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La Rome du pape François

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Pour le pape François, Rome est une « ville d’une beauté unique ». S’il y habite définitivement depuis maintenant sept ans et son élection sur le trône de Saint-Pierre, elle lui est chère depuis plus longtemps encore…

“Demain, je veux aller prier la Vierge pour qu’elle protège Rome tout entière”. C’est par ces mots que le pape François, le 13 mars 2013, avait choisi de terminer sa première allocution d’évêque de Rome. À ses côtés, dans la loggia centrale, se tenait le cardinal Agostino Vallini, vicaire de la Ville éternelle, avaient remarqué les plus avertis. Un signe ? Avant de prononcer la bénédiction ‘Urbi et Orbi’ – à la Ville et au Monde – le 266e successeur de Pierre montrait toute la joie qu’il avait à mener cette double mission. Le 14 mars, comme promis, il se rendait prier dans la chapelle Pauline de la basilique Sainte-Marie-Majeure sur l’Esquilin, afin de bénir son nouveau diocèse.

PAOLINA CHAPEL
Lodovico Cigoli — LivioAndronico I CC BY-SA 4.0
La chapelle Pauline.

Les premiers pas du pape François dans cette « ville d’une beauté unique » remontent à bien des années avant son élection sur le trône de Pierre. Nommé cardinal, Jorge Maria Bergoglio se voit assigner San Roberto Bellarmino, une paroisse du nord de la ville, située dans les quartiers très bourgeois du Parioli. Un comble pour cet archevêque argentin réputé pour son attrait pastoral pour les plus démunis des favelas de Buenos Aires ! À l’occasion, son diocèse se cotise pour l’accompagner lors de son installation dans sa paroisse romaine. Mais il refuse et donne le fruit d’une collecte organisée aux pauvres de sa ville. Cependant, une fois arrivé à Rome, il est un peu chez lui. La paroisse San Roberto Bellarmino, du nom du grand théologien jésuite du XVIIe siècle, est administrée depuis sa création par sa congrégation.

Le pape François va d’ailleurs s’attacher à tous les hauts lieux de la Compagnie de Jésus, où il est souvent allé prier depuis sa première visite. Il y a bien-sûr le Gesú, à proximité de la place de Venise, Église mère des Jésuites datant du XVIe siècle. Il s’est aussi beaucoup rendu sous les hautes voûtes bariolées de Saint-Ignace de Loyola, à proximité du Panthéon. Moins connue, est la communauté jésuite de la paroisse de San Saba, au sud de la ville près de Testaccio. Là, dans ce lieu calme de prière et de vie en communauté, on retrouve un peu de l’atmosphère qu’il a voulu donner à la Résidence Sainte-Marthe où il habite aujourd’hui au Vatican.

« Comme Matthieu » à Saint-Louis-des-Français

La Rome du pape François est avant tout un lieu de prière. Sur ce point, son lieu favori reste la basilique Sainte-Marie-Majeure, un des rares lieux de Rome qu’il reconnaît bien connaître. Il y a aussi, à proximité du Vatican, le petit oratoire de Santa Maria in Borgo, tenu par les franciscains, dans lequel il pouvait aller prier lors de ses déplacements. En prière devant une petite statue de saint Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, cette sainte qu’il admire tant, il pouvait rester de longues heures sous les regards ébahis des religieux…

Alors qu’il était cardinal, le pape François résidait dans la ‘Domus internationalis Paolo VI’, un lieu de résidence habituel pour les hauts prélats de passage à Rome. À quelques mètres de ce bâtiment de la rue de la Scrofa se trouve un autre lieu aimé passionnément par le pape François : Saint-Louis-des-Français. Là, il se recueille devant le tableau de la Vocation de saint Matthieu, chef-d’œuvre du Caravage. “Ce doigt de Jésus… vers Matthieu. C’est comme cela que je suis, moi. C’est ainsi que je me sens, comme Matthieu”, avait-il confié dans un entretien. “C’est le geste de Matthieu qui me frappe : il attrape son argent comme pour dire : “Non, pas moi ! Non, ces sous m’appartiennent !” Voilà, c’est cela que je suis : un pécheur sur lequel le Seigneur a posé les yeux. C’est ce que j’ai dit quand on m’a demandé si j’acceptais mon élection au pontificat.”

SAN LUIGI DEI FRANCESI
Lalupa
Saint-Louis-des-Français, Rome.

La Rome de son cœur n’est donc pas uniquement une liste de bâtiments et monuments. Le pape François, qui aime le cinéma, affirme notamment beaucoup apprécier Rome, ville ouverte, de Roberto Rossellini, film dans lequel un simple prêtre s’associe à d’autres résistants romains pour lutter contre l’envahisseur allemand en 1944. Dans sa jeunesse, il a d’ailleurs vu tous les films avec Anna Magnani et Aldo Fabrizi, deux icônes du cinéma italien d’après-guerre, et on peut penser qu’il y a un peu de ce fort sentiment qu’est la nostalgie dans son attrait jamais démenti pour la Ville éternelle.

Lui, l’Argentin d’origine italienne, aime aussi cette grande diversité de culture, fruit de siècles de constructions et du travail bimillénaire de l’Église. Il le demande à chaque adresse aux Romains : préservez cette « ville fraternelle et universelle » !