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À la table du Seigneur, nous sommes tous et toujours invités

Jeune femme priant

Pascal Deloche / Godong

Fr. Jean-Thomas de Beauregard, op - Publié le 10/10/20

« Beaucoup sont appelés près de Dieu, mais peu sont élus », dit la parabole des invités à la noce. Ce constat peut faire peur, mais l’Évangile précise que Dieu ne cesse de nous inviter, malgré nos faiblesses. Pour être reçu à la table du Seigneur, il faut seulement accepter de purifier son vêtement intérieur.

La parabole des invités à la noce qui nous est proposée comme Évangile du dimanche cette semaine se conclut de manière inquiétante : « Beaucoup sont appelés, mais peu sont élus » (Mt 22, 1-14). Sur le fondement de ce verset, on a parfois la tentation de se livrer à une macabre comptabilité : quelle sera la proportion des élus par rapport au nombre des réprouvés ? Et puisque l’Évangile semble nous y inciter, on affirme alors que c’est la masse qui est damnée, tandis qu’un petit nombre seulement est sauvé.

Mais quitte à raisonner ainsi, il faudrait tenir compte de tout l’Évangile et de tout le reste de l’Écriture. Le tableau serait alors plus contrasté. À s’en tenir au passage d’Isaïe qui nous est proposé en 1ère lecture de ce dimanche (Is 25, 6-10a), il y a un élargissement de la perspective : le festin des noces éternelles est destiné à « tous les peuples », la mort disparaîtra pour « toutes les nations », et Dieu essuiera les larmes de « tous les visages ». Le pronom « tous » est répété par trois fois. Voilà une bonne nouvelle ! Et dans l’Évangile, dans cette fameuse parabole des invités à la noce, c’est le verbe « appeler » qui est répété à cinq reprises.


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Dieu appelle tous les hommes, sans exception

S’il faut interpréter cette arithmétique divine, cela signifie qu’avant de s’intéresser au nombre respectif des élus et des réprouvés, il faut retenir que Dieu appelle, à chaque instant, et qu’il appelle tous les hommes, sans exception. C’est l’enseignement de saint Paul : « Dieu notre Sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2, 4) repris par le concile Vatican II dans la constitution dogmatique Lumen gentium. Autrement dit, Dieu, dans son dessein bienveillant, veut associer tous les hommes à sa vie divine et donne à chacun les grâces pour y parvenir. Et pourtant… Il y a des hommes qui se damnent. Il faut revenir ici à la parabole des invités à la noce. Le roi invite très largement aux noces de son fils, et envoie pour cela ses serviteurs. Le mode d’invitation est précis : le roi envoie ses serviteurs à chacun de ses amis pour leur faire part de son invitation. Autrement dit, l’appel à entrer dans le Royaume de Dieu est universel, mais éminemment personnel : chacun reçoit son appel particulier, souvent médiatisé par des hommes. C’est que l’amour est toujours personnel, et c’est d’abord d’amour qu’il s’agit dans cette histoire !




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Dans la parabole, les premiers invités ont tous de bons prétextes pour ne pas se rendre aux noces : l’un a son commerce, l’autre son champ. C’est le devoir d’état, et puis il faut bien nourrir notre famille ! On trouve toujours de bons prétextes pour passer notre tour lorsqu’on est invité aux noces de l’Agneau (la messe, l’oraison, etc.) Mais il nous revient de hiérarchiser nos priorités en fonction de la valeur véritable de nos activités. À ce compte-là, et pour peu qu’on soit lucide, c’est toujours Dieu qui gagne !

