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La puissance du Christ ? Son humilité !

L'Arrivée du Christ à Jérusalem, par Pietro Lorenzetti. XIVe siècle. Basilique Saint-François d'Assise.
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L’humilité permet de voir l’autre plus grand que soi-même. Le Christ savait avoir pour tous ceux qu’il rencontrait, souvent les plus pauvres, un regard aimant qui fait progresser en humanité. C’est à cette attitude que les chrétiens sont appelés.

La royauté du Christ n’est vraiment pas de ce monde : elle s’exprime dans l’humilité, sans éclat. Jésus ne cherche pas à ressembler aux puissants, il va vers les plus pauvres. Un exemple me frappe : durant la fête des Rameaux, le Seigneur demande un ânon pour monture. L’âne pourtant est un animal méprisable. Jésus rassemblait des foules qui voulaient le toucher, mais sa royauté ne passe pas, ne se pare pas. Deux mille ans plus tard, le pape lui-même circule dans une papamobile offerte par une grande marque. Les grands de ce monde circulent dans des équipages extraordinaires. Je suis frappé de voir à quel point il est difficile de les atteindre.

L’Eucharistie, consécration de l’humilité du Christ

Aux Rameaux, la foule s’est rassemblée pour saluer le Christ, et en faire un roi. À cet instant, Jésus prend une bête méprisable comme signe de solennité. Et deux mille ans après, ce sont 1,2 milliard de personnes qui veulent le rencontrer, et qui peuvent le toucher et le saisir dans l’Eucharistie. Dans son humilité, le Christ a laissé une trace vivante dans le pain et le vin de l’Eucharistie, célébrée dans le monde entier par quelques 400.000 prêtres. Sa vie reste parmi les hommes dans la plus grande humilité, dans le dépouillement de l’hostie, dans la simplicité du pain quotidien.

Au service des plus pauvres

Jésus a vécu une vie au service des plus pauvres, jusqu’au dépouillement absolu de la Croix. Il se place au centre les enfants, les malades, les méprisés. Son attention va aux plus petits qui sont révélés dans leur dignité d’enfants de Dieu.

Un signe incroyable est le lavement des pieds. Le Fils de Dieu veut laver les pieds de ses disciples. Pierre commence par refuser tellement ce geste lui paraît invraisemblable. C’est pourtant ce signe d’humilité que nous devons avoir sur terre les uns pour les autres.

Dès sa naissance, le Christ est sur les routes, émigré, petit, refusé à l’auberge.

Le Christ porte une attention concrète aux personnes, prises pour ce qu’elles sont. Il a des actes précis envers les plus pauvres, quand il guérit un paralysé qui désespérait de pouvoir entrer dans le bassin qui devait le guérir (Jn 5, 3), quand il reconnaît la beauté du don de la vieille femme qui donne en aumône tout ce qu’elle a (Mc 12, 41), quand il évite la lapidation d’une pécheresse (Jn 8,7). Ce sont des actes admirables ; « Je ne suis pas venu pour les bien portants mais pour les malades » affirme-t-il (Mt 9, 9). Lorsqu’on lui demandait de guérir des personnes absentes, il pouvait agir, non comme un magicien, mais en insistant sur le fait que c’est leur foi qui les sauve. Dès sa naissance, le Christ est sur les routes, émigré, petit, refusé à l’auberge. Il a vécu dans la pauvreté, il s’est fait baptiser par Jean-Baptiste. Il nous appelle : « Mettez-vous à mon école car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29).

Le pape s’intéresse vraiment aux pauvres. Le plus frappant pour tous les chrétiens est finalement la Résurrection, un relèvement après les pires humiliations, la souffrance et la mort en croix.

Les pauvres sont le trésor de l’Église, rappelle le pape François qui a fait installer des sanitaires pour les miséreux vivant sous les colonnes du Vatican. Il s’intéresse vraiment aux pauvres. Le plus frappant pour tous les chrétiens est finalement la Résurrection, un relèvement après les pires humiliations, la souffrance et la mort en croix. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13). La volonté de toucher et de connaître le Christ demeure 2000 ans après. Ce qu’il était, nous l’apprenons par l’Évangile, dans la foi et la méditation.

