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Tribunes

Louper sa rentrée quand on est prof... en trois leçons

DAMIEN MEYER / AFP

Jeanne Larghero - Publié le 27/09/20

Trois idées reçues dans la salle des profs, à redresser pour s’assurer la réussite et le bonheur de ses élèves. 

Avouons-le, il suffit d’avoir planté une fois les tulipes à l’envers (oui, oui, c’est possible, les bulbes ont un sens mais la nature n’a pas cru bon de coller dessus « haut » et « bas » comme sur les cartons d’emballage), pour comprendre à vie, à tout jamais, comment s’y prendre pour espérer avoir des fleurs un jour ou l’autre. En éducation, c’est pareil, faisons donc profiter à tous ceux qui en ce moment entrent dans les classes le cœur plein d’espoir de voir fleurir un jour respect, amour de la connaissance et sens du travail derrière chaque bureau, faisons-leur profiter des expériences ratées de tous ceux qui ne se sont pas contentés de planter les tulipes à l’envers…

On est en classe pour tra-vail-ler !

C’est bien vrai. Voilà donc un mantra qui fonctionne très bien, en principe, et surtout dans l’esprit de tout professeur consciencieux. Mais, enquête faite, il semblerait que l’élève lambda aille à l’école, collège ou lycée pour toute autre chose. En vrac : échanger sur le dernier épisode de Black Mirror ou Hunter, savoir si Gudule va sortir avec qui-on-sait, fabriquer de la pâte à papier avec les derniers formulaires de la cantine, bref, ce n’est pas parce qu’on vit au même endroit qu’on est forcément là pour la même chose.

« Intéressez-vous à ce qu’ils aiment, et ils aimeront ce qui vous intéresse », voilà ce que recommandait saint Jean Bosco à ses éducateurs.

Remettre la tulipe dans le bon sens consistera tout bêtement à oser s’intéresser à ce qu’ils bidouillent en dehors de la classe : « Intéressez-vous à ce qu’ils aiment, et ils aimeront ce qui vous intéresse », voilà ce que recommandait saint Jean Bosco à ses éducateurs. Cela ne nous oblige pas à passer nos soirées devant Hunter, mais nous engage à sortir aussi des murs de la classe, de la salle des professeurs, à oser lancer les jeux lors d’une sortie de classe plutôt que de rester assis à l’avant du car, à ne pas traverser la cantine sans demander à l’un s’il a aimé le déjeuner du jour, ou à l’autre s’il n’est pas trop déçu des résultats du PSG… 

On n’est pas là pour les aimer !

Un grand classique. Le top du top dans l’inconscient collectif, et parfois même fièrement revendiqué. Autant planter sa tulipe à cinquante centimètres de profondeur, là où les rayons du soleil ne viendront jamais la réchauffer : même à l’endroit, elle continuera de dormir de longues années. Et pour nous, c’est pareil : quand on sent que quelqu’un (qu’on côtoie tous les jours) est totalement indifférent à ce qui nous touche, on s’enferme, et on s’implique le moins possible.


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Que veut dire aimer ? Avoir à cœur le bien de quelqu’un, faire de son intérêt objectif notre souci, être concerné par sa réussite. Par conséquent, s’assurer le respect et l’implication des garçons et filles qui peuplent les classes commence par les confier, un à un, à Celui qui a cru bon les mettre sur notre chemin, et qui les aime en tout premier. Il nous aidera, soyons-en convaincus, à percevoir un peu mieux ce qui est bon pour eux. Et à retenir au passage le prénom de tout le monde !

Si je devais me rappeler le prénom de tout le monde !

Alors voilà : enregistrer les prénoms de dizaines et dizaines de jeunes, dont en ce moment on ne voit que les yeux, encore un exercice qui ne figurait pas au programme du concours « devenir enseignant, un métier d’avenir ». Mais curieusement on a peu d’avenir dans le métier lorsqu’on est contraint de crier du matin au soir : « Toi là-bas ! Euh non pas toi, Toi ! Mais pas lui, l’autre !!! Oui, ben tais-toi ! Et toi aussi au passage… ». Les tactiques de mémorisation ne manquent pas : apprendre les trombinoscopes par cœur, se faire passer soi-même en interrogation orale de prénom en classe (les jeunes n’en reviennent pas, puis en redemandent), photographier mentalement leur place dans la classe… Mais encore et surtout, invoquer Celui qui depuis toute éternité a inscrit leurs prénoms dans les cieux (Lc 10, 17-24) : preuve que chacun compte, preuve que ce qui vient de Dieu est fait pour y revenir, et preuve de la confiance incroyable qu’il porte à tout éducateur, à tout parent, en leur remettant pour quelques années ceux dont il a gravé les noms « dans les paumes de ses mains » (Is 49, 16).


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