Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Commencez la journée de la meilleure des manières : recevez la newsletter d'Aleteia
Je m'inscris!
Aleteia

Pourquoi les chrétiens prient-ils les mains jointes ?

Partager

La plupart des chrétiens prient les mains jointes. L’hypothèse la plus probable de l’origine de cette position de prière suggère qu’elle découle d’une pratique romaine symbolisant la soumission. Mais d’autres

Pour prier, les fidèles doivent-ils joindre les mains, étendre les bras avec les paumes tournées vers le ciel ou bien les croiser sur leur poitrine comme le font certains moines ? Est-ce bien important de répondre à cette question ? Oui, car elle permet de s’intéresser à un aspect fondamental de la prière et de découvrir comment ce geste puise ses racines dans la grande tradition chrétienne. Aujourd’hui la plupart des croyants ont appris à prier avec les mains jointes. On leur a bien souvent dit, que cela soit vrai ou non, que cela permet de faire monter ses prières vers le ciel.

« Priez les mains jointes vers le ciel pour que vos prières aillent vers le royaume de Dieu.
Si vos mains pointent vers le sol, vos prières iront vers l’enfer.
Et si vos mains sont de travers, vos prières se heurteront aux murs. »

Bien entendu, ce n’est pas faux. Mais ces explications un tantinet naïves sont bonnes pour les enfants. La véritable raison pour laquelle les croyants joignent les mains pour prier est bien plus complexe… et symbolique. En effet, la tradition chrétienne s’ancre dans des coutumes très anciennes. On trouve dans le Talmud, donc dans la tradition juive, des preuves que certains priaient les mains jointes dès la période postexilique, c’est à dire après l’exil du peuple juif à Babylone. Cette pratique a demeuré jusqu’après l’arrivée des premiers chrétiens. Selon les textes sacrés, le sage juif babylonien, Rabba (Abba ben Joseph) qui a vécu entre 280 et 352, priait avec les mains jointes. Selon certains historiens, les premiers chrétiens auraient adopté cette pratique de leur héritage juif.

Une autre hypothèse soutient que les mains jointes dérivent d’une pratique romaine symbolisant la soumission. Les historiens religieux attribuent cette pratique à l’acte de lier les mains des prisonniers avec des vignes ou de la corde. Avoir les mains jointes de cette façon serait devenue un signe de soumission. En Rome antique, un soldat capturé pouvait échapper à la mort immédiate en joignant les mains. Le message était alors le même que si l’on agitait un drapeau blanc aujourd’hui. Des siècles plus tard, les vassaux ne rendaient-ils pas hommage à leurs suzerains les mains jointes en signe de loyauté. Au fil du temps, ce geste est à la fois devenu un signe de reconnaissance de l’autorité et de la soumission à cette dernière. 

Pas d’obligation, mais une pratique pleine de sens

Joindre les mains afin de montrer sa loyauté est aussi une pratique bien présente dans la liturgie de l’ordination. L’évêque referme les mains sur celle du prêtre qu’il ordonne et lui demande : « Promettez-vous respect et obéissance, à moi-même et à mes successeurs ? » Joindre les mains implique également le croisement des pousses, que beaucoup font pour symboliser la croix. Cette pratique représente donc à la fois la loyauté envers Dieu, la montée des prières vers les cieux et rappelle la croix du Christ. Bien que les chrétiens ne soient nullement forcés de prier les mains jointes, cela reste une option pleine de sens, et de symbolisme ancien et profond.