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L’essentiel est le regard

Jésus enseigne à porter sur toute personne, en particulier les rejetés, un regard de confiance qui honore chacun dans son humanité. Il faut sans cesse voir l’autre plus grand que soi, surtout le petit, le blessé, d’apparence ingrate, et l’aimer comme soi-même. À un homme qui était sorti de voiture pour donner à un clochard, je demandais : « As-tu vu la couleur de ses yeux ? » Sans humilité, on risque de donner comme à une borne, sans attention, sans un mot ou un regard ; alors manque l’essentiel.

L’humilité consiste à regarder l’autre en profondeur. Le Christ avait ce regard de confiance capable de transformer une vie…

L’humilité consiste à regarder l’autre en profondeur. Le Christ avait ce regard de confiance capable de transformer une vie, pour le collecteur d’impôts, pour la Samaritaine ; c’est là son véritable miracle, et c’est un miracle dont nous sommes capables. C’est en posant sur toute personne ce regard que nous pouvons vivre l’humilité du Christ 2000 ans après.

Porter attention aux petits de notre temps

Dans notre monde troublé, nous pouvons en particulier faire la rencontre des autres religions et cultures. On peut penser aux habitants des banlieues de nos villes. Même s’ils nous rejettent, nous avons à les voir et à les aimer. Porter sur tous un regard humble, qu’ils soient petits ou qu’ils soient grands, mais surtout s’ils sont petits. La façon dont on regarde les gens peut les changer. « Les pauvres sont tes maîtres » enseignait saint Vincent de Paul. « Jeanne, tu verras bientôt que la charité est lourde à porter.

Plus que le broc de soupe et le panier plein… tu garderas ta douceur et ton sourire. Ce n’est pas tout de donner le bouillon et le pain. Cela, les riches peuvent le faire. Tu es la petite servante des pauvres, la fille de la charité, toujours souriante et de bonne humeur ; ils sont tes maîtres, des maîtres terriblement susceptibles et exigeants, tu verras. Alors, plus ils seront laids et sales, plus ils seront injustes et grossiers, plus tu devras leur donner de ton amour ! Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront en acceptant le pain que tu leur donnes. » (St Vincent de Paul dans le film Monsieur Vincent).

On peut compter aujourd’hui de nombreux lieux de notre société où les petits sont écrasés par l’orgueil humain. Avec les dernières lois, l’IVG ne nécessite plus d’autorisation parentale, plus de dialogue.

On peut compter aujourd’hui de nombreux lieux de notre société où les petits sont écrasés par l’orgueil humain. Avec les dernières lois, l’IVG ne nécessite plus d’autorisation parentale, plus de dialogue. Alors que l’avortement avait été donné pour les femmes les plus pauvres, pour subvenir à des situations de détresse, il s’agit maintenant de taire les explications, d’écraser sous le silence les moindres complications.

L’orgueil nie la souffrance de nombreuses femmes. L’euthanasie à son tour vient de l’orgueil des gens qui ne veulent pas souffrir. On pique et c’est fini. Il y a un orgueil démesuré vis-à-vis de la personne, et des plus faibles en particulier. De nos jours, 70% des personnes âgées meurent seules à l’hôpital, alors qu’il y a cinquante ans, elles mourraient la main dans la main de leur enfant.

La voie de la vie en vérité

L’humilité fait passer les personnes avant le confort. Un père, sous-directeur de supermarché, avait décidé de ne pas être directeur pour conserver deux heures quotidiennes avec ses enfants. Avec humilité, il a compris la nécessité de rester présent à sa famille. Le prêtre a aussi son propre chantier d’humilité. Son charisme est de dire la messe pour le peuple : l’Eucharistie doit être proche des petits, des jeunes et des vieux à la fois. C’est là l’humilité du prêtre qui doit comprendre que l’Eucharistie n’est pas pour lui-même mais pour les jeunes et les vieux. 

L’humilité n’est pas la voie facile, mais elle est la voie de la vie en vérité. L’homme veut que tout soit beau et jeune ; le reste est nié. C’est d’un orgueil phénoménal ! Cependant, ce n’est pas inéluctable. Le chrétien, s’il est humble, saura trouver les moyens d’aider la fille qui veut se faire avorter, il l’aidera à trouver un travail et un logement. L’humilité demande beaucoup de travail sur soi-même et au service des autres.

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