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Travail et vie de famille : comment reprendre le contrôle de son agenda ?

maman travaille à la maison avec ses enfants

Yuganov Konstantin - shutterstock

Pascal et Mélina Oudot - Publié le 27/10/20

Quand le travail vous envahit, c’est la vie elle-même qui perd son sens et vous consume peu à peu. Tous deux universitaires, les auteurs de « Travail et vie de famille, une perspective chrétienne » (Artège) expliquent comment la maîtrise de son temps conditionne ses choix de vie.

Le manque d’ordre dans sa vie n’est jamais sans conséquence. Ses symptômes avant-coureurs sont facilement perceptibles : retour tardif en fin de journée, travail à finir le dimanche, tiraillement intérieur entre le moment de détente et le travail que l’on veut terminer… Ce travail, ce besoin de performance, ces attentes du boss, ces revenus espérés, attendus, ne remplaceront jamais la présence auprès de ceux qui ont besoin de nous et dont nous avons besoin. Paradoxalement, on aime plus spontanément son conjoint et ses enfants que son travail, mais on sacrifie plus facilement les premiers au second que l’inverse. 

Quand on ne sait plus où donner de la tête

Ces difficultés d’agenda, si elles concernent ceux qui travaillent à l’extérieur de la maison, concernent également, et souvent de façon plus insidieuse, ceux qui restent à la maison pour s’occuper du foyer, des enfants, du conjoint quand il rentre, et qui travaillent du matin au soir sans avoir eu une minute s’asseoir. Le rapport au travail est aussi mortifère que celui du conjoint qui rentre à point d’heure d’un travail réalisé à l’extérieur. Ainsi, la personne morcelée par la multiplication du « faire », fatiguée, épuisée à la tâche dans des rythmes toujours plus intenses, sans recul permettant de donner sens à ce qu’elle fait, se consume, son rapport à la vérité s’estompe. L’unité de la personne qui se réalise dans ses actes libres donne place à la division intérieure.




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Le confinement a été, pour beaucoup, un moment révélateur sur les priorités et le rapport famille/travail. Même si, souvent, il a été difficile de gérer simultanément les enfants à la maison et le télétravail, cette période particulière, imposée, du « restez chez soi », en supprimant les déplacements, en maintenant les personnes au domicile, a produit un face-à-face interrogeant les couples et les familles sur leurs choix de vie. La vie au travail conduit trop souvent à ne plus savoir où donner de la tête. 

Se poser les bonnes questions

Alors le nez dans le guidon, la suractivité sauvage qui nous asservit n’a qu’une bonne réponse : le temps d’une vie qui a du sens. Se poser les bonnes questions avant qu’il ne soit trop tard, revient certes à vivre la charité envers les autres, mais suppose nécessairement de commencer à la vivre envers soi-même. Pour dire stop au stress, à l’anxiété, il faut accepter de se donner un temps d’arrêt, quitte à réduire les besoins dont le manque de sobriété de nos sociétés de consommation a démesurément augmenté la liste. Il faut du courage pour oser faire la vérité sur sa vie, il faut aussi prendre le temps. Les mesures imposées du couvre-feu pourraient peut-être être mises à profit pour faire, chacun, un état des lieux.




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D’autres signes avant-coureur des difficultés en famille peuvent aider à voir clair sur les situations de nos vies parfois déséquilibrées : l’augmentation des disputes à la maison, le décrochage de l’actualité du quotidien de tel enfant, de tel autre, du conjoint, le degré de fatigue qui s’accentue, la mauvaise humeur, les énervements, le nombre d’unions conjugales qui diminue, la recherche de compensations… Il faut veiller à ne pas atteindre ce point de non-retour, des ruptures ou séparations, des burn-in ou burn-out professionnels.

« Oui, mais ! »

Oui, mais…On l’entend si bien cette petite voix, cette restriction mentale, oui mais…, si je ne donne pas autant au travail, un autre prendra ma place, chacun sait que le chômage augmente, que le contexte est celui d’une crise où les emplois se raréfient. Oui, mais…que va-t-on penser de moi si je ne donne pas la meilleure qualité à laquelle j’ai habitué mon entourage professionnel ? Oui mais… Ce Oui, mais…est un obstacle qu’il faut savoir repousser une fois pour toute. Vivre pleinement le présent suppose de vivre sans projeter des peurs, des préoccupations, des risques qui ne surviendront peut-être jamais. Vivre le présent, pour mettre un ordre qui permette l’épanouissement de nos proches, l’harmonie des familles, le travail à sa place. 

Comment s’arrêter ?

Nous savons ce que signifie se laisser submerger par mille activités. Chaque fois, nous nous sommes efforcés de faire halte pour revisiter nos choix, nos priorités. Nous avons rencontré de nombreux témoignages de familles, de couples d’âge différent, de pays différents, qui nous ont aidé à comprendre comment faire le point, à nous arrêter pour redécouvrir le quotidien de nos vies, pour se demander si la vie menée est celle que réellement nous souhaitions vivre, s’il n’était pas utile d’ajuster les circonstances de vie, et pour ce faire accepter de formuler en famille ce à quoi le quotidien fait imperceptiblement acquiescer, sans avoir pris la peine de délibérer ce qui a été consenti au fond de nous-mêmes.


Father; Son; Goodbye ; Work;

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Il n’y a aucun remède miracle, aucun modèle à suivre ou à plaquer, pour changer le rapport que nous établissons à notre travail. Il faut commencer par s’arrêter pour réfléchir sur le travail chronophage, sur la précarité professionnelle, sur les besoins et les attentes et la question latente du coût, de l’argent, du prix de nos vies dans nos vies professionnelles. Peut-être est-ce le meilleur moyen pour découvrir le graal, ce qui un jour a résonné au fond de nos cœurs et que les mauvaises herbes d’une vie délaissée étaient en train d’étouffer ?

travail et famille

Travail et vie de famille, Une perspective chrétienne, par Pascal et Mélina Oudot, Ed. Artège 2020.

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