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Marie et son Fils font une nouvelle entrée au Louvre

CHRISTIES
Vierge en buste et Sainte Face, peintre valencien, vers 1450, Musée du Louvre.
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Une oeuvre importante du primitif valencien Juan Rexach vient d’être acquise par le musée du Louvre. Il s’agit d’un panneau représentant un buste de la Vierge d’un côté, et la Sainte Face de l’autre. Réalisé vers 1450 en Espagne, ce panneau est l’oeuvre la plus significative des Primitifs espagnols présente en France.

De « haute qualité » et d’une grande « originalité », selon les mots du Louvre, le panneau de Juan Rexach représentant un buste de la Vierge d’un côté, et la Sainte Face de l’autre vient rejoindre la très belle collection de peinture espagnole du musée. Entre une Pietà de Gonçal Peris Sarrià et un panneau de La Flagellation (1455-1460) attribué à Jaume Huguet, un des derniers représentants des artistes gothiques barcelonais, ce nouveau joyau espagnol permet de faire la jonction avec le mouvement artistique des primitifs.

Né sous l’influence de l’art flamand, notamment avec l’œuvre de Van Eyck, celui-ci avait pris tout son essor à Valence. C’est donc l’un des rares témoin de cette période de transition entre l’art gothique et l’art primitif que le musée possède, avec Le Jugement de saint Georges (vers 1435) de Bernardo Martorell.

Une œuvre rare, autrefois portée en procession

Le musée du Louvre abrite déjà une importante collection de peintures espagnoles. Jusqu’ici, le panneau du XVe siècle avait seulement été exposé en ses murs, en 1904 puis en 2004 à l’occasion d’une exposition consacrée à l’art primitif. Possession d’un ancien conservateur du musée, le comte Paul Durrieu, sa famille a confié à la maison Christie’s le soin de vendre « de gré à gré » au musée parisien ces portraits de la Vierge et de la Sainte Face.

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Vierge en buste, peintre valencien, vers 1450.

Ils avaient été commandés au célèbre peintre valencien par les souverains du royaume d’Aragon, sans doute à des fins de piété populaire. En effet, selon l’analyse du musée, « l’image sainte était », du fait de ses dimensions, « destinée à être régulièrement portée en procession dans la ville ». Les conservateurs ont d’ailleurs observé « des traces d’usure qui rappellent que le panneau devait être souvent manipulé », l’œuvre témoigne ainsi « de l’engouement que connaît l’Occident pour les icônes et les modes de piété venus de l’Empire Byzantin ».

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Sainte Face, peintre valencien, vers 1450, Musée du Louvre.

Elle est précieuse pour plusieurs raisons : son symbole spirituel et sa qualité picturale. En effet, le panneau représente un visage de la Vierge, dit « Véronique de la Vierge », probablement inspiré de la « précieuse icône alors conservée dans le trésor de la couronne d’Aragon et considérée comme peinte de la main de saint Luc ». Sa représentation est donc peu commune. Ensuite, le visage du Christ est dessiné selon les traits du Saint-Suaire, et permettait de donner à voir la figure de Jésus tel qu’il avait été imprimé sur l’Image d’Édesse (le tissu ayant été envoyé au roi d’Édesse). La foule pouvait alors voir l’image de la sainte relique portée en procession.