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De la Bible aux Bibles : la Bible de Jérusalem

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Deloche Lissac I Godong
La Bible de Jérusalem.
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La Bible de Jérusalem repose sur un travail collectif de longue haleine que l’on doit à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem dirigé par l’ordre des Dominicains. Son élégance de style et sa rigueur exégétique ont fait de celle-ci une Bible de référence largement diffusée parmi les catholiques.

Les origines de la Bible de Jérusalem sont à rechercher dans une institution bien connue de la Ville sainte, l’École biblique et archéologique française placée sous la haute autorité de l’ordre des Dominicains. Fondée en 1890 par le père Marie-Joseph Lagrange à Jérusalem même, celle-ci demeure le plus ancien centre de recherche biblique et archéologique en Terre sainte. L’étude des Écritures Saintes sur leurs terres d’origine sera dès le départ au cœur de la mission de ce centre qui réunira toutes les disciplines pouvant aider à la recherche (histoire, archéologie, ethnographie, géographie, épigraphie, langues anciennes…). Tout était dès lors en place pour permettre cette vaste entreprise, jamais encore réalisée, d’une nouvelle traduction de la Bible, qui sera dénommée Bible de Jérusalem, et qui allait débuter au lendemain de la Seconde Guerre mondiale…

L’élaboration d’une nouvelle traduction

En effet, c’est à la sortie de la Seconde Guerre mondiale que l’École biblique et archéologique française décide d’une nouvelle traduction de la Bible, une initiative qui correspondait non seulement aux intentions du Père Lagrange, mais aussi à l’esprit de l’encyclique Divino afflante Spiritu de Pie XII datant de 1943. Cette dernière avait en effet largement encouragé les études historiques et critiques de la Bible afin de mieux connaître la vérité des textes inspirés et de les diffuser à un public élargi. L’entreprise était d’envergure puisque son ambition était de proposer un texte traduit en français moderne à partir des recherches bibliques les plus abouties et récentes. Ce seront plus d’une trentaine de chercheurs et exégètes sous la direction de Thomas-Georges Chifflot et la collaboration de Roland de Vaux qui vont, ainsi, s’attacher à traduire les Saintes Écriture à partir des textes originaux, hébreux, araméens et grecs.

Chaque livre de la Bible allait de plus faire l’objet d’un travail scientifique en proposant des notes explicatives en bas de page, ainsi que des références aux Écritures dans les marges. Cet effort fut doublé d’une intention didactique en retenant pour chaque livre une introduction de fond abordant non seulement le cœur même du texte quant à sa portée théologique, mais en rappelant également les éléments historiques et littéraires relatifs à son établissement. De nombreux exégètes francophones furent associés également aux chercheurs de l’École biblique notamment en liaison avec les Éditions du Cerf fondées par les religieux dominicains.

Une édition novatrice sans cesse renouvelée

La publication de la Bible de Jérusalem sera réalisée et présentée tout d’abord en différents fascicules séparés entre 1945 et 1955. Ce n’est qu’en 1956, soit dix années plus tard, que l’ensemble de ce long travail et les multiples livrets furent proposés en un seul volume désigné et connu sous le nom de La Bible de Jérusalem (son titre originel étant La Sainte Bible).

Cette nouvelle traduction reçut un large accueil favorable et connut rapidement un franc succès du à sa présentation se démarquant des traductions précédentes. Ce vaste travail critique de notes, introductions et références scripturaires auquel nous sommes habitués de nos jours était extrêmement novateur à l’époque et facteur de cette réussite. La Bible de Jérusalem offre une lecture théologique et de foi, tout en mettant en valeur les qualités littéraires et poétiques des Écritures, ces dernières étant même signalées dans le texte. Ceci explique qu’elle deviendra non seulement un précieux outil de travail, mais surtout la Bible de référence la plus utilisée par les catholiques, ainsi que pour la liturgie.

Soulignons, enfin, que la Bible de Jérusalem sera également traduite en d’autres langues, notamment en anglais en 1966 sous le titre The Jerusalem Bible, alors que l’édition française sera, elle-même, pour sa part, révisée en 1973. Au tournant du millénaire, l’École biblique lancera un immense et ambitieux chantier, La Bible en ses Traditions, visant à proposer sur Internet un nouveau type de bible annotée associant l’étude historique des Écritures et la richesse de leurs interprétations au cours des siècles. Une ouverture qui n’entend pas, cependant, renier l’excellence du travail réalisé et que constitue encore aujourd’hui la célèbre Bible de Jérusalem.