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À la maison de Madeleine Delbrêl, "la porte vous est ouverte"

Agnès Pinard Legry I Aleteia

La maison Madeleine Delbrêl, Ivre-sur-Seine (Val-de-Marne).

Agnès Pinard Legry - Publié le 17/10/20

Inaugurée ce samedi 17 octobre après quatre ans de travaux et de réflexion, la maison de Madeleine Delbrêl, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), est un lieu où chacun se sent bien, chez lui. Lieu de mémoire sans être un musée, sa maison est avant tout un lieu d’actualité de l’Évangile "où la porte est ouverte, la main tendue à tous et qui sent bon l’odeur de café."

Malgré le ciel pluvieux de ce début de mois d’octobre, on l’imagine fort bien une gitane aux lèvres, le regard posé sur les rosiers de son jardin du 11 rue Raspail, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), tandis que ses pensées s’évadent vers l’Invisible. C’est dans cette maison toute simple que Madeleine Delbrêl, assistante sociale, poétesse et mystique, s’est installée en 1935 et a vécu jusqu’à sa mort, en 1964. Accessible au public dès ce samedi 17 octobre après quatre années de travaux, elle est une invitation adressée à chacun à pousser la porte, que ce soit pour un échange, un temps de silence ou une bonne tasse de café, et de marcher dans ses pas.

Jacques Faujour/AAMD
Madeleine Delbrêl.

Car c’est une sacrée figure que celle de Madeleine Delbêl ! Athée dans sa jeunesse, elle se converti à la foi catholique à l’âge de 20 ans peu après que le garçon qu’elle fréquente lui annonce qu’il envisage d’entrer dans les Ordres. Elle se rend pendant plusieurs années la paroisse saint-Dominique, dans le XIVe arrondissement et obtient dans le même temps son diplôme d’infirmière et d’assistante sociale. En octobre 1933, à la demande du curé d’Ivry, elle prend en charge avec deux amies, Suzanne Lacloche et Hélène Manuel, un centre social paroissial aménagé dans un quartier de la ville. Deux ans plus tard, en 1935, elle pose définitivement ses valises au 11 rue Raspail. De là elle va progressivement prendre des responsabilités au sein de l’action sociale de la ville et du département.

Pour comprendre pleinement son action, il est important de la contextualiser dans son époque. Lors de son installation à Ivry-sur-Seine, la ville était un des centres symbolique, politique et sociale des banlieues ouvrières. À l’image des prêtres-ouvriers, elle n’a cessé d’annoncer l’Évangile en se mettant au service des plus démunis et en s’intégrant pleinement à la vie sociale de la ville. Sa maison était aussi bien un lieu d’accueil pour les personnes qui en éprouvaient le besoin qu’un espace de dialogue, de rencontre au cœur de l’espace urbain. Jusqu’à sa mort en 1964, elle témoigne de sa foi chrétienne dans un dialogue constant avec ses amis communistes et par les nombreux écrits qui participeront à faire vivre sa mémoire.

C’est cet esprit-là qui habite encore aujourd’hui, le 11 rue Raspail. Lieu de mémoire de Madeleine Delbrêl, dont le pape François a reconnu les vertus héroïques en 2018 faisant ainsi d’elle une vénérable, première étape sur la voie de la canonisation, sa maison est restée la même au rez-de-chaussée et se visite tandis qu’un couple Jean-Christophe et Marie-Noëlle Brelle, activement engagée dans la vie de l’Église ivryenne grâce à la Mission de France a élu domicile au premier étage afin d’assurer une présence permanente et faire vivre ce lieu unique.

Jacques Faujour/AAMD
La table autour de laquelle Madeleine Delbrêl travaillait avec ses équipières.

Derrière la maison, le jardin abrite des rosiers baptisés du nom de la vénérable ainsi que des carrés de jardin potager qui seront cultivés par des écoles et associations de la ville. Des tonnelles ont également été installées afin de permettre à ceux qui le désirent de faire des haltes méditatives en découvrant des photos, des écrits et des enregistrements audios. Au fond du jardin, l’atelier Ibery, nom choisi pour rendre hommage aux réfugiés espagnols victimes de la dictature franquiste au retour de leur déportation qui ont vécu dans ce bâtiment, abrite désormais la boutique, une salle de conférences et le siège de l’association des Amis de Madeleine Delbrêl. Outre le souvenir de Madeleine Delbrêl et la volonté d’incarner la continuité de son action, cette maison est aussi le fruit d’un partenariat insolite entre le diocèse de Créteil et la mairie – communiste – de la ville. Près de 60 ans après sa mort, Madeleine Delbrêl témoigne ainsi une nouvelle fois de sa volonté si chère à son cœur d’aller aux périphéries.

Découvrez la maison de Madeleine Delbrêl :

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