Nous sommes toujours invités

Lorsque la deuxième fournée d’invités arrive, qui transforme la merveilleuse salle des noces en improbable cour des miracles, il est précisé que le roi entre « pour examiner les convives ». Il y a donc un jugement, un examen qui pour être bienveillant n’en est pas moins réel. Le roi examine les invités avant de les laisser entrer. Or parmi les invités de la parabole, il y en a un qui s’est faufilé sans avoir le vêtement de noce. Il se fait réprimander par le roi, qui le jette dehors. La scène est intéressante : alors que l’invité est visiblement dans son tort, le roi l’appelle d’abord « mon ami », et lui pose une question ouverte : « Comment es-tu entré ici sans avoir le vêtement de noce ? » Mais l’invité garde le silence, ne répond pas. C’est seulement ensuite que le roi le fait jeter dehors. Autrement dit, Dieu ne cesse jamais de nous proposer son amitié, même aux plus mauvais d’entre nous et jusque dans la profondeur de notre péché. L’invitation est toujours là, l’amitié est toujours proposée. Mais elle attend une réponse. Et il est possible de ne pas répondre, de refuser. L’amour n’est pas toujours payé de retour, et ne peut pas être forcé.

Le vêtement intérieur…

L’image du vêtement de noce ne doit pas tromper. Ce qui est requis pour participer au festin des noces de l’Agneau n’est pas une simple apparence extérieure. Le vêtement de noce est au contraire ce qu’il y a de plus profond et de plus personnel : c’est toute notre vie en tant qu’elle est orientée vers Dieu ou non, en tant que nos actes se conforment à cette orientation ou non. Il s’agit bien, par toute notre vie terrestre, alors que nous y sommes entrés nus, de tisser le vêtement de charité véritable qui nous servira à entrer dans la vie éternelle dans le Royaume.


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À la vérité, dans cet atelier de tissage qu’est notre vie, c’est Dieu qui tisse notre vêtement de manière décisive. Mais nous avons deux possibilités : ou bien nous coopérons à la confection de ce vêtement de lumière, ou bien telle la Pénélope de L’Odyssée qui serait enrôlée par Satan, nous défaisons chaque nuit ce que Dieu a tissé le jour ; nous défaisons dans la nuit de notre péché ce que Dieu a tissé pour nous et avec nous au grand jour de sa grâce. Force est de reconnaître que nous oscillons sans cesse entre ces deux attitudes.

… lavé dans le sang de l’Agneau

Mais il y a un motif d’espérance. Le vêtement de noce que nous tissons par toute notre vie, et qui risque à chaque instant d’être sali et abîmé par notre péché, voilà que l’Apocalypse nous apprend qu’il doit être lavé dans le sang de l’Agneau. La robe des élus — qui est blanche, ce que les dominicains savent fort bien — peut être sale, mais elle resplendira de blancheur si elle accepte d’être lavée dans le sang de l’Agneau. C’est la miséricorde infinie de Dieu, qui doit bannir toute crainte, tout en n’oubliant pas que pour être éclaboussé par le sang de l’Agneau, il faut le suivre au plus proche jusqu’à son immolation sur la Croix.

Dans l’Église, nous avons tout pour tisser une tenue de noce à faire pâlir de jalousie les plus grands couturiers : l’Évangile, les sacrements, la succession apostolique, les saints et les docteurs…

Dans l’Église, nous avons tout pour tisser une tenue de noce à faire pâlir de jalousie les plus grands couturiers : l’Évangile, les sacrements, la succession apostolique, les saints et les docteurs, etc. Mais encore faut-il faire un usage adéquat de ces trésors ! Si tout cela n’est pas assumé dans une vie de charité, alors nous sommes perdus. C’est la charité qui est le fil invisible dont notre vêtement doit être tissé, et qui relie les pièces parfois un peu disparates dont notre vie est faite. Sans la charité, le vêtement pourra être apparemment splendide, il ne sera qu’une guenille. La parabole des invités de la noce doit donc nous faire méditer sur le sérieux de notre vie chrétienne. Elle ne doit pas provoquer en nous une angoisse paralysante, mais un enthousiasme pour l’aventure de la sainteté. Et cette certitude doit nous habiter, qu’un de mes frères dominicains formulait ainsi : il y a de la place pour chacun dans le cœur de Dieu, mais y a-t-il de la place pour Dieu dans le cœur de chacun ?


MATKA Z CÓRKĄ

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