables, embrasser plus ceux qu’on aime et avec lesquels nous vivons, avoir des relations harmonieuses, créer des ambiances chaleureuses, apaiser ou fuir les conflits. C’est à nous qu’il revient de créer un surcroît d’amour autour de nous, avec les quelques proches qu’il nous reste ou en se mettant en lien avec des personnes isolées. Plus nos cercles d’amitié, de travail, de vie sociale sont réduits, plus il nous faut manifester de l’amour à l’intérieur de ces cercles pour amenuiser cette carence en amour et donc en bien-être.

Ce n’est pas tant d’anxiolytiques dont nous avons besoin, même si parfois il peut être absolument nécessaire d’en prendre, c’est surtout d’amour donné et reçu. « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé », nous dit le Christ (Jn 13, 34) : c’est la première solution à la tristesse de ce monde.  




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Tags:
AmourCoronavirusPrière
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