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Se reconnaître fils avant de se découvrir frères

ALAIN PINOGES | SSVP

La Société Saint Vincent de Paul organise des maraudes auprès des sans-abris dans toute la France.

Mgr Benoist de Sinety - Publié le 04/10/20

Si la tentation de la division et des oppositions entre les hommes est vieille comme le monde, tous les hommes aspirent cependant à la fraternité. Car au fond de leur cœur, ils se savent enfants d’un même Père.

À l’heure où ces lignes sont écrites, rien n’a encore filtré de l’encyclique qui doit paraître en ce dimanche 4 octobre et qui traite, murmure-t-on, de la fraternité. Il n’est donc pas question ici de donner commentaire d’un texte encore inconnu. Mais puisque la fraternité n’est pas chose nouvelle, pourquoi ne pas s’y arrêter un instant et méditer ensemble ?

La plaie des oppositions

Notre humanité est traversée par bien des clivages. Il y a celui, co-éternel à la sortie du jardin des origines, entre l’homme et la femme. Et un deuxième, plus chronologique, qui distingue l’adulte et l’enfant. Un autre, sans doute pas le dernier mais d’importance, oppose l’homme noir et l’homme blanc. Nous le voyons, pas un jour ne se passe sans que ces clivages ne se traduisent en violences et en tensions, entre l’homme et la femme, entre les générations, entre les cultures. Il n’est pas question ici de revenir sur les origines ou sur les responsabilités : simplement d’en faire le constat. Notre société est malade de ces violences qui opposent les sexes. Elle est déchirée par la défiance des plus jeunes envers leurs aînés et par l’inquiétude, ravivée par le virus, que les adultes plus âgés éprouvent devant les jeunes gens. Elle est mortellement blessée par la peur qu’engendre une histoire jamais réglée entre Noirs et Blancs.

« De tous les cœurs exultent cette aspiration à un monde plus fraternel. »

Et c’est à qui insistera le plus pour raviver les plaies pour en exposer les blessures et y verser l’alcool fort de la victimisation, de la jalousie, de la peur, en un mot, de la haine.

Le sens de nos clochers, au cœur de nos quartiers

La tentation est forte pour l’observateur, de se replier dans sa grotte, de courber l’échine, désolé de ne pouvoir rien changer aux désordres de ce monde. Et pourtant, de tous les cœurs exultent cette aspiration à un monde plus fraternel, comme un rêve de pouvoir en toute simplicité reconnaître en chacun un frère plutôt qu’un obstacle ou un danger.




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S’il est bien un lieu aujourd’hui où ces aspirants à la fraternité devraient entrer sans crainte, c’est bien celui que désigne les clochers dressés au cœur de nos quartiers comme de nos villages. L’Église, et d’une manière particulière chaque dimanche, rassemble des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, de toutes races, langues, peuples et nations. Non parce qu’ils sont meilleurs que les autres mais parce que le Christ les a choisis pour les enseigner de sa parole, les nourrir de sa présence, et les envoyer dans le monde y porter témoignage de l’indéfectible amour d’un Dieu qui reconnaît en chaque être humain son enfant.

Se reconnaître fils

Car, pour se découvrir frère, il faut d’abord se reconnaître fils. C’est le témoignage de la Communauté baptisée que de pouvoir annoncer au monde cette bonne nouvelle : « Dieu est notre Père ! » Sans aucune exclusive, sans aucune exclusion. La radicalité de l’Évangile se manifeste dans cette identité commune à tous les hommes et que les chrétiens ont la charge de révéler en aimant comme le Christ nous l’enseigne pour peu que nous lui prêtions l’oreille.

Il y a longtemps que je me dis, sans aucune insolence, que la devise de notre République devrait être inversée. Non dans ses principes mais dans la chronologie de ses commandements. Car il n’y a pas de liberté ni d’égalité véritables si elles ne reposent sur l’affirmation claire, nette et sans discussion possible d’une fraternité. Faute de quoi la liberté ne conduit qu’à l’impasse de l’individualisme et l’égalité à la rivalité. Mais sans doute avons-nous encore collectivement un long chemin à parcourir avant de l’accepter. À moins que la prière du Pauvre d’Assise et les paroles du Pape ne donnent à l’Évangile en ces temps qui sont les nôtres une parole d’actualité qui nous réconcilie.


Joueur d'echec

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Tags:
EncycliqueFratelli tuttifraternite
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