Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Commencez la journée de la meilleure des manières : recevez la newsletter d'Aleteia
Je m'inscris!
Aleteia

Écologie : Juliette Binoche, Audrey Pulvar… le pape François reçoit une délégation française « éclectique »

Partager

Le pape François a reçu en audience privée une délégation de seize Français ce jeudi 3 septembre. Il a discuté avec eux de manière spontanée pendant près d’une heure autour de la thématique écologique.

C’est une délégation « éclectique », selon ses mots, que Mgr Éric de Moulins-Beaufort a présenté au pape François, ce jeudi 3 septembre. Il était environ midi lorsque le président de la conférence des évêques de France et quinze autres Français ont pénétré dans la bibliothèque du Palais apostolique, deux jours après être partis de France en train puis en bus.

Cette rencontre se voulait un prolongement des réflexions que la Conférence des Evêques de France a engagées autour de l’Encyclique Laudato si’. Elle était également l’occasion de présenter au Pape différentes personnalités engagées en faveur de l’écologie mais qui ne sont pas forcément croyantes. Parmi la délégation, figuraient notamment la comédienne Juliette Binoche, l’ancienne journaliste devenue adjointe de la maire de Paris, Audrey Pulvar, l’essayiste Pablo Servigne, l’architecte Raphaël Cornu-Thénard, l’entrepreneur Maxime de Rostolan, ou encore le père Gaël Giraud, jésuite et économiste.

« Il nous a raconté comment il a lui-même pris conscience de l’urgence écologique »

Dès le début de son intervention, le pape François a donné le manuscrit de son discours à ses interlocuteurs, privilégiant une discussion plus spontanée. « Il a dit qu’il voulait nous parler d’abondance de cœur », raconte à Aleteia Laurent Landete, directeur du Collège des Bernardins et membre de la délégation. « C’est très touchant, car il nous a raconté comment il a lui-même pris conscience de l’urgence écologique, et comment il a cheminé petit-à-petit vers Laudato Si’ », ajoute-t-il.

Le pape François a ensuite évoqué les peuples d’Amazonie, et expliqué que l’écologie devait être « profondément emprise d’humanité ». Il a insisté sur l’importance du lien entre les plus jeunes et les anciens. « Le Pape nous a dit que la question de l’écologie est liée à la question de la sensibilité et de la sagesse. Cette dernière se transmet aussi grâce aux anciens », relève également Laurent Landete.

 

Dans le texte, non prononcé mais transmis à chacun des membres de la délégation, le pontife s’est réjoui « qu’une prise de conscience de l’urgence de la situation » en matière écologique « imprègne de plus en plus les mentalités à tous les niveaux. Bien qu’elle n’ait pas de solutions toutes faites et qu’elle n’ignore pas les difficultés des enjeux techniques, économiques et politiques, l’Église catholique veut participer pleinement à l’engagement de la sauvegarde de la maison commune et « former les consciences » en vue d’engendrer une véritable « conversion écologique », a-t-il assuré.

« Lorsque l’on considère la nature uniquement comme un objet de profit et d’intérêt (…), alors l’harmonie est rompue et de graves inégalités, injustices et souffrances apparaissent », a pointé le pontife. C’est pourquoi, « il n’y aura donc pas de nouvelle relation avec la nature sans un être humain nouveau, et c’est en guérissant le cœur de l’homme que l’on peut espérer guérir le monde de ses désordres tant sociaux qu’environnementaux », a rappelé le pape.

L’homme est l’intendant de la nature

Selon lui, ce sont « la même indifférence, le même égoïsme, la même cupidité, le même orgueil, la même prétention à se croire le maître et le despote du monde, qui portent les hommes : d’un côté à détruire les espèces et piller les ressources naturelles, et, d’un autre côté, à exploiter la misère, abuser du travail des femmes et des enfants ». Cette même logique pousse l’homme à « renverser les lois de la cellule familiale, ne plus respecter le droit à la vie humaine depuis sa conception jusqu’à son achèvement naturel ».

Si l’homme a le droit d’user de la nature à ses fins, « il ne peut, en aucune manière, s’en croire le propriétaire ni le despote, mais seulement l’intendant qui devra rendre des comptes de sa gestion ». Il a ainsi renouvelé à tout le groupe ses encouragements pour poursuivre leurs efforts en faveur de la sauvegarde de l’environnement.

À l’issue de la rencontre, la délégation a offert plusieurs cadeaux au Souverain pontife, dont un olivier et quatre plans d’Artemisia, une plante très cultivée en Afrique car elle permettrait de lutter contre le paludisme. Dès ce soir, les seize Français entameront leur retour vers la France en bus.

 

10 citations du pape François sur l'environnement :