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« Atala » de François René de Chateaubriand

CHATEAUBRIAND
Domaine Public
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Tourmentés et visionnaires, les poètes sont souvent les éclaireurs de Dieu, les « voyageurs ailés », comme l’écrivait Charles Baudelaire. Pour atteindre parfois des sommets de poésie qui inspirent et qui rapprochent de Dieu. Comme cet extrait d' »Atala » de François René de Chateaubriand. 

« Je veux être Chateaubriand ou rien ». Ces quelques mots griffés sur un pupitre d’écolier représentent sans doute l’hommage le plus simple rendu à l’un des plus grands écrivains de la littérature française par un autre géant des lettres : Victor Hugo. Né à Saint-Malo une nuit de tempête, François René de Chateaubriand repose face à la mer, sur un rocher avancé de la presqu’île du Grand Bé. Mort à l’âge de 80 ans, le 4 juillet 1848, l’écrivain vit entre deux siècles en épousant les tourments d’une histoire de France emballée. Engagé en politique, il fascine Napoléon. Mais c’est son écriture qui laisse une immense empreinte et va engendrer l’essor formidable de la littérature du XIXe siècle en France et dans le monde.

Si ses œuvres majeures sont ses Mémoires d’Outre-Tombe et son Génie du Christianisme, ses premiers grands succès manifestent sa foi chrétienne dont Atala, roman poétique écrit dans le désert lors de son voyage en Amérique qui fait un éloge du christianisme à travers les péripéties d’un indien Chactas, converti par Atala, une jeune indienne d’éducation chrétienne. En voici un extrait :

« Jésus-Christ n’a pas dit : Mon sang lavera celui-ci, et non celui-là.

Il est mort pour le Juif et le Gentil, et il n’a vu dans tous les hommes que des frères et des infortunés.

Ce que je fais ici pour vous, est fort peu de chose, et vous trouveriez ailleurs bien d’autres secours ;

mais la gloire n’en doit point retomber sur les prêtres.

Que sommes-nous, faibles Solitaires, sinon de grossiers instruments d’une œuvre céleste ?

Eh ! quel serait le soldat assez lâche pour reculer, lorsque son chef,

la croix à la main, et le front couronné d’épines, marche devant lui au secours des hommes ? »

Atala (1801)
François-René de Chateaubriand (1768-1848)