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L’homme mort est-il un être vivant comme les autres ?

pierre tombale

vyasphoto - shutterstock

Christine Mansilla - Gènéthique - Publié le 22/10/20

L’urgence écologique s’étend partout, jusque dans la mort de l’homme qui devient aussi un enjeu. Au risque d’en oublier sa dignité propre.

Sébastien est en fin de vie. Dans ses dernières volontés, il exprime vouloir avoir être enterré avec « le moins d’impact négatif possible sur l’environnement et respecter la vie ». Il souhaite « en mourant, régénér[er] le vivant ». À Niort, le nouveau cimetière de Souché se veut écologique en supprimant les fleurs artificielles, les pierres tombales en marbre et les caveaux en béton. Dans ce cimetière qui se conçoit comme une référence, tout est repensé « pour réduire au maximum l’empreinte écologique de l’inhumation » comme le souligne la municipalité. Jusque dans la mort, l’empreinte carbone devient un critère de citoyenneté.

Jusque dans la mort, l’empreinte carbone devient un critère de citoyenneté.

Mais Sébastien voudrait aller plus loin et recourir à l’« humusation », il veut faire « don de son corps à la terre » en ayant recours à une sorte de « compostage humain ». Si la pratique est interdite en France à ce jour, elle est possible aux États-Unis. L’État de Washington est devenu le premier État à autoriser ce type de « sépulture ». Une pratique qui considère le corps « comme un produit écologique, un nutriment, une ressource », selon Philip Olson, professeur à Virginia Tech et spécialiste des pratiques funéraires.

Une écologie inhumaine ?

L’homme peut-il se réduire à si peu ? N’est-il pas un produit pas toujours bio car parfois issu de l’industrie de la procréation, une empreinte carbone à minimiser pour le bien de la planète, une étape dans le cycle de la vie ? Ou bien occupe-t-il une place à part parmi les êtres vivants ? Une place qui lui confère sa dignité, mais aussi sa très grande responsabilité vis-à-vis de la nature ? Aristote qui conférait un principe d’animation au vivant, parlait de hiérarchie des espèces. Des mots qui font sursauter aujourd’hui. Quand le changement climatique inspire une préoccupation bien légitime, et dans un contexte de crise sanitaire internationale où l’animal et l’homme sont mis en cause, il est temps de prendre conscience que la protection de la nature ne se fera pas sans l’homme. Ni contre lui. 




Lire aussi :
Comment l’Église précède le mouvement écologique

Pour aller plus loin : www.genethique.org

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