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Le signe de l’Assomption au temps des vacances

Messe du 15 août

Philippe Lissac / Godong

La messe de l'Assomption de la Vierge, à Montalivet (Gironde).

Jean-Michel Castaing - Publié le 15/08/20

La célébration de la solennité de l'Assomption durant les congés estivaux est une bénédiction pour les chrétiens qui peuvent y voir le signe de leur glorification à venir. Mais le 15 août, la rentrée se profile déjà : voilà qui nous rappelle que nous ne sommes sauvés qu'en espérance ici-bas !

Il n’est pas indifférent que l’Assomption tombe au cœur de l’été. La date de la solennité n’a pas été fixée en fonction des vacances estivales , mais qu’elle tombe de nos jours durant les congés constitue comme un signe. La fête de la montée au ciel de la Vierge Marie est un motif de réjouissance pour les chrétiens. À travers la destinée glorieuse de la mère de Jésus, nous contemplons notre transfiguration future. Il est donc normal que nous fêtions ces deux événements : la montée au ciel de la Vierge et notre glorification à venir (pour ceux qui n’auront pas été recalés à l’examen de passage), dans un temps consacré à la joie d’être ensemble, à la détente, au simple plaisir de vivre : les congés estivaux. 

Le couronnement du mystère pascal

Car l’Assomption est un couronnement. Dans ce mystère, nous ne célébrons pas seulement l’accession de Marie à la royauté de l’univers dans le sillage son Fils, mais aussi l’achèvement de tout le mystère pascal. En effet, le Christ n’est pas ressuscité seulement pour lui-même, mais pour nous. Il n’a pas effectué l’aller-retour de la maison de son Père à notre terre pour son bon plaisir, mais afin de nous gagner le Ciel. Aussi l’assomption de sa mère constitue-t-elle le commencement de la réalisation du plan divin de salut, son premier fruit, tout au moins le fruit le plus excellent de la Rédemption. Si avant l’Assomption, la mort du bon larron et le pardon de saint Étienne à ses bourreaux, furent des fruits de salut non négligeables ! l’Assomption est de l’ordre des fins dernières. En s’inscrivant désormais durant le temps du repos mérité après le travail, car nous travaillons pour vivre, et non l’inverse — elle nous montre le sens de l’existence.

Mère de Dieu pour être Mère des hommes

À cet égard, il est important de préciser que la maternité divine de Marie, c’est-à-dire le fait qu’elle soit mère de la seconde Personne de la Trinité, relève de l’ordre des moyens. En revanche, sa maternité ecclésiale, le fait qu’elle soit mère des hommes, constitue le véritable but de sa mission. Pour bien comprendre cette différence entre moyen et fin, replaçons la Vierge dans le vaste plan de l’Alliance que Dieu a conclue avec l’humanité par la médiation de Son Fils. De même que le Christ est venu pour nous, de même la mission de sa mère consiste à être notre mère dans l’ordre de la grâce. L’accomplissement de la volonté divine ne s’arrête pas à la seule rédemption objective réalisée par Jésus, mais a pour objectif ultime notre sanctification par le don de l’Esprit, c’est-à-dire notre appropriation du salut, ce que l’on appelle la rédemption subjective. C’est la raison pour laquelle la maternité divine de Marie fut pour elle un moyen de devenir la Mère de l’Église, de prier pour que l’Esprit descende en nous et nous sanctifie. Si Marie nous a donné Jésus, c’est afin que son Fils réalise sa mission qui était notre sanctification. Et dans le plan de Dieu, Marie a été constituée trésorière des grâces de cette sanctification. Aussi sa maternité divine aboutit-elle, comme à son achèvement logique et à sa finalité, à sa maternité ecclésiale.


Assomption

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À l’Annonciation, la Vierge de Nazareth reçoit l’Esprit pour concevoir Jésus. À la Pentecôte, entourée des Apôtres, elle prie la troisième Personne de la Trinité de descendre sur l’Église. Enfin, à l’Assomption, sa maternité ecclésiale parvient à son accomplissement. Au ciel, elle est désormais munie des pleins pouvoirs pour intercéder auprès de la Trinité en faveur de tous les hommes. L’Assomption, en consacrant sa maternité universelle, constitue bien l’aboutissement du plan de salut. En effet, dans la gloire céleste, Marie se bat, dans ce qui est un enfantement dans la douleur, afin que nous consentions à notre sanctification, que nous disions « oui » au salut et à la gloire que son Fils nous a acquis. Au passage, signalons que son intercession ne fait pas double emploi avec celle du Christ.

Une Reine qui a les moyens de ses ambitions pour ses enfants

Pour toutes ces raisons, la date du mystère de l’Assomption fait réfléchir. Cependant, le 15 août, les congés sont plus proches de leur fin que de leur commencement. Cette précision est importante parce qu’elle nous rappelle que nous ne sommes sauvés qu’en espérance (Rm 8, 24). La route est encore longue pour beaucoup d’entre nous ! Nous n’avons pas encore atteint le Ciel. À peine la messe est-elle achevée que déjà se profilent le retour au bureau, à l’usine, dans notre chez-soi quotidien, ou bien encore la recherche angoissée d’un emploi et la scolarisation des enfants ! Les vacances tirent à leur fin. Marie nous a montré notre véritable patrie, mais ce n’est pas encore gagné ! Surtout avec les suites douloureuses de la crise sanitaire. Cependant, nous savons maintenant à qui nous adresser si nous traversons des passes difficiles. Depuis l’Assomption, la Vierge de tendresse est aussi une Reine qui a les moyens de ses ambitions pour ses enfants ! 


1. Au VIe siècle, la fête de la Dormition est célébrée en Orient à la mi-janvier. L’empereur Maurice (582-602) la fixera définitivement au 15 août, en référence à la dédicace d’une église dédiée à la montée de Marie au Ciel, à côté de Jérusalem (Ndlr).

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