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Loi anti-blasphème, retour au Pakistan… Que souhaite vraiment Asia Bibi ?

ASIA BIBI
fot. Materiały wydawnictwa Esprit
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Fin août, Asia Bibi a déclaré dans une interview à « Voice of America » (VOA) que la loi anti-blasphème au Pakistan était bonne mais que « les gens en font mauvais usage ». La chrétienne pakistanaise a pourtant tenu des propos bien différents lors d’une interview à l’Aide à l’Eglise en Détresse (AED) réalisée le 1er septembre, soit lendemain.

Que pense vraiment Asia Bibi, chrétienne pakistanaise condamnée à mort pour blasphème avant d’être acquittée en 2019 et désormais exilée au Canada ? Elle a récemment surpris l’opinion publique par la teneur de ses propos. Dans un entretien accordé à « Voice of America » (VOA) le 31 août à l’occasion de la sortie aux États-Unis du livre Enfin libre ! co-écrit avec la journaliste Anne-Isabelle Tollet, elle assure que « la loi [anti-blasphème] est bonne mais les gens en font un mauvais usage ». Des propos d’autant plus surprenants qu’elle-même en a été victime et a passé près de dix ans derrière les barreaux.

Interrogée par La Croix, Anne-Isabelle Tollet, estime que le revirement d’Asia Bibi est dû à son souhait de rentrer au Pakistan, où se trouve son père. « Elle a refusé l’asile en France, puis en Autriche », confie-t-elle. « Elle est actuellement mal conseillée par des personnes qui lui suggèrent de renier ce livre qui illustre ses 10 années passées en prison. Elle espère ainsi pouvoir retourner dans son pays ».

J’espère que cette loi pourra être soumise à des modifications qui interdisent tous ses abus.

Mais au lendemain de cette interview, le 1er septembre, c’est au directeur de l’AED en Italie, Alessandro Monteduroque, que la mère de famille pakistanaise a donné une interview. Avec des propos bien différents. « Au moment de la fondation et de la séparation du Pakistan de l’Inde, le fondateur Ali Jinnah, dans son discours d’ouverture, a garanti la liberté religieuse et la liberté de pensée à tous les citoyens », a ainsi rappelé Asia Bibi. « Aujourd’hui, certains groupes utilisent les lois existantes et je lance un appel au Premier ministre du Pakistan, en particulier pour les victimes de la loi sur le blasphème et pour les filles converties de force, afin de protéger et de défendre les minorités qui sont également pakistanaises ».

« En tant que victime, je donne mon exemple : j’ai beaucoup souffert et connu de nombreuses difficultés, aujourd’hui je suis libre et j’espère que cette loi pourra être soumise à des modifications qui interdisent tous ses abus ». À l’évocation de Huma Younus et Maira Shahbaz, jeunes pakistanaises victimes d’abus, Asia Bibi a déclaré : « Je sais que ces filles sont persécutées et je lance un appel au Premier ministre du Pakistan Imran Khan : aidez nos filles, s’il vous plaît, car aucune d’entre elles ne doit souffrir ! »

Dans son entretien à l’AED, la mère de famille pakistanaise a également tenu à remercier tous ceux qui, « dans tous les coins du monde » soutiennent « des personnes persécutées comme moi, à cause de leur propre foi ». Elle a également assuré : « Non seulement je prie pour eux et les remercie de tout mon cœur mais je souhaite, en tant que symbole, être utile pour aider tant d’autres frères qui sont persécutés et je me rends disponible pour offrir plus de visibilité sur leur condition ». Des propos qui ne concordent pas avec ceux de VOA et que des proches d’Asia Bibi justifient auprès de l’AED ainsi : « L’interview entière a duré au total 45 minutes et a été réduite à dix minutes, il est tout à fait possible qu’elle ne reproduise pas fidèlement ses pensées ».