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Pourquoi est-il nécessaire de jeter un œil sur les manuels scolaires de son enfant ?

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Mathilde de Robien - Publié le 02/10/20

Les manuels scolaires ne sont pas égaux dans leur manière de répondre au souci d’objectivité et de diversité de points de vue préconisé par l’Education Nationale. Il revient donc aux parents d’être vigilants sur la façon dont y sont présentées les questions humaines et sociétales, afin d’apporter un éventuel éclairage complémentaire.

L’année scolaire est désormais bien entamée et vous avez sans doute méticuleusement recouvert d’un film transparent les manuels scolaires de vos enfants. En avez-vous profité pour jeter un œil sur ce qu’ils contiennent ? Une curiosité qui est loin d’être superflue, notamment envers les livres de Sciences et Vie de la Terre, langues vivantes et Enseignement moral et civique. Des disciplines qui abordent, selon les niveaux, des problématiques humaines et sociétales telles que la reproduction humaine, la contraception, l’avortement, les revendications LGBT, les stéréotypes de genre… Des sujets présentés de manière plus ou moins objective selon les éditeurs. En effet, le choix des mots, des photos, des consignes, des textes, peut révéler des opinions tranchées ou des partis pris sur des sujets qui pourtant prêtent à réflexion et invitent à un certain recul.

Des contenus parfois loin d’être anodins

Donnons quelques exemples. Le livre d’espagnol Pura Vida, niveau Terminale (Editions Maison des Langues), intitule le troisième chapitre « Salir del armario », que l’on peut traduire par « faire son coming-out », accompagné du sous-titre: « La communauté LGBT+ en Espagne, acceptation ou rejet? ». Les textes et les exercices ont tous trait à l’homosexualité, la transsexualité et la discrimination, avant de se clore par des sujets de « bac en autonomie », avec, entre autres, cet exercice d’expression écrite : « Le maire de Madrid décide d’écrire un discours sur sa décision d’arborer le drapeau arc-en-ciel sur le balcon de la mairie. Rédige son discours dans lequel il justifie sa décision de présenter l’importance de la visibilité de la communauté LGBT+. » Il est donc expressément demandé à un jeune de 17-18 ans de produire un texte prenant fait et cause pour la défense des droits LGBT, sous peine d’être taxé d’homophobe. Au-delà de la manipulation, c’est une atteinte à la liberté de conscience.

Maison des Langues
Pura Vida

Quant à l’idéologie du genre, peu de manuels de SVT y échappent. Dans le livre de Seconde chez Hatier, on peut lire que « l’identité sexuelle, c’est le fait de se sentir un homme, une femme, ni l’un ni l’autre ou les deux. » Chez Hachette, « l’identité sexuée ou sexuelle est une construction personnelle, qui évolue au cours de la vie ». Chez Belin (photo ci-dessous), l’identité sexuelle est une « perception » fluctuante selon le moment : « la perception de ce qu’est une femme ou un homme dans une société et à un moment donné ». Une quasi-invitation à changer de sexe. Le genre et la sexualité sont également largement abordés dans les manuels d’enseignement moral et civique (EMC). Des propos qui sont loin d’être anodins, d’autant plus lorsqu’ils sont adressés à des adolescents en quête de sens. Selon Esther Pivet, coordinatrice du collectif VigiGender et auteur d’une Enquête sur la théorie du genre (Artège), cette conception de l’égalité vise à nier la différence et la complémentarité entre l’homme et la femme.

Belin
SVT, 2nde


KIDS,OVERLOOK,CITY

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Pourtant, l’Education Nationale invite à « sortir de l’univoque »

Les grandes maisons d’édition respectent globalement une certaine déontologie dans la présentation des questions de société. En revanche, les plus petites maisons ne font pas toujours dans la demi-mesure et peuvent tendre vers plus de militantisme. Pourtant, les recommandations de l’Education Nationale invitent les enseignants et de surcroit les éditeurs à « éviter le manichéisme et sortir de l’univoque ». Dans ses consignes concernant « l’entrée culturelle dans les programmes de langues vivantes eu lycée », le ministère souligne : « Il est important de montrer que l’argumentation, la discussion, l’échange ne se limitent pas à la binarité (bien/mal, pour/contre, vrai/faux) ». Et plus loin : « Un ensemble de documents sur un même sujet doit être pensé sur la base de regards complémentaires ». Une complémentarité qui fait parfois défaut dans les manuels, mais qui peut être apportée par les parents, à condition d’en feuilleter les pages de temps à autre.

De l’intérêt de dialoguer avec son enfant

Sans compter que l’enseignant a également un rôle dans la manière dont il présente les choses et dans le choix des documents qu’il met sous les yeux de ses élèves. « Même s’il y a des inspections, le métier de professeur reste relativement indépendant », reconnaît Claire, 35 ans, enseignante d’histoire-géographie. « On tente de viser l’objectivité, mais la vraie objectivité, cela n’existe pas ». D’où la nécessité, selon elle, de faire parler son enfant, de jeter un coup d’œil sur les manuels, afin de pouvoir entamer le dialogue, inviter à poser un regard critique, appréhender la manière dont son enfant interprète les informations. L’occasion aussi d’apporter un éclairage personnel selon des valeurs ou des convictions qui vous sont chères, en particulier sur des sujets qui viennent interroger un adolescent en pleine construction de sa personnalité.


BACK TO SCHOOL

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Philippe Barbet, membre du Conseil d’administration de la Confédération Nationale des Associations Familiales Catholiques (CNAFC) et responsable du secteur Education, invite les parents à une vigilance particulière envers les sujets traités de manière univoque dans certains manuels scolaires. La première réaction d’un parent, détaille-t-il à Aleteia, est de discerner, en dialoguant avec son enfant, où ce dernier se situe par rapport à l’information reçue. Si le sujet est litigieux, il est tout à fait légitime, selon lui, de prendre rendez-vous avec l’enseignant concerné voire le directeur d’établissement, idéalement avec l’appui d’une association de parents d’élèves ou d’autres parents, pour manifester sa surprise ou son désaccord.

Le livre scolaire
Histoire-Géographie, 2nde

Si l’enfant est scolarisé dans un établissement privé, Philippe Barbet en appelle à la liberté de conscience et au respect de la spécificité de l’enseignement catholique pour dénoncer l’usage d’un manuel dont le contenu serait contraire à l’enseignement de l’Eglise, bien que, rappelle-t-il, les programmes dans les écoles sous contrat sont fixés par l’Education Nationale et la marge de manœuvre des enseignants et chefs d’établissement reste parfois étroite. Dans les cas graves, il est possible de saisir la Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique et l’Evêque. « En ce qui concerne l’éducation sexuelle par exemple, les parents, en tant que premiers éducateurs, ont leur mot à dire », souligne-t-il, « quitte à demander une dispense lorsque l’enseignement heurte fondamentalement leurs conceptions éducatives, notamment par rapport à la conception chrétienne de l’amour. »

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